Interview
En aparté avec le designer Jean-Marc Gady | | Elodie Dupuis / JM Gady © |
En aucun cas Jean-Marc Gady ne se prédestinait au design. Les plus grandes maisons font pourtant aujourd’hui appel à lui : Vuitton, Baccarat, Guerlain, pour ne citer qu’elles. Reconnu par ses pairs, Jean-Marc Gady, qui n’oublie pas les racines de son métier, est aussi un fervent défenseur des artisans. Ayant créé son propre studio de création, il tend à réaliser, avec son équipe, des objets ou des scénographies "honnêtes". Le designer nous confie, en aparté, sa vision du métier.
Maison à part : Comment êtes-vous devenu designer ?
Jean-Marc Gady : J’ai toujours beaucoup dessiné. Je savais que j’avais une affinité avec la création, j’ai donc fait mes armes dans la création publicitaire, chez Publicis. Mais cela était frustrant pour moi, j’avais besoin de toucher les objets. J’étais aussi navré de voir des books au contenu riches refusés. C’est durant mon année d’étude à l’Ecole Bleue, en 1996 (ndlr : école d’architecture d’intérieur, de design et d’art) que je suis passionnément tombé dans le design et c’est devenu mon métier.
MAP : Vous souvenez-vous de votre toute première création ?
J-M G : Je me rappelle qu’à treize ans, j’ai fabriqué avec mon père une fusée inspirée de l’univers de Tintin car les modèles vendus dans le commerce étaient trop chers. Je me suis rendu compte que c’était extrêmement valorisant de créer soi-même quelque chose.
MAP : Quelle est la rencontre que vous auriez aimé faire ?
J-M G : Adolescent, j’aurais adoré rencontrer le scénographe Robert Wilson, le cinéaste David Lynch ou encore le designer Philippe Starck, que je n’ai jamais eu l’occasion de croiser.
MAP : Comment définissez-vous le métier de designer ?
J-M G : Mon métier est complètement protéiforme. Le design a toujours existé, il y a simplement des passerelles qui se créent avec des univers différents : la mode, l’art contemporain... Bref, c’est compliqué à définir mais le liant, c’est la démarche créative et la rencontre. Nous sommes des artisans, je ne suis pas obsédé par mon style et je me méfie des recettes toutes faites, les tentations sont extrêmement présentes. Je n’ai pas de style particulier, je me suis toujours dit que si l’on développait une démarche créative avec du sens, on pouvait s’attaquer à pas mal de projets. Au fond, nous sommes des artisans.
MAP : Quel métier admirez-vous le plus et auriez-vous aimé faire si ce n’était pas celui de designer ?
J-M G : J’aurais aimé faire un métier plus glamour comme réalisateur ! (rires). Le design, ce n’était pas mon truc à la base mais aujourd’hui je suis très content de mon métier.
MAP : Quelle est, ou pourrait être votre devise ?
J-M G : Je n’en ai pas vraiment, je me méfie du côté donneur de leçons mais si je devais avoir une devise, elle serait la suivante : "que la démarche de création fasse toujours sens".
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