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Vérifier son installation électrique

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Bruno Gendron, ingénieur-électricien chez Promotelec, nous explique comment vérifier la conformité et la sécurité de son installation électrique.
Maison à part: Quels sont les risques encourus à la non-conformité d'une installation électrique ?
Il existe deux types de risques, selon qu'il touche au bien ou à la personne directement :
La personne en contact avec le courant ressent une décharge, un phénomène qui lui fait lâcher prise. Si le niveau de courant est plus élevé, elle est victime d'une tétanisation des muscles, ou pire d'une paralysie. A l'extrême, c'est l'asphyxie ventilatoire, le cœur s'arrête et c'est l'électrocution.
MAP : Comment savoir si son installation électrique est aux normes ?
Il faut tout d'abord constater qu'aujourd'hui, une installation qui fonctionne ne signifie pas obligatoirement qu'elle ne présente aucun danger.
Connaître sa date de mise en service est déjà un bon moyen de savoir à quoi s'en tenir.
Si l'installation a plus de 30 ans et qu'elle n'a connu aucune rénovation, elle est obsolète : le matériel est vétuste et n'est plus adapté au besoin de l'utilisateur. Il faut donc prévoir rapidement des travaux de rénovation car il est très probable que l'installation soit dangereuse. De plus, le contrôle des installations avant leur mise sous tension n'est obligatoire et réglementé que depuis 1974.
A l'opposé, les installations conçues après 1991 ont toutes les chances d'être sûres, grâce aux contrôles obligatoires et aux règles normatives applicables. Je pense notamment à un petit dispositif modulaire, le dispositif différentiel 30 milliampères, et au circuit de terre.
MAP : En quoi consistent ces dispositifs ?
Placé sur le tableau électrique, le dispositif 30mA est chargé de détecter les différences de courant électrique entre les fils aller et retour. S'il détecte une fuite de courant supérieure à 30 milliampères, il coupe les circuits. C'est une sécurité supplémentaire aux disjoncteurs d'abonnés EDF, qui ont une sensibilité avec un seuil de déclenchement plus haut (de l'ordre de 500 mA). En 1991, il a été imposé sur les circuits électriques à risques des logements, notamment dans les salles de bains. En 2003, ce dispositif de haute sensibilité a été étendu à tout le circuit électrique.
Imposé dans les pièces à risques, le circuit de terre a également été rendu obligatoire dans toutes les pièces du logement après 1991. Tout circuit doit en effet avoir aujourd'hui trois conducteurs : aller (fil rouge, marron), retour (bleu clair) et la terre, un conducteur de protection reconnaissable à sa double couleur vert/jaune. Ce conducteur est chargé d'évacuer une éventuelle fuite de courant (détecté par le dispositif 30 mA). Si une prise électrique n'a que deux trous, cela signifie qu'il n'y a pas de prise terre. Quelquefois il arrive que la prise présente un socle contenant une broche avec une tige métallique, il y a alors probabilité de l'existence du circuit terre. Mais seul un installateur peut le vérifier.
En résumé : si l'installation date d'avant 1974, elle est dangereuse. Après 1991, elle a des chances d'être sûre...
MAP : Mais si notre installation a été mise en service entre 1974 et 1991 ? Ou si l'on ne sait pas de quand elle date, quels indices peuvent nous mettre sur la piste d'une installation dangereuse ?
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Vérifier son installation électrique

Démarches et conseils

exemple d'installation vétuste bis
exemple d'installation vétuste bis © Installation électrique vétuste - DR
MAP : Mais si notre installation a été mise en service entre 1974 et 1991 ? Ou si l'on ne sait pas de quand elle date, quels indices peuvent nous mettre sur la piste d'une installation dangereuse ?
Si l'installation a été mise en service entre 1974 et 1991, il faut être prudent. Plusieurs indices peuvent interpeller le particulier, s'il ne sait pas de quand date son installation. En arrivant dans l'habitation, il faut :
MAP : Comment cela se passe pour une installation neuve ?
Toute installation neuve est obligatoirement contrôlée avant sa mise sous tension depuis 1974. Ce contrôle est effectué par le CONSUEL, le Comité national pour la sécurité des usagers de l'électricité, organisme reconnu d'utilité publique et agréé depuis octobre 1973. Les règles à respecter quand on réalise une installation électrique en local d'habitation sont imposées par l'arrêté du 22 octobre 1969 : « les installations des bâtiments d'habitation doivent être conformes aux dispositions des normes NF C14-100 et NF C15-100 en vigueur au moment de la demande de permis de construire ».
Ces normes portent toujours le même nom alors qu'elles n'ont plus le même contenu, puisqu'elles tiennent compte des progrès techniques. Donc cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas réaliser un contrôle de son installation notamment lorsqu'elle est antérieure à 1991.
MAP : Que faire si l'on a un doute ?
Il faut faire faire un état des lieux par un professionnel. Il identifiera les manquements à la sécurité électrique et priorisera les travaux à effectuer en fonction de la gravité des manquements observés. Le diagnostic « Confiance et sécurité » de Promotelec coûte entre 122 et 155 € TTC, en fonction du nombre de pièces. Avec Cyberestim, mis en place sur notre site internet, le particulier peut également recevoir un avis indicatif pour 15 €. C'est un outil d'évaluation de certaines parties visibles de l'installation, à partir de 10 photos envoyées par le client.
MAP : Combien coûte une mise en conformité ?
Le coût d'une mise en conformité d'une installation est très difficile à chiffrer. Dans l'existant, les travaux relatifs à l'installation électrique font souvent intervenir le bâti. Déplacer un tableau électrique n'est pas coûteux en soi, mais s'il faut casser une cloison, cela coûtera tout de suite plus cher. Quand l'installation est trop ancienne, une mise en sécurité partielle peut s'avérer plus coûteuse qu'une rénovation totale. Il faut donc prendre en compte tous ces coûts indirects pour évaluer le prix d'une mise en conformité.
MAP : Comment être sûr du professionnel électricien engagé ?
Il existe des labels et des certifications. On peut s'adresser par exemple à un professionnel certifié « installateur-électricien » par l'association QUALIFELEC. Le particulier peut également s'adresser à des fédérations d'installateurs-électriciens, comme la Fédération française des installateurs électriciens (FFIE), la Fédération des professionnels de l'électricité (FEDELEC), ou encore l'Union nationale artisanale de l'équipement électrique et électronique de la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment (UNA3E-CAPEB).
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