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De plus en plus de particuliers financent les énergies renouvelables, voici pourquoi...

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éolienne © Grégoire Noble
Parcs éoliens, centrales photovoltaïques, chaufferies bois... Les initiatives citoyennes de financement des énergies renouvelables font florès sur tout le territoire. Le ministère de l'Environnement se félicite du succès des "Territoires à énergie positive pour la croissance verte" qu'il soutient. Retour sur quelques projets.
C'est tout un changement de paradigme : en plus de modifier les sources énergétiques, en passant de grandes centrales fonctionnant aux combustibles fossiles (charbon, fioul, gaz) à une production décentralisée grâce à des énergies vertes (éolien, solaire, géothermie), survient un deuxième bouleversement lié au financement des projets. Désormais, les citoyens veulent choisir et participer afin de jouir d'une certaine autonomie énergétique. De ce nouveau modèle émergent tout un panel d'initiatives différentes sur l'ensemble du territoire français.
Adopte une éolienne
Le ministère de l'Environnement recense ces projets qui se montent au sein des "Territoires à énergie positive pour la croissance verte" et met en avant les plus représentatifs. Notamment le parc éolien participatif de la communauté d'agglomération des Mauges, dans le Maine-et-Loire, où agriculteurs et citoyens de la région se sont regroupés au sein d'une association, "Atout Vent en Chemillois", pour investir collectivement dans cette installation. Les "citoyens-actionnaires" ont investi entre 1.500 et 20.000 € pour financer l'implantation des cinq éoliennes du parc dit "de la Jacterie", dont la première a été inaugurée au mois de septembre 2016. A terme, cette ferme éolienne développera une puissance de 10 à 15 MW. L'association explique avoir ouvert sa démarche au plus grand nombre, pour contribuer à la promotion et au développement des énergies renouvelables locales, tout en assurant au territoire des retombées économiques et en rémunérant ses investisseurs. D'autres exemples existent, comme à Saint-Georges-les-Bains (Ardèche), où le producteur d'électricité verte CNR a proposé d'associer les habitants de la petite commune à l'érection du parc éolien.
Dans le territoire du Grand Figeac (Lot), c'est une autre solution qui a été choisie. La coopérative des Fermes de Figeac a décidé de diversifier son activité agricole classique en cherchant à valoriser les gisements d'énergies renouvelables présentes sur son territoire. La première d'entre elles, le solaire photovoltaïque, a nécessité la création d'une société dédiée, Ségala Agriculture & Energie Solaire, afin de mutualiser les investissements dans les centrales de toiture à déployer sur les bâtiments agricoles. Le ministère souligne : "La mutualisation des charges et des produits (la vente d'électricité à EDF) permet d'obtenir un financement à 100 % par les banques. Pour les agriculteurs, c'est la garantie d'un revenu régulier". C'est ainsi que 110 d'entre eux ont investi 34 M€ dans le déploiement de 190 toitures photovoltaïques, cumulant une puissance de 7 MW. Depuis cette première vague, initiée dès 2008, une seconde a été lancée en 2013, ajoutant 140 centrales de 9 kW en moyenne (60 m² par bâtiment). Et une troisième est en préparation avec 200 centrales en cours d'instruction et un appel à l'épargne citoyenne pour compléter le financement.
Société coopérative d'intérêt collectif ou Société d'économie mixte locale ?
Le développement d'une filière bois énergie locale a également mobilisé les Fermes de Figeac. Très dynamiques, elles ont créé une société coopérative d'intérêt collectif dédiée à l'installation de chaufferies bois pour revendre la chaleur produite à des établissements locaux dans le cadre d'un partenariat de longue durée. En tout, une quinzaine d'installations sont étudiées, dans des écoles, maisons de retraite, entreprises ou petits groupes d'habitation. Il faut noter qu'en plus de mobiliser des financements, la mise sur pied de tous ces projets offre des opportunités d'emploi, puisque les activités d'ingénierie et d'animation emploie une dizaine de personnes au sein de la coopérative.
Dans une optique similaire, la communauté de communes de la Haute-Lande (Landes) a, elle aussi, créé une structure spécifique, chargée de porter des projets de transition énergétique. La Société d'économie mixte locale (SEML) comprend une coopérative citoyenne dans son capital (à hauteur de 25 %) qui permet "aux citoyens du territoire d'être acteurs de son développement économique et énergétique". Elle s'est fixé pour but de rendre de l'autonomie à la communauté de communes en finançant le projets de renouvelables locales et en assurant la maîtrise d'ouvrage des différents projets prévus. La SEML centralise ensuite les revenus issus de la revente d'énergie tandis que les opérateurs extérieurs qui investissent dans les grandes installations (fermes photovoltaïques ou parc éolien) sur son périmètre s'engagent lui à rétrocéder une partie de ces biens. Le ministère fait valoir : "Par le biais de la coopérative citoyenne partenaire de la SEML, les citoyens devenus actionnaires de leurs projets peuvent bénéficier, sous forme de dividendes, des retombées économiques issues des énergies renouvelables, permettant à l'argent ainsi généré de rester sur le territoire et de contribuer à son développement économique". Une démarche qui n'aurait donc que des avantages, puisqu'elle permet de produire localement une électricité décarbonée, de créer de l'emploi non délocalisable pour l'entretien des machines et de redistribuer les gains aux habitants. La solution devrait donc se généraliser, d'abord dans les "Territoires à énergie positive pour la croissance verte" qui étaient plus de 400 au mois de septembre 2016 et représentaient, à eux tous, 800 projets éoliens et 3 millions de m² de capteurs solaires.
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