Les Français plaident toujours pour le développement des énergies renouvelables

    Publié le 3 février 2017 par G.N.
    Solaire thermique
    Solaire thermique © J. Guyon - Wikimedia
    Les énergies renouvelables bénéficient toujours d'une bonne image auprès des Français, même si leur intention d'en équiper leur foyer se tasse légèrement. Année électorale oblige, le baromètre annuel réalisé par OpinionWay pour Qualit'EnR révèle également quel candidat à la présidentielle serait, selon eux, le plus à-même de développer ces énergies vertes. Découvrez de qui il s'agit...
    La confiance accordée aux énergies renouvelables se maintient. Selon les résultats du septième sondage réalisé par OpinionWay pour Qualit'EnR, les Français souhaitent, à une immense majorité, qu'elles se développent. Ils sont ainsi 92 % à se déclarer en faveur du solaire thermique (+5 %), de l'éolien (85 %, +7 %), des pompes à chaleur (83 %) ou du photovoltaïque (82 %).
    A l'inverse, les filières "fossiles" restent assez peu populaires, avec 22 % d'enthousiastes à l'idée que se développe le fioul, le gaz de schiste (20 %) ou le charbon (17 %). A noter que le nucléaire affiche tout de même 40 % de soutien.
    Pour les personnes ayant répondu à l'enquête, les renouvelables présentent toutes les qualités : elles seraient respectueuses de l'environnement (93 %), favoriseraient l'indépendance énergétique (89 %), apporteraient du confort (88 %) et feraient réaliser des économies (79 %). Ils sont d'ailleurs 78 % à souhaiter consommer leur propre électricité dans le cadre de l'autoconsommation. André Joffre, le président de Qualit'EnR, explique : "L'autoconsommation est en cours d'examen au Sénat et à l'Assemblée nationale. On aura enfin un cadre juridique qui sortira ce statut du no man's land où il se trouve". La confiance accordée aux énergies renouvelables se maintient donc à des niveaux élevés, entre 70 et 80 %. Les pompes à chaleur dominent le classement, devant les systèmes solaires combinés chauffage/production d'eau chaude sanitaire et les poêles à bois. "Les panneaux photovoltaïques sont en bas du tableau car ce sont ceux qui ont été le plus souvent accusés", note Frédéric Micheau, le directeur des études chez Qualit'EnR. "S'il y a une légère érosion de la cote de confiance, qui reste dans la marge d'erreur, il faut noter qu'il y avait eu une forte hausse en janvier 2016 suite à la COP21. Et on remarque une banalisation de la PAC qui tend à devenir une norme dans les habitations", détaille-t-il.

    Une légère érosion de l'intérêt, post-COP21

    Justement, du côté des équipements, un tiers des Français disposeraient d'au moins une source d'énergie (chaleur ou électricité) renouvelable avec une prépondérance des propriétaires de maisons individuelles. Les inserts bois arrivent en tête (15 %) devant les poêles à bois (10 %) et les PAC (9 %). Le directeur des études analyse : "Il y a une baisse du pourcentage enregistré sur la plupart des énergies, qui reste contenue entre -1 et -2 %, mais elle est plus marquée pour le chauffe-eau solaire (-6 %) et le solaire photovoltaïque (-4 %)".
    Quant aux intentions de s'équiper de l'une de ces solutions renouvelables, elles restent comprises entre 5 et 10 % des répondants, des chiffres qui sont, là encore, en léger recul. C'est la pompe à chaleur qui arriverait en tête des demandes d'équipement devant les poêles et chaudières à bois, qui sont en perte de vitesse. Question budget, les Français qui se déclarent prêts à investir, pourraient dépenser entre 1.225 € pour un insert bois et 4.387 € pour une installation photovoltaïque. "Il y a un manque d'information sur les tarifs réels et une sous-estimation chronique" souligne Frédéric Micheau. De même, sur les aides auxquelles ils peuvent prétendre, les sondés sont encore dans le flou : s'ils connaissent le crédit d'impôt (67 %) et le prêt à taux zéro (60 %), ils sont en revanche 67 % à ignorer l'existence d'aides régionales supplémentaires. Et 28 % n'en connaissent aucune...
    En dehors des questions budgétaires, quels sont les autres freins identifiés par OpinionWay pour Qualit'EnR ? "La méconnaissance des équipements utilisant des énergies renouvelables dans 37 % des cas, les difficultés administratives à obtenir les aides (36 %) ou une incertitude sur l'efficacité réelle de ces solutions à réduire la facture d'énergie (34 %)", fait valoir le directeur des études. Car, même si 82 % des personnes interrogées estiment encore que cette facture énergétique est trop élevée, cette proportion est historiquement basse : elle a perdu 11 points depuis 2013, en raison des prix faibles du fioul et du gaz.

    Faire confiance aux professionnels

    Le recours à des professionnels siglés RGE est plébiscité (71 %), même si le dispositif n'est pas encore connu de tous (23 % ignorent de quoi il s'agit). "La notoriété de ce signe progresse en continu depuis 2015", note l'expert. De même, la confiance dans les installateurs est remarquablement haute, avec 67 % d'opinions favorables contre 32 % de défavorables. "Cette proportion était de 52-48 en 2011...", rappelle l'analyste. Une confiance qui passe tout d'abord par l'obtention, par le professionnel, d'un label de qualité ou d'une qualification (c'est le première critère de choix, pour 83 % des Français), devant la présentation de références chantiers (76 %), la recommandation par des proches (75 %) et la proximité géographique (63 %). Les artisans de proximité à qualification reconnue seraient donc les plus favorisés dans l'obtention de nouveaux marchés. Une conclusion logique pour Qualit'EnR.
    Quel candidat à la présidentielle pour développer les énergies renouvelables ?
    OpinionWay-Qualit'EnR a également interrogé son panel représentatif de 1.001 Français sur la question de la prochaine élection. La thématique des renouvelables ne serait, selon les répondants, pas assez présente dans le débat (77 %), une idée portée plutôt par les ruraux (84 %) et les sympathisants de gauche (83 %). Quant à savoir quel candidat serait le plus à-même de favoriser le développement des EnR, Frédéric Micheau répond : "Il y a une méfiance prédominante et un discrédit de la classe politique en général. Mais Yannick Jadot, pour son appartenance à Europe Ecologie Les Verts arrive en tête, devant Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon et François Fillon". Benoît Hamon ne figure qu'en sixième place de ce classement, mais l'enquête a été réalisée au début du mois de janvier, avant les débats de la primaire de la Belle Alliance. "Les Français (71 %) sont d'accord sur une chose : le président élu devra amplifier le déploiement des EnR !".
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