Design
Le scrap débarque
Le recyclage est dans l’air du temps. Les designers du monde entier s’y mettent ! A partir de nos rebuts quotidiens, ils réalisent des créations originales. Découverte.
Métamorphoser les ordures en or. Cette tendance prend de plus en plus d’ampleur dans l’univers de la création. Elle a été mise en évidence lors du salon Maison&Objet par la chasseuse de tendances Elisabeth Leriche dans une mise en scène intitulée « scrap » ( Terme anglais qui signifie déchets). Elle consiste à récupérer ou parfois à détourner, des matériaux pauvres pour en faire des objets de décoration séduisants. Déchets, résidus, emballage se voient ainsi offrir une seconde vie. « Il est en train de s’opérer une prise de conscience environnementale dans le pays. J’en ai profité pour montrer que le recyclage était une pratique courante chez les designers. Il y a quelques années, je n’aurais jamais pu présenter le scrap comme je l’ai fait cette année à Villepinte» témoigne Elisabeth Leriche.
Références internationales
Comme elle l’explique, les précurseurs du scrap sont les frères Campana, originaires du Brésil. « Ils n’ont pas eu peur de remonter leurs manches pour aller fouiller les rues des favelas » raconte-t-elle. Le sofa Sushi constitué de rouleaux de tissus et la chaise Favela composée de milliers de petites pièces en bois, des pièces à la fois esthétiques et fonctionnelles, ont marqué les esprits. D’autres designers ont suivi leurs traces. Alberto Dassasso récupère d’anciens panneaux publicitaires en métal et Jussi Kalliopuska des canettes en aluminium pour réaliser des chaises.
Nouvelle génération
En France, les adeptes du scrap se multiplient. Pour établir un contact plus rapide avec le grand public, ils se présentent souvent comme les héritiers du scrapbooking, un loisir créatif consistant à introduire des photographies dans un décor, en rapport avec le thème abordé. La designer Elise Fouin est devenue experte dans l’art du déchet. « Je cherche dans les rebuts d’aujourd’hui ce qui pourra être beau demain. Je valorise la matière pour qu’elle devienne matière première » explique-t-elle sur son site Internet. Grâce aux techniques du rembourrage, de l’accumulation, du déploiement et du pressage, son contrôle sur la matière est absolu. Elle est ainsi parvenue à fabriquer une lampe à partir de bobines de caisses enregistreuses et un fauteuil avec de vieux journaux. Un vrai petit miracle !
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