''Le plus important, c’est l’œil''
Maison à part : Avec la multiplication des intervenants dans le domaine de la décoration, le consommateur est perdu…
Oscar Ono junior : Le grand public est perdu par rapport à ce qu’il voit et entend. Jusqu’à présent, la décoration était réservée à une élite. Aujourd’hui, elle paraît accessible à n’importe qui, notamment avec les programmes télévisés. Le coaching n’est que l’illustration de la démocratisation de la déco. On le voit aussi avec la multiplication des magazines, des émissions TV, des grandes enseignes qui font du design accessible. Le coaching bénéficie de tout ça. Mais le repère des gens est faussé sur le coût. Le problème dans les professions non réglementées, c’est que l’on y trouve aussi tout type de personne. Beaucoup de gens utilisent ce courant pour se resituer sur le marché.
Selon moi, il y a bien sûr une question de formation pour l’architecte d’intérieur, mais ce qu’il y a de plus important, c’est l’œil. Savoir écouter son cœur est plus important que suivre des tendances. Il faut l’âme du décorateur, l’œil ne s’improvise pas, ne s’invente pas.
Maison à part : Vous proposez des formules de « relooking » sous forme de « menus », comme dans les restaurants. Comment vous définissez-vous ?
O.O : Je me situe comme décorateur d’intérieur. Je suis plus sur des projets d’ensemble. Mais je propose aussi des formules simples pour répondre à une vraie demande. J’avais envie de proposer des choses différentes du marché. Quelque chose à la carte et au-delà du simple coaching. Les formules mêlent à la fois le travail de l’architecte d’intérieur et le coaching. Il y a un esprit ludique, facile d’accès, à la carte. Le point de départ est la visite conseil, mais le plus souvent, cela va au-delà. Les gens ne s’arrêtent pas là.
Maison à part : Qu’est-ce que le coaching pour vous ?
O.O :Le coaching se résume à des formules ludiques. Conseil, accompagnement en magasin, liste de boutiques en fonction de la conversation... Le coach axe sa démarche sur le conseil, donne des clés à son client pour réaliser lui-même son intérieur. Mais il y a également une vraie dimension psychologique dans le coaching. Les gens sont perdus dans la déco, ils ont peur. Pour eux, choisir une couleur pour un mur, c’est prendre un risque. Le coach donne un déclic, leur montre que finalement, ce n’est pas si compliqué. Il lit entre les lignes pour proposer un intérieur qui ressemble à la personne, lui indique des endroits qui lui correspondent pour que la personne elle-même puisse ensuite cultiver son style.
Maison à part : Pourquoi faire appel à un coach ?
O.O :C’est une question de budget et de rapidité. Il faut faire appel à un coach pour des choses simples rapides, faciles à mettre en œuvre, avec un petit budget. Un décorateur interviendra lui pour un projet dans son ensemble, construit autour d’une personnalité. Ce n’est pas la même démarche. Le coaching est une première étape, il y a une personnalisation moins approfondie. Quant à l’architecte d’intérieur, il intervient pour un problème de restructuration de l’espace, sur les volumes. Il ne faut pas les confondre. Le temps de la décoration est valorisé financièrement en fonction de la problématique.
Maison à part : Concrètement, comment se passe le coaching ?
O.O : Dans le relooking-coaching, on joue sur quatre fondamentaux, forgés sur une étude de l’existant et de sa réutilisation, en minimalisant le budget : la couleur ; la lumière ; le mélange des styles (rajouter, mélanger avec l’existant, toujours dans la notion de minimalisation du budget) ; et la customisation (elle est facile, rapide, pour donner un style à la déco).
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