Tralalart… de la vaisselle !
Derrière ce nom rigolo se cache une jeune créatrice, Marie Levêque, pour qui l’art de la vaisselle n’a plus de secret. Oiseaux, végétaux, dessins graphiques : ses créations se déclinent à l’infini. Rencontre sans chichi ni tralala !
Une petite rue du neuvième arrondissement, non loin de l’agitation de la rue des Martyrs. Passée la porte, l’odeur de la peinture imprègne les narines : nous sommes dans l’atelier-boutique de Marie Levêque, 31 ans, créatrice de Tralalart. Le visiteur est rapidement happé par les jeux de couleurs et de formes variées qui s’étendent le long des murs de cette pièce toute en longueur. Des assiettes, tasses, plats, vases… sur lesquels des oiseaux, des feuilles, des petits insectes ou encore des carrés de couleurs vous plongent dans un univers bucolique et ludique. Au fond, autour d’une table ronde, deux Marie et une Henriette s’affairent, un pinceau à la main, un livre de photos de nature sur les genoux. Là, des petits poissons aux couleurs dorés s’invitent au fond d’une assiette, ici un oiseau dévoile petit à petit ses couleurs sur un vase. Une vaisselle à la frontière entre l’art et le jeu, la poésie et la modernité… En bref : tout un ‘Tralalart’ ! Qui ne donne qu’une envie : se mettre à table…
Maison à part : Comment en êtes-vous arrivée à Tralalart ?
M. Levêque : Tout est parti du fait que je cherchais de la vaisselle pour chez moi. Comme je ne trouvais rien qui me plaisait, je l’ai réalisée moi-même. J’avais fait une formation en graphisme et photographie aux Arts Déco, ce qui n’a donc rien à voir ! Mais je me suis prise au jeu. Ma vaisselle a plu, du coup j’ai eu des demandes… Un effet boule de neige qui m’a finalement décidée à tout lâcher pour m’y consacrer ! Mes premières assiettes datent de 1999, puis j’ai créé Tralalart en 2004. Je n’ai pas le souvenir d’avoir joué à la dînette quand j’étais petite, mais j’adore la décoration et la vaisselle. J’aime faire des belles tables, même si je ne cuisine pas bien ! Du coup me prendre au jeu, selon l’humeur ou le repas prévu, mettre plein de formes me plaît.
MAP : Pourquoi ce nom ‘Tralalart’ ?
ML : Tralalart… Il y a l’idée de plaisir, de quelque chose d’utile et à la fois pas vraiment indispensable, avec une note artistique ! Un palindrome (mot qui peut se lire indifféremment de gauche à droite ou inversement, NDLR), qui correspond également au côté ludique. Cette vaisselle n’est pas forcément pour tous les jours, on s’en sert pour des belles tables. On peut également détourner les pièces, faire des mélanges entre les collections. Je ne voulais surtout pas une image vieillotte ! Ma vaisselle n’a pas besoin d’être à la mode, les collections doivent être en dehors du temps, épurées et ludiques.
MAP : Les pièces sont en effet très variées…
ML : Oui, j’aime bien les formes inattendues ou fonctionnelles, faciles à détourner. Comme un dessous de plat en pièces de puzzle aux multiples utilisations possibles. Ou encore des tasses à café dont la soucoupe peut servir de coquetier. Chaque objet a ainsi une face cachée, une fonction détournée si on le désire. J’aime également remettre au goût du jour des vieilles pièces de vaisselle. De beaux objets qui sont facilement exploitables. On n’est pas obligé de mettre de la soupe dans une soupière ! La carafe de nuit peut également servir de vase. J’aime le concept de ne pas s’arrêter à la fonction première de l’objet. Enfin, les collections peuvent se mélanger entre elles. L’idée est de sortir de l’image du service de table classique ! Par exemple, le clin d’œil, la touche d’inattendu pourra venir de porte-couteaux décorés d’insectes avec un service d’inspiration végétale.
MAP : Où trouvez-vous votre inspiration ? A quel rythme créez-vous une collection ?
ML : Nature, végétaux, petites bêtes, poissons, graphisme… Les sources d’inspiration sont infinies ! Ce que j’ai fait aux Arts Déco me sert également aujourd’hui. Il y a treize collections en tout, dont deux pour les enfants, une inspirée de la ferme et l’autre de la savane.
Elles sont toutes suivies. Quant au renouvellement, il s’effectue au rythme des idées, cela vient tout seul. Actuellement nous avons deux nouvelles gammes : une avec des poissons, appelée « Bora-Bora » et une autre intitulée « Paradis exotique » ou « Forêt primitive » selon qu’elle contient des oiseaux ou non.
MAP : Comment travaillez-vous ?
M.L. : J’achète les objets ou la vaisselle blancs. Ensuite on les peint avec des pigments. Avec Marie et Henriette, nous travaillons toujours à main levée, pour garder un côté spontané. Ainsi, chaque pièce est unique. Quand je donnais des cours, je disais à mes élèves de ne pas utiliser le crayon : tant que cela n’est pas cuit tout s’efface ! Une fois peintes, nous cuisons les pièces pour faire pénétrer les pigments. Les gros vases, les dernières pièces que nous faisons, demandent une journée de travail chacun. Pour les assiettes, on peut en peindre jusqu’à trente par jour. Quand il y a des oiseaux, on peut en faire six... Le temps de travail dépend toujours de l’objet !
MAP : Vous créez également des décors muraux…
ML : Nous proposons en effet des motifs inspirés de la nature (Eaux douces) ou graphiques (Pigments). Sur un principe de fresque, plusieurs combinaisons sont possibles. Nous réalisons également des bijoux en porcelaine. Des perles émaillées une à une, à la main. Des lampes aussi… Toujours des pièces uniques. Et puis, j’ai encore plein d’autres projets encore secrets…
Aujourd’hui Tralalart s’exporte au Japon, aux États-Unis, en Belgique et en Australie. En dehors de la boutique ou du site internet, vous pouvez retrouver les créations de Marie Levêque aux Galeries Lafayette, boulevard Hausmann à Paris.
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Tralalart
Atelier-boutique, 19 rue Milton 75009 Paris
T. 01.48.74.68.14.
www.tralalart.fr
Assiettes à partir de 24 €
Objets divers entre 25 € et 50 €
Plats : entre 54 € et 89 €
Vases : petit rectangle entre 58 € (végétaux) et 95 € (oiseaux)
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