Acheter ou louer ?
| Zoom [+] |  | | Geoffroy Bragadir, fondateur d'Empruntis.com - DR © | Acheter/louer : "le raisonnement financier doit venir en second"
Quelle est la situation du pouvoir d’achat immobilier en France ? Quelles sont les bonnes questions à se poser pour arbitrer son choix entre la location et l’achat ? Maison à part a interrogé Geoffroy Bragadir, fondateur d’Empruntis.com, société de courtage en ligne.
Une pièce. Petite certes, mais 10 m2 en moins tout de même. En 6 mois en Ile de France, la surface d’achat s’est réduite à ce point, selon la dernière étude Empruntis / Bipe datée du 28 juin 2007. Face à des prix élevés et la hausse des taux d’intérêt, la surface d’achat en pâtit.
Un critère de plus qui pourrait faire pencher la balance vers la location aux dépens de l’achat. Mais dans un même temps, des mesures incitatives à l’achat sont prises par le Gouvernement. Comment s’y retrouver ? Quelles sont les bonnes questions à se poser pour arbitrer son choix ? Les réponses de Geoffroy Bragadir, fondateur d’Empruntis.com, société de courtage en ligne.
CONTEXTE ACTUEL DU MARCHE
Maison à part : Quelle est la situation actuelle du marché immobilier en France ?
Geoffroy Bragadir : Le marché immobilier est très élevé, il a connu une hausse de +123% entre 1998 et 2006. On table sur un atterrissage en douceur de cette augmentation pour 2007 comprise entre 0 et 3%. Mais la stabilisation s’effectue à un haut niveau. Par rapport à nos pays voisins, nous sommes toujours relativement en retard au niveau des prix (à Londres, par exemple, ils sont encore bien supérieurs). Ainsi, même si nous sommes en haut d’un cycle, ils vont probablement continuer à grimper. Voilà pour la situation globale.
MAP : Et par là même, la situation du pouvoir d’achat ?
G. B. : Il y a notamment deux tendances contradictoires. D’un côté, les dispositions récentes redonnent du pouvoir d’achat aux Français (NDLR : le crédit d’impôt sur les intérêts des emprunts immobilier). Nos études parlent notamment d’un gain de 1 à 4 m2 de surface. Bien sûr, cela ne compense pas la perte enregistrée depuis quelques années. Mais ce n’était pas là l’objectif premier de ces mesures. Ce dernier est de faire de la France un "pays de propriétaires". Ainsi, les banques pourront prendre en compte ce bonus fiscal pour "resolvabiliser" certains ménages (qu’on évalue de 20 000 à 30.000).
L’effet de cette mesure sera sans doute de "ralentir le ralentissement" de la hausse des prix. Avant nous tablions sur 2%. En les prenant en compte aujourd’hui, nous prévoyons de 0 à 3% d’augmentation. Le marché du neuf comportant tellement de facteurs, ce n’est pas le bonus fiscal qui pourra le modifier. En revanche, sur l’ancien, le vendeur risque d’avoir la tentation d’en capter une partie. Là se situe la problématique : s’il l’inclut dans son prix. Pour autant, il ne devrait pas y avoir de tentation inflationniste dans la mesure où, par le passé, des expériences du même type n’ont pas eu cette influence.
| Zoom [+] |  | | Empruntis/BIPE juin 2007 © | | "L'atterrissage des prix de l'immobilier résidentiel ancien se confirme", selon l'étude Empruntis/Bipe de juin 2007. cliquez sur zoom pour voir le graphique. | MAP : Et l’autre phénomène ?
G.B. : Il existe un mécanisme inverse : la hausse des taux de crédits immobiliers. Celle-ci diminuera le nombre de ménages potentiellement "resolvabilisés" par le bonus fiscal, passant de 30.000 à 10.000. Pour un taux fixe sur 15 ans, on ne trouve rien en dessous de 4,5%. Mais, si l’on prend une photo aujourd’hui, les taux de crédits restent historiquement bas par rapport aux niveaux atteints il y a une quinzaine d’années. Nos parents avaient des taux de crédits autrement plus importants.
MAP : D’autres facteurs entrent en compte…
G.B. : En effet, le prix de la location augmente également. Prenons, par exemple, ma situation personnelle. Je suis locataire depuis un certain temps du même appartement, mes voisins d’immeuble, en dessous de chez moi, louent 70% plus cher pour les mêmes surface et configuration que moi ! Le jour où je pars, mon propriétaire m’embrasse !
Pour la suite de l'interview, cliquez sur suivant... Geoffroy Bragadir vous donne les conseils pour bien arbitrer.
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