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Logement-colocation
Colocation : le bon plan ? | | MAP © |
Flambée des prix des loyers oblige, de plus en plus de jeunes -et moins jeunes -choisissent la colocation comme solution de logement économique et conviviale. Une alternative séduisante à condition de savoir s’organiser à plusieurs et de connaître les implications juridiques !
Avec les prix des loyers qui continuent de grimper et des propriétaires de plus en plus exigeants, se loger s’apparente à un vrai parcours du combattant pour les étudiants, et plus généralement pour tous ceux qui disposent de faibles revenus. Face à ces difficultés, une solution de logement alternative s’est développée depuis plusieurs années, notamment dans les villes les plus touchées par la hausse des loyers : la colocation.
Un système qui permet d’éviter l’exiguïté d’un studio hors de prix en partageant le loyer d’un appartement spacieux à plusieurs. La colocation est aussi le moyen d’échapper à une certaine solitude : finis les dimanches pluvieux et déprimants coincé entre quatre murs, vive la vie en communauté ! Mais attention, toutes les colocations n’ont pas la saveur du film de Cédric klapisch, l’Auberge Espagnole.
Faire bon ménage
Encore faut-il être capable de supporter la vie à plusieurs... Et bien choisir son (ses) colocataire(s). "Beaucoup de gens pensent que tout va très bien se passer, mais ce n’est pas si simple" , explique Pierre Lecarme, auteur d’un nouveau livre sur le sujet (voir encadré). "Partager une salle de bain ou un frigo n’est pas toujours si facile. Tout le monde n’a pas les mêmes habitudes" , raconte-t-il. "J’ai rencontré une personne qui a eu une très mauvaise expérience à Marseille. Lorsque l’un des colocataires s’est décidé à ne plus payer sa part de loyer, les ennuis ont commencé. Finalement, tous les autres ont dû chercher une colocation ailleurs" . Pour éviter les situations conflictuelles, les candidats à la colocation doivent donc trouver une ou plusieurs personnes qui partagent les mêmes goûts et un rythme de vie compatible : mieux vaut, par exemple, éviter les fêtards lorsque l’on est studieux, ou les réfractaires au ménage quand on est un maniaque du rangement.
Solidaires jusqu’à la fin
Au-delà de ces considérations purement pratiques, il faut aussi savoir à quoi engage la colocation. Tout d’abord, elle suppose que chaque colocataire soit titulaire du bail. Dans le cas contraire, la situation s’apparente à de la sous-location, qui est soumise à l’autorisation du bailleur. Ce qui, en pratique, est rarement le cas et présente l’inconvénient de priver le sous-locataire de ses aides au logement.
A partir du moment où les colocataires signent le même contrat de location, ils deviennent alors solidaires jusqu’à la fin du bail. "Les bailleurs prennent soin d’insérer une clause de solidarité au sein du contrat" , précise Paul Philippot, conseiller juridique de l’Union nationale de la propriété immobilière (UNPI). "Cela signifie qu’en cas d’impayés, le bailleur peut réclamer l’intégralité de la dette à n’importe quel locataire". D’où l’importance de bien choisir son colocataire...
"Quand ils signent un contrat de colocation, les jeunes n’en mesurent pas toujours les conséquences", témoigne Gérard Hodemon, conseiller juridique de la Confédération nationale du logement (CNL, locataires). "S’il y a une mésentente en cours de bail et que l’un des colocataires souhaite quitter les lieux de manière anticipée, il reste tenu au paiement du loyer jusqu’à la fin du contrat". Les personnes qui se portent caution quant à elles (souvent les parents) peuvent aussi être sollicitées en cas de déficience des colocataires. C’est le mécanisme de la caution solidaire : ils ne sont pas seulement solidaires de leurs enfants mais aussi des autres locataires, et ce jusqu’à la fin du bail.
Limiter les dégâts
Pas très rassurant quand on sait que les contrats de locations de logements vides sont signés pour un minimum de 3 ans...
Pour éviter le pire, il est donc nécessaire d’envoyer son congé au propriétaire : à défaut d’être délié du contrat pendant la période du bail restant à courir, le colocataire sortant (ainsi que celui ou celle qui s’est porté caution) a au moins la certitude de n’être pas lié au contrat s’il est renouvelé. "Il faut aussi savoir que le dépôt de garantie n’est rendu par le propriétaire qu’à la fin du contrat de location" , prévient Gérard Hodemon. "Les colocataires doivent donc s’arranger entre eux lorsque l’un d’entre eux part et qu’il souhaite récupérer sa part" , ajoute-t-il. A bon entendeur...
 | | MAP © | Réussir sa Coloc
Pour déjouer les pièges de la colocation et optimiser les avantages de la vie en communauté, Pierre Lecarme et Edwige G.Bernanoce ont concocté un petit ouvrage très pratique à usage des futurs colocataires. "Mais aussi de leurs parents" précise Pierre Lecarme. Un ouvrage ponctué de témoignages, qui donne toutes les infos pour trouver une colocation, s’organiser dans l’appartement et lance des pistes de réflexion pour se "partager le territoire".
Un livre clair et pas cher à laisser trainer entre toutes les mains.
Bons plans coloc
Pierre Lecarme et Edwige G. Bernanoce
Editions Leduc.s
5.90€
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Marie Castets (07/04/2008)
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Cet article est lié aux dossiers : Louer : ce qu'il faut savoir | Zoom sur la colocation |
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