Les Français aiment-ils leur ville ?

    Publié le 25 juillet 2014
    Mobilité, espaces verts, équipements collectifs, logements, urbanisme : les Français ont jugé les critères qui font qu'ils aiment leur ville... ou pas, dans une étude réalisée par HTS Consulting pour Villes et Valeurs. Découvrez où il fait bon vivre dans l'Hexagone.
    Paris pour sa vie culturelle, Lille pour sa politique municipale, Strasbourg pour sa qualité en matière d'urbanisme ou encore Lyon pour tous ces critères réunis, sans oublier Marseille qui divise davantage... Voilà en résumé les grandes tendances révélées par l'étude HTS-Villes et Valeurs*, dont l'originalité repose sur la création d'une nouvelle typologie d'habitants : les sédentaires, les spontanés et les nomades**.
    Cette distinction fait ainsi état de résultats similaires entre les sédentaires et les spontanés, tandis que les nomades apportent un regard plus critique et plus exigeant sur la ville où ils séjournent. Des leçons à tirer pour tous les élus qui souhaitent renforcer l'attractivité de leur ville, satisfaire les fidèles et attirer de nouveaux venus.
    Découvrez en pages suivantes les principales tendances de cette étude.

    *Méthodologie

    Enquête menée par HTS Consulting pour le magazine Villes et Valeurs (Fimbacte), sur plus de 1.000 citadins formant un échantillon représentatif de près de 10% de la population urbaine hexagonale, entre le 11 et le 23 décembre 2013.

    **Définitions

    - Sédentaires : les habitants qui résident (natifs) depuis toujours dans la ville ou agglomération concernée et ne souhaitent pas la quitter.
    - Spontanés : les habitants devenus résidents de cette ville, depuis plusieurs années, pour des raisons personnelles, affectives ou professionnelles, et qui n'envisagent pas de la quitter.
    - Nomades : les habitants, non natifs de la ville ou de l'agglomération, qui résident depuis plus d'un an, voire depuis plusieurs années, pour des raisons personnelles, affectives ou professionnelles... mais qui savent, pour ces mêmes raisons, qu'ils quitteront cette ville dans un délai non défini.
    Les Français aiment-ils leur ville ?

    Qualité de vie au quotidien

    Qualité de vie au quotidien - baromètre Ville et valeurs
    Qualité de vie au quotidien - baromètre Ville et valeurs © HTS Consulting / Villes et valeurs
    Si d'un point de vue individuel, les citadins aiment globalement vivre dans leur ville - avec une note moyenne de 6.7/10 - tout n'est pourtant pas aussi positif, prévient l'étude. Ainsi, premier point noir soulevé par les administrés : l'efficacité des politiques municipales (5.6/10). En particulier, le manque d'initiatives municipales innovantes. Autre point négatif : la congestion du réseau routier, qui touche notamment Paris, Lyon et Marseille où la circulation ralentie s'ajoute aux problèmes de pollution. A Strasbourg, ce sont les nomades qui pointent du doigt ces problèmes de congestion urbaine, certainement dus aux semaines du Parlement européen, qui voient l'arrivée massive d'une population supplémentaire lors de ces périodes.
    Qualité de vie au quotidien

    Ville, lieu d'équilibre entre habitats, commerces et bureaux

    Ville, lieu d'équilibre entre habitats, commerces et bureaux - baromètre Ville et valeurs
    Ville, lieu d'équilibre entre habitats, commerces et bureaux - baromètre Ville et valeurs © HTS Consulting / Villes et valeurs
    Lieu de vie et d'échange, la ville se doit d'offrir à ses habitants un équilibre entre logements, commerces et bureaux. Ainsi, alors que 3 sédentaires/spontanés sur 4 sont satisfaits de l'aménagement de leur commune en la matière, près d'un nomade sur deux la trouve mal agencée.
    En cause, non pas les commerces, mais plutôt les logements : 75% des nomades déclarent ainsi éprouver des difficultés pour se loger dans leur nouvelle ville. Sans surprise, les Parisiens sont ceux qui sont les moins satisfaits, à l'inverse, les Strasbourgeois ne jugent pas si difficile pour près d'un habitant sur deux.
    Ville, lieu d'équilibre entre habitats, commerces et bureaux

    Les espaces verts plébiscités

    Les espaces verts plébiscités - baromètre Ville et valeurs
    Les espaces verts plébiscités - baromètre Ville et valeurs © HTS Consulting / Villes et valeurs
    Les nomades sont aussi moins enclins à trouver leur ville "jolie" (57%), contre 80% en moyenne. A ce titre, Strasbourg s'illustre avec un niveau de satisfaction élevé (91%), dépassant même légèrement Paris, portée par ses nombreuses zones piétonnes et la qualité de ses espaces verts.
    Les espaces verts plébiscités

    Manque de crèches, de maisons de retraite et d'une offre de transport qualitative

    Manque de crèches, de maisons de retraite et d'une offre de transport qualitative - baromètre Ville et valeurs
    Manque de crèches, de maisons de retraite et d'une offre de transport qualitative - baromètre Ville et valeurs © HTS Consulting / Villes et valeurs
    Un critère rassemble sédentaires, spontanés et nomades : la qualité des équipements collectifs de leur ville. Chacun reconnaît l'offre satisfaisante en termes d'établissements scolaires (87%), bibliothèques (85%), équipements culturels (79%), sportifs (77%) et de loisirs (75%), mais pointent du doigt le manque de maisons de retraite (51%) et de crèches (46%).
    Du côté des infrastructures de transport, là aussi, les trois typologies de citadins s'accordent pour reconnaître leur aspect quantitatif, mais moins leur aspect qualitatif. Accessibilité, propreté et manque d'informations voyageurs sont unanimement décriés.
    Manque de crèches, de maisons de retraite et d'une offre de transport qualitative

    Qu'attendre de ses élus ?

    Qu'attendre de ses élus ? - baromètre Ville et valeurs
    Qu'attendre de ses élus ? - baromètre Ville et valeurs © HTS Consulting / Villes et valeurs
    De l'exigence, avant tout, clame la majorité des citadins, qui reconnaissent cependant le dynamisme de leurs élus en matière de mobilité urbaine, l'attente n°1 pour un citadin sur trois (31%). Suivent la qualité de l'air et les espaces verts (24%), l'urbanisme (21%), les équipements collectifs (15%) et la gestion des déchets (9%). Paradoxalement, ils se sentent faiblement concernés par les services et infrastructures plus innovants mis à leur disposition. Par exemple, plus de la moitié ignore les offres d'auto-partage mises en place dans leur ville.
    Dans le domaine environnemental, les citadins ont des perceptions différentes : là où les Parisiens reconnaissent à 76% le dynamisme de leurs élus en matière d'éco-mobilité, les Marseillais ne sont séduits qu'à 28%, note l'étude. Un laissé-pour-compte : l'éco-quartier, qui souffre d'un réel déficit d'information.
    Qu'attendre de ses élus ?
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