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"La table se libère"

Par Propos recueillis par Céline Chahi
,
le 28 janvier 2009
Table
Table © DR
Zaha Hadid pour Alessi, les 5.5 designers pour Baccarat, Starck pour Laguiole... Les designers font depuis quelques mois des incursions remarquées dans le secteur des arts de la table. Un pic de créativité que Guy Bourgeois, le président de la Confédération des Arts de la Table, nous aide à comprendre...
Maison à part : Comment expliquez-vous que les designers manifestent un regain d'intérêt pour les arts de la table ?
Guy Bourgeois : Parler de regain d'intérêt est inapproprié, puisque les designers n'ont jamais vraiment tourné le dos aux arts de la table. Plusieurs grandes maisons françaises et étrangères ont toujours travaillé avec eux, que soit Bernardaud, Villeroy & Boch ou Guzzini... On se souvient par exemple tous du presse-agrumes de Starck pour Alessi, un objet qui, plus de vingt ans après son lancement, est toujours culte ! Si on entend autant parler des designers aujourd'hui dans ce secteur, c'est simplement parce qu'ils ont su gagner les faveurs des consommateurs. Oublié le poids des traditions ! Les gens veulent de l'originalité à table. Du coup, après avoir freiné pendant des années leur créativité, les designers doivent maintenant la développer.

MAP : Qu'entendez-vous par "poids des traditions" ?

G.B : Lorsqu'ils s'équipent d'une ménagère ou d'ustensiles de cuisine, les consommateurs ne sont plus dans l'optique de la ou de les garder toute leur vie. Comme dans les domaines de la décoration et de la mode, ils succombent désormais à des achats coups de cœur. Plus question d'attendre le mariage pour avoir de la belle vaisselle !
MAP : Cette nouvelle attitude de consommation ne suggère-t-elle pas de nouveaux modes de vie ?
G.B : Si, bien sûr ! Notre manière de prendre les repas et de recevoir n'est plus la même qu'avant. Nous ne sommes plus dans le schéma classique de l'apéritif suivi d'un repas assis. Les gens se sont libérés au niveau des normes imposées : désormais, plus besoin d'être à table pour prendre un repas. Il est fréquent de recevoir ses convives autour d'un canapé ou sur le coin d'un bar pour un apéritif dinatoire qui va se prolonger et durer au final le même temps qu'un dîner traditionnel.
MAP : Alors justement, quel type d'équipements est nécessaire pour organiser chez soi un apéritif dinatoire ?
G.B : Comme le repas se présente sous la forme de petites bouchées salées et sucrées, le plus pratique ce sont les petits récipients de type verrines. Il en existe aujourd'hui sur le marché de nombreux modèles qui permettent de jouer sur la couleur des aliments et le mélange des textures. En général, on les présente accompagnés d'une petite cuillère et parfois même d'un petit couteau. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si l'enseigne Couzon vient de relancer la production de ses couteaux à fruit, un objet tombé en désuétude pendant longtemps !

MAP : Il faut donc totalement se rééquiper ?

G.B : Non pas du tout, car la mode des apéritifs dinatoires ne nous empêche pas de savourer de la bonne cuisine française : pots au feu, bourguignons, blanquettes... Pour consommer ces plats traditionnels, les accessoires d'antan reviennent sur le devant de la scène : soupières, cocottes... Des classiques que les designers sont invités à revisiter !
"La table se libère"
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