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Electroménager : "L'obsolescence programmée n'existe pas"

Par P.P.
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le 22 juin 2011
Electromenager
Electromenager © Visuel prétexte
Le Groupement interprofessionnel des Fabricants d'appareils d'équipements ménagers (Gifam) entend faire taire les idées reçues et les rumeurs sur la durabilité des appareils. S'appuyant sur des études commandées à la TNS-Sofrès, les professionnels de l'électroménager défendent la fiabilité de leurs produits.
Non, il n'existe pas de petite puce à l'intérieur de votre réfrigérateur ou de votre lave-linge qui à l'heure dite, déclenchera l'autodestruction qui vous obligera à changer votre équipement. Une fois pour toute, qu'on se le dise ! Au-delà de ce seul "mythe", la durabilité des appareils électroménagers est très régulièrement mise en cause. Le Gifam entend faire taire les rumeurs et s'appuie, pour défendre la fiabilité des appareils, sur deux enquêtes réalisées auprès des consommateurs par la TNS-Sofrès*, dont les résultats ont été rapprochés d'une première étude datant de 1977.
Et de constater que, malgré une utilisation beaucoup plus fréquente des appareils - notamment due aux changements dans les modes de vie (hausse de l'emploi des surgelés, par exemple) et également souvent liée à la taille du foyer - et une baisse du prix moyen, la durée de vie des produits reste quasi constante depuis trente ans, soit entre onze et quinze suivant le type d'appareil. Une durée qui est d'ailleurs proche de celle souhaitée par le consommateur, soit entre 11 (lave-linge et lave-vaisselle) et 14 ans (réfrigérateur, 13 ans ; congélateur 14 ans). Entre 23 et 25% des personnes interrogées seulement, souhaiteraient que l'appareil dure toute leur vie : mais elles seraient pour la plupart des seniors qui ne se projetteraient donc pas dans l'achat d'un nouvel appareil, explique Frédéric Los de la TNS-Sofrès. Pour Gérard Mermet, sociologue directeur de Francoscopie, invité par le Gifam pour la présentation de ces résultats, "Il y a une surévaluation de la durée de vie souhaitée par les consommateurs. Ils oublient qu'il va y avoir des évolutions technologiques qui leur apporteront des bénéfices sensibles pour lesquels ils se laisseront séduire. Ils n'anticipent pas non plus les changements qui affecteront leur foyer : mariage, divorce, déménagement, etc." A l'ère de l'"Homo zappens", tout est donc possible !
D'ailleurs, 40 à 50% des appareils ménagers sont remplacés alors même qu'ils sont en état de marche ou réparés, rapporte l'étude.

Le taux de panne reste au cœur des questions

La panne en elle-même reste néanmoins peu abordée. Quid du taux réel de pannes pour chaque type d'appareil ? Une question que se posent notamment les associations de consommateurs. Une journaliste de Que choisir a ainsi évoqué par exemple, la présence de plus d'électronique, de plus de plastique plutôt que du métal plus résistant ou enfin, des pièces désormais collées plutôt que soudées, qui entraîneraient plus de pannes... sans compter le fait, qu'une fois en panne, l'on est plus encouragé à racheter - cela coûtera moins cher que la réparation - plutôt qu'à faire appel à un réparateur. Qu'en est-il réellement ? "Environ 6 millions de réparations sont menées par an, sur un parc total de 177 millions d'appareils de gros électroménager, soit un taux de 4%" : ce sont les seuls chiffres officiels que Jean-Jacques Blanc, président du Gifam, a accepté de révéler. Par appareil, il n'en pas question d'en dire plus, cela relève du "secret industriel". Certains types d'appareil résistent plus que d'autres, concède-t-il néanmoins. Chez Whirlpool qu'il dirige, le sèche linge a ainsi un taux de panne de 2% seulement, mais d'autres appareils sont moins bons... "Nous ne sommes pas sur une non reconnaissance du taux de panne" explique-t-il. Et de rajouter "on travaille pour le réduire et mieux l'expliquer". Pour Gérard Mermet, aujourd'hui, "le consommateur parle au consommateur", et le développement d'internet notamment, fait que ce sont malheureusement les mauvaises expériences qui sont mises en avant au détriment des autres... Ce qui explique peut-être aussi pourquoi les idées reçues sur la durabilité des appareils ont la tête dure. Pour Monsieur Blanc, l'électroménager souffre aussi d'un amalgame malheureux avec les appareils électroniques.
Ne faudrait-il pas tout de même s'interroger plus sur les services après vente et les ressentis des consommateurs sur cette question des pannes ? Ce qu'il y a de sûr, c'est que la question de la durabilité de l'électroménager déchaine toujours les passions... mais n'est-ce pas justement parce que l'on touche au cœur même de la vie quotidienne du foyer, de son intimité ?
*étude menée par la Sofres en 1977 sur la durabilité de certains appareils de Gros électroménager ; études menées par Tns‐Sofres en 2010 et 2011 : sur l'ancienneté des appareils présents dans les foyers (questionnaire auto‐administré de façon postale auprès de 10 000 foyers) ; sur la durée de vie réelle et souhaitée des appareils et leur état lors du remplacement (1720 maitresses de maison ou chefs de ménage représentatifs des foyers français interrogés en face à face) ; sur la panne irréparable et l'opportunité de changement (243 maitresses de maison ou chefs de ménage interrogés par téléphone).
Electroménager : "L'obsolescence programmée n'existe pas"
 
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