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La pollution aérienne des villes européennes est toujours trop élevée

le 10 janvier 2013
Pot d'échappement
Pot d'échappement © Wikimedia
L'Institut national de veille sanitaire a publié une étude portant sur la pollution atmosphérique de 25 villes européennes. A l'exception de Stockholm, toutes se trouvent au-delà des niveaux recommandés par l'OMS sur la qualité de l'air, amputant la durée de vie des habitants de plusieurs mois.
Même si la qualité de l'air s'améliore dans les agglomérations européennes, grâce à des mesures de lutte contre les émissions de polluants, les poumons des citadins sont toujours trop exposés. Selon les résultats de l'étude Aphekom, menée entre 2008 et 2011 par une soixantaine de scientifiques dans 25 villes de l'Union (voir encadré), les dépassements de la valeur guide de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) pour les particules fines, se traduisent chaque année par 19.000 décès prématurés (dont 15.000 pour causes cardiovasculaires) et par 31,5 Mrds € de dépenses de santé et coûts associés. Le respect des valeurs préconisées permettrait donc d'économiser une partie de ces dépenses et d'augmenter la durée de vie des résidents. Des résultats qui soulignent que la pollution atmosphérique aurait un impact important sur la santé publique et que la mise en œuvre de réglementations efficaces conduirait à des gains sanitaires et monétaires importants.
Plus en détail, le classement révèle que les villes d'Europe de l'Est présentent des niveaux en moyenne plus élevés que les villes plus occidentales. Ainsi, Bucarest, Budapest, Ljubljana et Athènes prennent la tête - peu enviable - de ce classement avec des taux de particules environ 3 fois supérieurs au seuil de 10 µg/m3 d'air. Les villes méditerranéennes suivent ensuite avec Barcelone, Valence, Séville, Grenade et Rome, qui révèlent une pollution deux fois plus élevée que les recommandations de l'OMS. Surprise : Vienne, capitale réputée pour sa qualité de vie, se place dans le top 10 de ce classement. Autre révélation, les villes françaises occupent la deuxième moitié du tableau.

Marseille et Lille plus polluées que Paris

La cité phocéenne décroche la palme avec un niveau moyen de particules de 18,5 µg/m3, devant un beau tir groupé qui rassemble Lille et Strasbourg (16,6 µg/m3), Lyon (16,5 µg/m3) et Paris (16,4 µg/m3). Suivent Bordeaux, Rouen, Le Havre et Toulouse qui oscillent entre 15,7 et 14,2 µg/m3. Les capitales plus nordiques ferment la marche avec Londres, Dublin et Stockholm, seule ville de l'étude à présenter un niveau inférieur au seuil de l'OMS. L'étude montre ensuite que le gain potentiel d'espérance de vie est proportionnel à la réduction de pollution : les habitants de Bucarest pourraient vivre 22 mois de plus, si le niveau était conforme aux recommandations sanitaires. Les Marseillais gagneraient quant à eux 7,5 mois, et les autres Français environ 5 mois.
L'étude suggère que la mise en place de péages urbains, comme à Stockholm et à Londres, réduirait la pollution. D'autres mesures comme des incitations à l'utilisation des transports en commun ou aux moyens de transports doux pourraient également concourir à l'amélioration de l'air des villes. L'impact du chauffage, en particulier à Athènes, se fait aussi sentir en période de crise où les habitants font... feu de tout bois et n'entretiennent plus leurs installations.

Les chiffres de l'étude Aphekom :

• 3 ans de travail ;
• 60 scientifiques ;
• 25 villes dans 12 pays (Bucarest en Roumanie, Budapest en Hongrie, Ljubljana en Slovénie, Athènes en Grèce, Rome en Italie, Stockholm en Suède, Bruxelles en Belgique, Paris, Rouen, Le Havre, Lille, Strasbourg, Lyon, Bordeaux, Toulouse et Marseille en France, Barcelone, Bilbao, Valence, Grenade, Malaga et Séville en Espagne, Londres au Royaume-Uni et Dublin en Irlande) ;
• 39 millions d'habitants concernés ;
• 50 % de la population de 10 villes résident à moins de 150 mètres d'axes de circulation empruntés par plus de 10.000 véhicules/jour.
La pollution aérienne des villes européennes est toujours trop élevée
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