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Electricité : Réactions vives suite à l'annonce d'une éventuelle hausse des tarifs

le 27 octobre 2010
Après l'annonce d'une éventuelle - quasi probable - hausse du tarif d'électricité de 3% d'ici la fin de l'année, par le biais d'une revalorisation de la "Contribution au service public de l'électricité", en pointant du doigt le financement des énergies renouvelables, les critiques ont été vives. Florilège.
L'annonce d'une nouvelle hausse d'électricité - avec une revalorisation de la CSPE - en a fait bondir plus d'un : association de consommateurs, professionnels des énergies renouvelables, politique... Retrouvez ci-dessous certaines d'entre elles.
Associations de consommateurs

La CLCV appelle à la transparence

Pour la CLCV, il y a un "manifeste manque de transparence, le consommateur ne doit pas être la seule variable d'ajustement, EDF doit également réaliser des gains de production (amélioration du taux d'utilisation des centrales nucléaires, abaisser les pertes sur les réseaux etc)", dénonce-t-elle dans un communiqué publié ce lundi. Par ailleurs, l'association souhaite une distinction entre entre le rachat d'énergie aux particuliers et celui au profit d'intérêts professionnels. Et de demander que "la Commission de Régulation de l'Energie, comme l'y autorise la loi, diligente un contrôle indépendant pour vérifier les demandes d'EDF" et que "face à de telles hausses des prix de l'énergie", - les eux hausses cumulées, celle de août et celle prévue, représenteraient +7% en sept mois - les pouvoirs publics entament "des négociations pour garantir l'accès pour tous aux services essentiel, ce qui passe par une refonte des tarifications (et des tarifs sociaux)". La CLCV demande enfin "un contrôle indépendant pour vérifier les demandes d'EDF"

Pour la CNL, cette deuxième hausse est "inacceptable"

Pour la Confédération nationale du logement (CNL), +6 à 7% en si peu de temps, c'est "du jamais vu depuis des décennies". Et d'appeler dans un communiqué "les consommateurs à se mobiliser pour refuser cette nouvelle hausse scandaleuse". La CNL note également que "les usagers qui ont installé des panneaux photovoltaïques sont floués car les économies réalisées sur leurs factures seront amoindries par la hausse de la Contribution au service public de l'électricité". Elle estime de plus qu'"il est scandaleux que les consommateurs comblent ce déficit d'EDF, entreprise qui réalise des profits importants, par ailleurs." La CNL précise enfin qu'elle a lancé une pétition pour demander le gel des loyers et le gel des prix des énergies.
Electricité : Réactions vives suite à l'annonce d'une éventuelle hausse des tarifs

Réaction des professionnels

Pour le Syndicat des Energies renouvelables (SER), les EnR sont un "bouc émissaire habituel"
Dans un communiqué, le SER dénonce le diagnostic ayant poussé à cette nouvelle hausse des tarifs et rappellent les éléments de coûts qui construisent ces charges de service public de l'électricité. La CSPE couvre ainsi les surcoûts liés : au financement de la production d'électricité à partir de la cogénération gaz ; à la péréquation tarifaire (c'est-à-dire le fait que les consommateurs des DOM COM paient un tarif identique aux consommateurs métropolitains malgré un coût de production de l'électricité plus important) ; au financement des énergies renouvelables électriques ; etc. Pour 2010, explique le SER "la Commission de Régulation de l'Energie rappelle que le financement des énergies renouvelables pèse pour 24 % de la taxe quand la cogénération gaz pèse 32 % et la péréquation tarifaire 41%". Même si le SER ne remet pas en compte le fait que la CSPE "ne suffit plus à couvrir les charges réelles de service public", le syndicat entend insister sur le fait que les EnR "si elles bénéficient d'un soutien financier à travers la CSPE, ne représentent pas aujourd'hui, à elles seules, une charge qui justifie l'augmentation de 3,2% de la facture électrique dont les médias se sont faits l'écho." Et de préciser qu'en "2010, les énergies renouvelables électriques auront coûté 6,3 euros par ménage."

Enerplan : une "injustice"

Même son de cloche chez l'association de professionnels Enerplan. "L'électricité solaire est faussement accusée." Et de souligner que la Commission de Régulation de l'Energie (CRE) note dans son rapport d'activité 2009 à propos des charges prévisionnelles 2010 pour la CSPE, "une hausse significative des charges liées à l'obligation d'achat évaluées à près de 1 240 M€, dont 528 M€ au titre des énergies renouvelables. Les charges liées a la péréquation tarifaire sont également en augmentation et s'élèvent à 918 M€". "Les chiffres sont têtus et ne peuvent mettre en accusation la charge financière du photovoltaïque, pour justifier la prochaine augmentation de l'électricité", ajoute-t-elle. Avant d'appeler de ses vœux en conclusion, à avoir "une approche transparente des enjeux financiers (...) pour éclairer les Français et ne pas les laisser croire, que le rattrapage de la CSPE en 2011 soit imputable à l'achat d'électricité solaire. Accuser de nouveau le photovoltaïque est à la fois injuste et infondé."
Réaction des professionnels

Réactions politiques - Electricité : Réactions vives suite à l'annonce d'une éventuelle hausse des tarifs

Côté politique, les critiques ont également plu sur cette annonce.

Pour Europe Ecologie "l'alibi des renouvelables ne tient pas"

Le rassemblement écologique Europe Ecologie a dénoncé dans un communiqué lundi que "Cette hausse décidée à la hussarde hors des mécanismes habituels interviendrait dans un contexte de dégradation sociale lourde, où les effets de la crise économique se font toujours ressentir sur les ménages, notamment les plus fragiles équipés de chauffage électrique, et alors qu'une forte hausse avait déjà eu lieu en août 2010". Selon lui, "l'alibi des renouvelables ne tient pas face aux errances nucléaires d'EDF" : "Il serait par ailleurs malhonnête d'imputer cette nouvelle hausse au soutien aux énergies renouvelables. Ce sont les choix stratégiques d'EDF que vont supporter les ménages : l'entêtement dans le nucléaire, les surcoûts du chantier de l'EPR à Flamanville, et le prolongement de centrales vétustes mais aussi les investissements hasardeux dans le nucléaire à l'étranger", explique-t-il.
Ségolène Royal, présidente PS de la Région Poitou-Charentes, a estimé quant à elle mercredi - dans une lettre à l'Elysée, relayée par l'AFP - qu'"Avec la nouvelle hausse des prix de l'électricité, le gouvernement se sert du prétexte des énergies renouvelables pour attaquer encore le pouvoir d'achat des ménages et augmenter les charges des entreprises". Pour elle, il s'agit de "relever progressivement les tarifs de 25% comme l'avait annoncé l'ancien président d'EDF". "Aujourd'hui, le gouvernement n'assume pas sa décision et EDF veut faire porter le chapeau aux énergies nouvelles, alors qu'il s'agit des coûts de production qui incluent les charges de renouvellement des centrales nucléaires", ajoute-t-elle, précisant que "le surcoût de construction du réacteur expérimental à fusion nucléaire Iter porte la facture globale à 15 milliards d'euros". Elle conclut enfin que cette hausse est pour elle, "le signe d'une remise en cause supplémentaire du Grenelle, un nouveau recul".
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