L'HABITAT SOUS TOUS LES ANGLES

Ces particuliers qui deviennent hôteliers

Par Propos recueillis par P.P.
,
le 27 novembre 2007
Thomas Lamson, DG Christie+co
Thomas Lamson, DG Christie+co © Christie+co - DR
Qui n'a pas entendu quelqu'un l'évoquer dans son entourage ou n'y a pas pensé soi-même ? Changer de vie, partir à la campagne, ouvrir un petit hôtel… Thomas Lamson, directeur général France de Christie+Co y a lui-même songé un jour ! Maintenant il s'occupe de mener à bien les transactions. Et vous livre quelques conseils pour bien démarrer cette nouvelle vie !
MAP : Ce type de transactions connaît-il un engouement ? Quel est le profil type des particuliers qui franchissent le cap ?
Thomas Lamson : Il n'y a pas vraiment d'engouement particulier, mais l'attrait est évident. Cela n'est pas forcément dû à une volonté radicale de changer de vie, mais également à la recherche de plus de calme, de sérénité, un retour à la tradition, à la nature, mais aussi à un repli sur soi, quitter une vie stressante… Aujourd'hui, ce type de transactions recouvre 1/4 de notre activité. Nous avons ainsi vendu environ 2000 chambres depuis le début de l'année. Quant au profil de l'acquéreur, il est très variable. Il n'y a pas de règle, cela peut être un ancien cadre hôtelier comme une personne issue d'un milieu totalement différent. Ce qu'il y a de sûr, c'est que le particulier doit avoir un vrai sens des affaires, de la gestion d'entreprise. Les banques ne prêtent qu'à ceux qui ont le plus d'expérience donc le profil de départ compte énormément.
MAP : Est-ce indispensable d'avoir un apport ?
T.L. : L'apport est essentiel et doit couvrir de 20 à 30% du prix d'acquisition. Souvent il viendra de la vente de son habitation principale. C'est l'avantage de l'hôtelier : l'habitation sert de salaire, il vit dans ses murs. Le particulier aura ainsi avec 200.000€ la possibilité d'acheter un hôtel à 600.000€.
MAP : On ne s'improvise pas hôtelier…
T.L. : En effet, il faut bien préparer sa reconversion. C'est une mini-PME, cela nécessite donc des compétences comptables et financières, dans la gestion de personnel, des notions d'architecture et de technique pour la rénovation, un sens commercial… L'hôtellerie est une profession multi-casquettes, ce n'est pas que être chez soi et gérer sa propre entreprise.
MAP : Justement, quels conseils donneriez-vous au particulier qui souhaite se lancer ?
T.L. : L'hôtellerie, c'est un challenge, un truc à soi : cela doit être créateur de valeurs. Le point le plus important est la localisation. Trouver un hôtel bien situé, pas forcément en bon état, dont le prix sera de fait peu important : cela permettra de réaliser ensuite une bonne marge, grâce à un business plan réfléchi. Le goût et la déco sont très importants : il faut se démarquer, créer des concepts, sans non plus s'enfermer dedans pour ne pas lasser les clients. Une rénovation d'hôtel doit avoir lieu tous les 5 à 7 ans : il faut donc penser à mettre de 3 à 5% du chiffre d'affaire dans une "réserve pour rénovation". La maintenance quant à elle doit également être prise en considération, à hauteur de 2,5% du chiffre d'affaire annuel. Un hôtel, ce n'est pas juste recevoir ses amis : il faut penser à tout cela ! Avoir la tête sur les épaules, choisir un bon endroit, bien travailler son business plan et mesurer tout ce qu'il faut faire… Tout cela pour savoir où l'on va !
Ces particuliers qui deviennent hôteliers
Nous vous recommandons

Visite en images de cette étonnante demeure qui jongle entre tradition et modernité, opacité et transparence, formes compactes et volumes généreux.

 
Recevez gratuitement
La newsletter Maison à Part
L'e-magazine de l'habitat sous tous les angles
Vous pouvez vous désabonner en un clic