Idéobain 2026 : quelles tendances pour la salle de bain ?

    Publié le 9 octobre 2026 par Claire Tardy
    Hubert Maitre, secrétaire général de l'Afisb, lors de l'Edition Speciale de Batimat
    Hubert Maitre, secrétaire général de l'Afisb, lors de l'Edition Speciale de Batimat © Batiactu
    ÉDITIONS SPÉCIALES. Douches plus généreuses, matériaux aux effets toujours plus réalistes, touches de couleurs et équipements plus silencieux : la salle de bain poursuit sa transformation. Mais derrière les évolutions esthétiques, Hubert Maitre, secrétaire général du syndicat de la salle de bain (Afisb), souligne un enjeu essentiel : la durabilité des équipements, leur réparabilité et la disponibilité des pièces détachées. Regardez cet entretien réalisé sur le salon Idéobain.
    Du 28 septembre au 1er octobre 2026, le salon Idéobain, organisé au centre des expositions de la Porte de Versailles, a réuni les professionnels du secteur autour des dernières innovations en matière d'aménagements et d'équipement. A cette occasion, Hubert Maître, secrétaire général du syndicat de la salle de bain (Afisb), a décrypté pour Maison à part les grandes tendances de l'année et les enjeux qui façonnent l'avenir de cette pièce de la maison.
    Longtemps cantonnée à sa fonction pratique, la salle de bain s'affirme comme un véritable espace de confort, où les choix esthétiques côtoient des exigences techniques toujours plus pointues. Au salon Idéobain, les fabricants ont présenté des solutions qui répondent autant aux nouvelles attentes en matière d'aménagement qu'aux enjeux d'acoustique, d'étanchéité et de durabilité.
    Quelles grandes tendances se dessinent actuellement dans l'univers de la salle de bain ? Quelles sont, selon vous, les évolutions les plus marquantes cette année ?
    Idéobain est un salon professionnel et les solutions présentées sur les stands des fabricants étaient davantage dédiées au bâtiment, avec des réponses liées aux problématiques de l'agencement et de la réglementation. On aborde ainsi des sujets spécifiques liés à l'espace douche qui s'est considérablement agrandi, à la stabilité, à l'acoustique et à l'étanchéité. Nous avons aussi observé beaucoup de propositions dans des matériaux très colorés, avec des effets de matières toujours plus surprenants.
    Les solutions progressent énormément en termes d'acoustique, notamment en ce qui concerne les chasses d'eau. Ce n'est pas une révolution, mais pouvoir tirer la chasse d'eau à 3h du matin sans faire de bruit est un gain de confort considérable. C'est l'un des nombreux développements qui se généralisent chez tous les fabricants.
    Observez-vous de nouveaux usages de la salle de bain ? Certains sont-ils plus ou moins importants aujourd'hui ?
    Il y a clairement une volonté plus marquée de prendre plus de douches et d'avoir éventuellement plusieurs solutions de douche dans les logements. Cela peut évidemment être dans des espaces de douche dédiés, mais aussi dans des baignoires, alors plus larges. L'espace douche voulu par les Français est très ouvert, très transparent et au décor assez minimaliste.
    Ces décors sont, pour beaucoup, des reproductions de matières, qui imitent souvent les originaux en termes de qualité. Cela est vrai pour le bois, pour la pierre, ou encore le granit, avec des carrelages très grands formats et des panneaux en synthèse.
    La multiplication de ces surfaces qui reproduisent les matériaux naturels correspond-elle à la tendance du bien-être dans la salle de bain ?
    Oui, la salle de bain est ce qu'elle est. Dans le neuf, la salle de bain principale s'est agrandie avec un rayon de manœuvre de 1,50 mètre environ. Ce n'est plus une pièce étroite, mais un espace où les gens peuvent se faire plaisir. Il n'y a plus de différence fondamentale entre les matériaux utilisés dans les salons, les cuisines ou les salles de bain, ce sont pratiquement les mêmes matières aujourd'hui dans tous les espaces.
    Vous voulez dire que la salle de bain est traitée comme n'importe quelle autre pièce de la maison ?
    Oui. Aujourd'hui, dans les appartements neufs, on a réuni l'entrée, la salle à manger, le salon et la cuisine dans une seule pièce. Donc, par définition, vous retrouvez le même univers dans ces quatre espaces, et la salle de bain n'y échappe pas. Il faut néanmoins être prudent, car forcément le décor reviendra un jour d'une façon ou d'une autre. C'est déjà le cas avec les panneaux papier peint, de manière un peu architecturale.
    Il n'y a pas de retour de la couleur dans la salle de bain ?
    Si, il y a des tentatives sur des éléments ou des pièces spécifiques, comme les receveurs. J'en ai vu sur le salon avec des couleurs incroyables : des tonalités brique ou jaunes. Quelques vasques sont aussi proposées de la même couleur que les meubles, mais cela reste par touches et ne concerne pas tous les appareils sanitaires. La période total look est terminée.

    Comment les préoccupations environnementales transforment-elles l'offre des fabricants ?

    D'abord, les fabricants font face aujourd'hui à des tsunamis réglementaires européens et français. Il est déjà difficile d'arriver à les suivre. Nous, le message que nous voulons faire passer concerne la durabilité des salles de bain. La première qualité d'un objet, d'un appareil sanitaire, c'est de durer. Or, plus on le dit et plus les consommateurs font le contraire en achetant des produits très fragiles.
    La durabilité passe notamment par la durée de disponibilité des pièces détachées. C'est le premier indicateur et il va devenir obligatoire avec la réparabilité. Ce qui est étonnant aujourd'hui, c'est qu'il ne s'est jamais vendu autant de produits du grand import sans pièces détachées et non réparables.
    Après, il y a la garantie, qui va aussi devenir obligatoire pour les produits de construction. La garantie affichée doit être supérieure à deux ans, soit la durée de garantie légale. Les fabricants ne vont donc plus discuter de la durée de vie de leur produit, mais plutôt de la durée de disponibilité des pièces détachées.
    Les éco-organismes nous accompagnent aussi sur le taux de matières recyclées, les émissions de CO2 et l'un des autres indicateurs est la provenance et le pays de fabrication.

    L'acheteur est-il réceptif à tous ces critères ?

    Il faut informer l'acheteur, professionnel ou particulier. L'acheteur a une responsabilité quand il achète sur Internet des produits en provenance de l'autre bout du monde. Ce ne sont pas les fabricants européens qui en sont responsables. Il faut donc lui donner les éléments pour lui permettre de choisir en responsabilité. Ainsi, il n'achètera pas forcément les produits les moins chers, mais ceux qui dureront le plus longtemps. Et peut-être que, finalement, ce sera moins cher pour lui.
    Idéobain 2026 : quelles tendances pour la salle de bain ?
    Partagez cet article
    Articles qui devraient vous intéresser
     
    Recevez gratuitement
    La newsletter MAP
    L'e-magazine de l'habitat sous tous les angles
    Vous pouvez vous désabonner en un clic