Quelles tendances pour les extérieurs en 2026 ?

    Publié le 20 février 2026 par Claire Tardy
    Terrasse aménagée
    Terrasse aménagée © L'esprit au vert
    TENDANCES. Plus fonctionnels que spectaculaires, plus durables que démonstratifs, les extérieurs de 2026 favorisent le confort et le respect du vivant. Du jardin connecté aux aménagements plus responsables, tour d'horizon des grandes tendances qui redéfinissent les terrasses et les jardins.
    Les extérieurs confirment leur mue en 2026, initiée au lendemain de la pandémie et des nouveaux besoins qu'elle a inspirés. Longtemps pensés comme de simples écrins décoratifs, les jardins, terrasses, balcons et patios s'imposent un peu plus comme de véritables extensions de l'habitat, des lieux de travail et espaces publics.
    Quête de fonctionnalité, intégration des technologies connectées, préférence pour les végétaux endémiques, exigences de durabilité, les aménagements paysagers doivent désormais répondre à des attentes en évolution profonde. Les particuliers comme les professionnels ne recherchent plus seulement le beau, mais demandent des espaces à vivre et à partager, sans renoncer au respect du vivant.
    Découvrez quels sont ces nouveaux besoins à travers les grandes tendances du secteur pour 2026.
    Balcon optimisé
    Balcon optimisé © Pousse
     

    Des jardins plus utiles que décoratifs

    Les extérieurs ne sont plus de simples paysages à contempler par la fenêtre. L'esthétisme et le spectaculaire laissent de plus en plus leur place à l'usage et à la fonctionnalité. Si la pandémie a fait naître la notion de pièce de vie supplémentaire pour les jardins et les terrasses, les clients, particuliers ou institutionnels, sont davantage en demande d'extérieurs utiles.
    "Les particuliers souhaitent pouvoir utiliser leur extérieur pour recevoir leurs amis ou créer des espaces de jeu pour leurs enfants, quand, dans les bureaux, il est question de pouvoir y organiser des séminaires, des déjeuners, des ateliers ou tout simplement en faire des espaces de pauses", détaille Arthur Delrieu, fondateur et CEO de l'entreprise Pousse, avant de poursuivre : "Les gens ne nous approchent plus pour le style, mais pour prolonger les intérieurs et créer des pièces supplémentaires."
    Donner de l'usage à un extérieur, faire en sorte de créer une zone inspirant le bien-être, est aussi un moyen d'y investir et de générer un retour sur investissement à la revente du bien. "Plus on multiplie les espaces utiles, plus les gens vont se projeter à l'achat", poursuit Arthur Delrieu.
    Pergola sur terrasse
    Pergola sur terrasse © Apis Florae
     
    Mais l'utilité d'un jardin ne s'arrête pas là et concerne l'environnement sur un plan plus large. Joachim Renassia, fondateur de l'entreprise Apis Florae, considère ainsi que "le paysagisme est de moins en moins considéré comme un habillage ou un artifice, mais davantage comme une vraie réponse aux enjeux climatiques : gestion des eaux pluviales, réduction des îlots de chaleur. On cherche aussi à créer des continuités écologiques, soit à connecter la parcelle à son environnement pour permettre le déplacement de la faune et de la flore."
    Un constat que fait également le paysagiste Philippe Delage de Luget, fondateur de l'Esprit au vert : "Avant, il y avait la volonté du beau, de l'exotisme, du spectaculaire. Maintenant, il s'agit plus de fonction et de durabilité."

    Un jardinage connecté

    Les outils connectés pour le jardin se démocratisent et sont de mieux en mieux accueillis par les propriétaires de jardins et de terrasses, comme une aide précieuse à leur entretien. "Il y a de plus en plus d'informations et de données accessibles, que ce soit pour l'arrosage automatique avec la pluviométrie ou sur les besoins hydriques et autres des plantes. Les capteurs et les appareils connectés aident à entretenir les plantes et à faire perdurer le vivant", explique Philippe Delage de Luget.
    Si ces outils sont de mieux en mieux acceptés, c'est que l'entretien des extérieurs est un vrai sujet pour les clients, désireux de respecter le vivant sans pour autant pouvoir y consacrer beaucoup de temps. "Nos clients demandent des aménagements avec le moins d'entretien possible et une consommation d'eau raisonnée. Cela passe par moins de pelouse, plus de minéral, des terrasses plus grandes ou encore l'installation d'un système d'arrosage automatique. Les clients sont ainsi conscients que la robotique est de plus en plus présente", complète Arthur Delrieu.
    Sur une vision à plus long terme, Joachim Renassia se pose la question de la place que prendra l'intelligence artificielle dans le paysagisme au cours des prochaines années : "Il y a un risque de remplacement partiel sur les questions techniques de certains métiers, mais les aspects perception et émotion que seul l'humain peut gérer ne disparaîtront pas."
    Composition végétale
    Composition végétale © L'esprit au vert
     

    Un retour à la nature dans son expression la plus simple

    Paradoxalement à toutes ces avancées technologiques, la nature reprend ses droits dans les jardins. Les sujets exotiques, faits pour impressionner malgré l'attention qu'ils demandent, sont délaissés au profit d'espèces endémiques, autonomes dans leur environnement, comme pour laisser les compositions se faire naturellement. "On nous demande des végétaux mieux adaptés au climat local et notre expertise est de mieux en mieux utilisée pour s'assurer que tous les éléments soient bien pris en compte au moment de la plantation, afin de faire durer les végétaux", confie Arthur Delrieu.
    Le retour à la nature se retrouve aussi dans le choix des matériaux, avec plus de produits bruts comme le bois et moins de béton. "C'est une dichotomie intéressante entre le développement d'une extrême modernité pour le vivant et la recherche d'une nature dans son expression la plus simple", analyse Philipe Delage de Luget. Le paysagiste remarque aussi la popularité montante des matériaux faciles à entretenir et nettoyer, comme la céramique.
    Composition végétale
    Composition végétale © Apis Florae
     

    Réutiliser l'existant pour créer

    Toujours dans cette dynamique de respect de la nature, la réutilisation de l'existant prend de l'ampleur dans les extérieurs. Les végétaux ne sont plus jetés pour être remplacés, l'eau est économisée et les matériaux trouvent une seconde vie pour économiser les ressources.
    "Je reçois de plus en plus de demandes de transplantation des végétaux. Les gens refusent désormais de les tuer ou de les jeter et favorisent leur déplacement. Aussi, certaines villes imposent, lorsqu'un sujet meurt, d'en replanter plusieurs pour compenser son absence", observe Philippe Delage de Luget. De manière plus générale, le paysagiste constate que l'écologie prend une place de plus en plus importante dans la ville comme dans le comportement des particuliers, pour faire perdurer le vivant le plus longtemps possible et préserver nos ressources.
    Terrasse fonctionnelle
    Terrasse fonctionnelle © Pousse
     

    Des aménagements durables

    Lorsque la conservation de l'existant n'est pas possible, les choix se portent davantage sur des solutions durables dans le temps. La qualité des produits pour les extérieurs est de plus en plus regardée. "On se rend compte que les éléments achetés à bas prix ne durent pas longtemps. Aujourd'hui, les gens prennent conscience qu'acheter plus cher un mobilier durable et intemporel est une économie faite sur la durée", constate Arthur Delrieu.
    Dans cette optique, les matériaux privilégiés sont les matières minérales, les essences nobles de bois, l'acier et le métal de manière plus générale.
    Des choix qui se font toutefois avec raison et attentisme dans un contexte économique et politique chahuté. "On sent que les clients sont en attente pour prendre des décisions et phaser les projets", temporise Joachim Renassia.
    De manière générale, les végétaux prennent une place de plus en plus importante dans notre quotidien et nos environnements, de travail, de résidence ou même urbains, au fur et à mesure que s'accroît la prise de conscience écologique. "La tendance liée au besoin de nature en ville, de se retrouver dans un cocon de verdure pour se déconnecter du quotidien, reste forte", conclut Joachim Renassia.
    Quelles tendances pour les extérieurs en 2026 ?
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