Sauver un lieu de mémoire

    Publié le 13 septembre 2007 par Céline Chahi
    Comité Laennec-Turgot
    Comité Laennec-Turgot © Comité Laennec-Turgot
    La cité Lannec-Turgot, site historique en plein cœur de Paris, devrait être bientôt réhabilité par un promoteur immobilier. Des bénévoles, réunis au sein d'un comité, se battent pour obtenir l'accessibilité au lieu.
    Laennec-Turgot est un site historique qui abrite une belle chapelle, une cour d'honneur, un jardin potagé et l'ancien hôpital Laennec. En 2000, les riverains ont appris que ce vaste ensemble de briques et de pierres, d'une superficie de 4 hectares, avait été vendu à la Cogedim, un promoteur immobilier.
    Son projet ? Restaurer les monuments historiques implantés sur le site, réhabiliter les bâtiments situés entre la rue de Sèvres et la rue de Vaneau pour en faire des bureaux administratifs et commerciaux, et, enfin, construire un immeuble neuf en fond de parcelle du côté de la congrégation des sœurs de Saint-Vincent de Paul. Mais là où le bât blesse c'est qu'une fois les travaux terminés, la Cogédim compte interdire l'accès du site au public.

    Un comité en action

    Trois associations, l'Association Cherche-Midi qualité de vie, la Société des Amis de Turgot et la Société française d'Histoire des Hôpitaux, se sont regroupées pour former un comité qui a engagé une action contre la Cogedim. Il compte dans ses rangs des personnalités de tout horizon telles que l'écrivain Régine Deforges, l'ancien ministre Robert Badinter ou encore Stéphane Hessel, ambassadeur de France. Son objectif ? Défendre la valeur culturelle, patrimoniale et sociale du site. Les bénévoles demandent un droit de passage sur le site chargé d'histoire. « Nous réclamons simplement la création d'un accès à la cour d'honneur, au jardin potager et à la chapelle depuis la rue de Sèvres » explique Arlette Visal Naquet, présidente de l'association Cherche-Midi qualité de vie avant de poursuivre « nous ne comprenons pas comment on peut empêcher les gens de pénétrer dans un lieu dont l'histoire est si passionnante. La chapelle abrite les tombeaux de la famille Turgot, ce n'est quand même pas rien ! ». D'autres idées ont été proposées pour conserver la mémoire « de ce joyau prestigieux du patrimoine ». Les membres du comité espèrent convaincre la Cogédim de réaliser une exposition permanente consacrée au Plan Turgot ou d'aménager le potager dans l'esprit d'un potager médical du XVIIe siècle avec des visites organisées pour les enfants. « Ce combat s'inscrit dans le contexte d'un combat national pour la défense des anciens Hôtels Dieu, fondations caritatives ancêtres des infirmeries et des hôpitaux d'aujourd'hui » commente Arlette Visal Naquet.

    Une borne et c'est tout !

    Jusqu'ici la Cogedim a rejeté en bloc les différentes propositions du comité. En Novembre 2006, elle a toutefois suggéré l'installation d'une borne historique dans la rue de Sèvres et d'un panneau style « paysages et jardins dans le potager ». « Cette borne ne va pouvoir contenir que 40 mots. C'est un peu juste pour résumer l'histoire d'un tel lieu ! » ironise Arlette Visal Naquet. Maison à Part a tenté de joindre la Cogedim pour en savoir plus mais celle-ci n'a pas pu nous répondre « faute de temps »...

    Mobilisation accrue

    Malgré ces refus, le comité est bien décidé à poursuivre son action. Après sept ans d'attente, le coup d'envoi des travaux vient juste d'être donné. Un observatoire a donc été récemment mis en place pour surveiller le travail des promoteurs immobiliers. Une pétition a par ailleurs été mise en ligne sur Internet. Les membres du comité comptent intensifier leurs actions jusqu'aux les élections municipales qui auront lieu au mois de mars. Prochain rendez-vous : les 15 et 16 septembre prochains, au 42 rue de Sèvres, dans le 7e arrondissement. Une réunion d'informations est organisée à l'occasion des journées du patrimoine.
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