Le granit de Chine met les habitants de la ville Rose dans une colère noire

    Publié le 27 juin 2011
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    toulouse © Ville de Toulouse
    La grande rue commerçante de Toulouse sera pavée de granit noir chinois plutôt que de roche produite dans les nombreuses carrières locales. Depuis cette annonce, la municipalité socialiste de Toulouse essuie le feu des critiques : défaut de patriotisme, atteinte aux prescriptions de l'écologie...
    Près de deux hectares de la très fréquentée rue Alsace-Lorraine, à Toulouse, seront revêtus pour l'essentiel de granit noir venu de Chine, ce qui crée un sacré tumulte dans la ville rose.
    En effet, Bruno Fortier, architecte parisien, a prévu de paver la rue en noir alors que la roche locale est grise. Le député du Tarn (81), Philippe Folliot, s'insurge contre un "choix désastreux" et se dit "profondément choqué" que l'agglomération n'ait pas fait appel au bassin du Sidobre, dans le sud du Tar, qui représenterait plus de 50 % de la production française. "On peut toujours discuter des goûts et des couleurs", mais ce type de granit noir est produit uniquement en Asie et en Afrique, rétorque Etienne Morin, adjoint au maire. De plus, souligne-t-il, même si le gris avait été choisi, il n'est pas sûr que le bassin du Sidobre eût été en mesure de fournir les volumes requis. "Les règles en France d'exploitation des carrières sont extrêmement dures. Pour des raisons de défense de l'environnement, les exploitants ne peuvent pas débiter autant qu'ils veulent", explique l'adjoint qui assène : "Les Chinois ont d'énormes carrières avec des capacités d'extraction extrêmement importantes, sans que les conditions environnementales ne les étouffent". De plus, d'après Etienne Morin, le coût du transport est faible car "le granit sert à lester les bateaux".

    Une rénovation pas très écologique

    Mis à part le discours patriotique ou plutôt franco-français, un "raisonnement écologique logique" témoigne de l'absurdité du choix de la part de la mairie de la ville rose. Et c'est là que le bât blesse, pour l'entrepreneur, membre du syndicat professionnel Unicem, qui pense que la mairie aurait surtout "dû prendre en compte l'argument écologique. Il y a quelque chose qui ne va pas. Pas besoin d'avoir fait math' sup' pour savoir que transporter du granit sur 10.000 km, ça produit du CO2 !".
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