Cédric Klapisch : "Il y a une notion d'aléatoire dans la déco"

    Publié le 22 janvier 2026 par Claire Tardy
    "Quand l'espace est bien plus qu'un décor au cinéma", Maison&Objet
    "Quand l'espace est bien plus qu'un décor au cinéma", Maison&Objet © Claire Tardy
    INSOLITE. Invité à une conférence organisée par le cabinet de stratégie créative Goodmoods, à l'occasion du salon Maison&Objet, le réalisateur Cédric Klapisch a livré sa vision de la décoration, en lien avec son œuvre cinématographique.
    Dans ses films, Cédric Klapisch met un point d'honneur à montrer la réalité et cela passe par les intérieurs qu'il imagine pour ses personnages. "Je m'attache à rendre une atmosphère réelle, en faisant des repérages en amont pour bien comprendre les endroits que je filme", partageait le réalisateur lors de la conférence "Quand l'espace est bien plus qu'un décor au cinéma...", organisée à l'occasion du salon Maison&Objet.
    Paris, Barcelone, Saint-Pétersbourg, Londres, New York, les films de Cédric Klapisch dressent bien souvent le portrait de villes, donnant une importance particulière aux logements où se déroule l'action. Et leurs typologies sont variées : le squat du Péril Jeune, la colocation de L'Auberge Espagnole, l'appartement communautaire des Poupées russes, ou encore le contraste entre bâtiment neuf et ancien de Deux moi. "Il y a dans mes films une réelle interaction entre les personnages et le décor", confie le réalisateur.

    "Le bordel, c'est la vie"

    Pour réussir ces portraits, Cédric Klapisch crée de fausses réalités. "Dans les magazines de déco, on enlève souvent la vie des photos. Or pour moi, les intérieurs encombrés et en désordre décrivent la vie. Une cuisine, c'est bordélique", explique le réalisateur avant de conclure : "Le bordel, c'est la vie".
    "Il y a une notion d'aléatoire en déco, liée à l'évolution du lieu : l'arrivée des enfants, leur départ, Noël. J'essaie de montrer que les choses ne sont jamais aussi simples et pures qu'on aimerait", poursuit Cédric Klapisch.
    Le réalisateur s'applique aussi à décrire les espaces en lien avec l'état d'esprit du personnage. Dans Casse-tête chinois, par exemple, l'urbanisme de New York est confronté à la psychologie du héros.

    La notion de partage comme inspiration

    La pièce qu'il préfère dans la maison ? Le salon, pour son côté collectif. "J'habite dans un loft depuis 27 ans, j'ai donc un grand salon où j'ai même installé mon bureau", confie-t-il.
    "J'ai un rapport spécial avec les canapés car c'est un meuble collectif qu'on partage. Il pourrait presque faire l'objet d'un film", poursuit Cédric Klapisch.
    Cela aurait pu être le sujet de son prochain scénario s'il n'était pas déjà en train de travailler sur un long-métrage décrivant les coulisses d'une série, dont le tournage devrait commencer à l'automne 2026 pour une sortie au printemps 2027. "Il montrera notamment la construction d'un studio, de sa décoration, et abordera l'opposition entre réalité et fausse réalité."
    Cédric Klapisch : "Il y a une notion d'aléatoire dans la déco"
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