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Gaz et électricité : chassé-croisé des prix

Par M.D. et P.P.
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le 12 décembre 2008
Gaz facture électricité
Gaz facture électricité © DR
Le Gouvernement a fait savoir que le prix du gaz ne serait pas modifié immédiatement, mais peut-être en avril, malgré la baisse du coût des matières premières. Du côté de l'électricité, le PDG d'EDF a par ailleurs laissé entendre que le prix de l'électricité pourrait augmenter. Explications.
L'un ne baisse pas et l'autre est susceptible de monter... D'un côté, le Gouvernement a expliqué ne pas vouloir modifier actuellement les prix du gaz, pourtant directement liés à ceux du pétrole, qui connaissent, du fait de la crise, une forte baisse. De l'autre, Pierre Gadonneix, PDG d'EDF, a laissé entendre mercredi, lors d'une audition à l'Assemblée nationale, que le coût de l'électricité en France pourrait augmenter. Comment expliquer ce chassé-croisé des prix ?

Gaz : gel des prix jusqu'en avril

D'abord, le gaz : Luc Chatel, le porte-parole du gouvernement, a déclaré que le prix du gaz baisserait en avril "si les prix du pétrole sont maintenus à des niveaux aussi bas que maintenant". Pourtant, ces tarifs sont habituellement réévalués chaque trimestre par le gouvernement. Et du fait de la crise, le prix du pétrole (auquel est indexé celui du gaz) s'est effondré de 147$ le baril en juillet à moins de 50$ aujourd'hui. Alors pourquoi n'y a-t-il pas de baisse ? Les hausses précédentes - 4% en janvier dernier, puis de 5,5% en avril et de 5% en août, soit une hausse annuelle de 15,2% - avaient, elles, toutes été justifiées par le prix du pétrole ! Les associations de consommateurs sont donc montées au créneau pour s'insurger. La Confédération du logement et du cadre de vie (CLCV) a d'ailleurs demandé plus de transparence sur les processus d'indexation à la hausse et à la baisse entre les tarifs du gaz et les cours du pétrole.

Une "fleur" pour le consommateur ?

Selon nos confrères du Parisien - Aujourd'hui en France de vendredi, le Gouvernement aurait "bel et bien fait une fleur" aux usagers du gaz, le quotidien citant une "bonne source", "si l'on avait respecté la formule indexant les tarifs régulés du gaz sur la hausse moyenne du pétrole entre juin et novembre, on aurait abouti à une hausse au 1er janvier de 2,5% à 3%." Une augmentation injustifiable aux yeux des Français. Le gel interviendrait donc pour mieux annoncer une baisse au printemps qui pourrait être de 8%.

Electricité : une future hausse des prix ?

Du côté de l'électricité, le constat est sans appel : "Nous commençons à voir les signes d'un ralentissement de la consommation industrielle, essentiellement dans les secteurs les plus touchés par la conjoncture : le bâtiment, la sidérurgie, l'automobile", a expliqué le Pdg d'EDF, Pierre Gadonneix, mercredi, lors d'une audition à l'Assemblée nationale. La consommation domestique ne montrerait pas de signes de ralentissement pour le moment. Selon les estimations d'EDF, la baisse de consommation industrielle serait de l'ordre de quelques pour cent, alors que celle de la consommation globale se situerait autour de 1%.
Alors que le gouvernement a déjà exprimé sa désapprobation sur ce sujet, Pierre Gadonneix a néanmoins laissé entendre que le coût de l'électricité en France pourrait augmenter. "Les prix de l'électricité ont baissé depuis 15 ans. C'est clair que ça ne peut pas continuer", a-t-il estimé. Il a expliqué que le coût de production de l'électricité par EDF se situait entre son "coût comptable" (35 euros par MWh en 2007) et le coût de construction des nouveaux réacteurs - 54 euros par MWh pour celui de Flamanville dans la Manche, dont la facture du chantier est d'ailleurs en hausse de 20%.

Des SMS pour réduire la consommation d'électricité en Bretagne

Le réseau français de transport d'électricité (RTE) vient de lancer le système "EcoWatt" à base de SMS pour que les Bretons modèrent leur consommation d'électricité. Objectif : éviter une saturation du réseau.
Le réseau français de transport d'électricité (RTE) vient de lancer le système "EcoWatt" en Bretagne afin d'aider les particuliers à réduire leur consommation d'énergie.
Ce procédé consiste à envoyer des SMS aux particuliers pour éviter une coupure d'électricité, mais également pour limiter les émissions de gaz à effets de serre. L'hiver dernier, la Bretagne s'était retrouvée au bord de la rupture d'approvisionnement. Près de 100.000 personnes se sont mobilisées pour réguler leur consommation. La Bretagne, qui produit localement à peine 7% de sa consommation d'électricité, dépend des autres régions pour son approvisionnement.
Actuellement, seules 3.500 personnes se sont inscrites pour profiter du système EcoWatt.
Gaz et électricité : chassé-croisé des prix
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