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Un logement collectif chauffé à la paille

Par Céline Chahi
,
le 18 février 2008
Logement collectif Loir et Cher - chauffage paille
Logement collectif Loir et Cher - chauffage paille © DR
L'Opac du Loir-et-Cher a fait savoir début février qu'elle remplaçait la chaufferie de l'un de ses logements situé sur la commune de Droué. Une annonce somme toute assez banale mais qui suscite un vif intérêt : la nouvelle installation est en effet alimentée en granulés de paille !
Des granulés de paille pour chauffer un bâtiment collectif… L'Office public d'aménagement et de construction du Loir-et-Cher (Opac 41) a osé ! Ce dernier vient en effet en partenariat avec l'Etat, le département, les pays du Vendômois et Beauce Val de Loire et la coopérative céréalière Agraly, de remplacer la chaufferie au fuel de l'un de ses logements sociaux par une installation fonctionnant avec des granulés de paille. Une première en France !
Une solution de chauffage écologique
Cette initiative s'inscrit dans la perspective du Grenelle de l'environnement puisque l'utilisation de ce combustible ne participe pas à l'augmentation des gaz à effet de serre. Selon les estimations des différents intervenants présents lors de l'inauguration, le 7 février dernier, cette nouvelle chaufferie permettrait "d'économiser chaque année 90 tonnes d'émission de CO2". L'autre point positif, c'est que ce type de d'installation présente un très bon bilan énergétique. L'énergie produite par la chaufferie dépasse en effet celle nécessaire à la culture de la paille et à la fabrication des granulés. Des dépenses réduites également au niveau de l'acheminement puisque la matière première se trouve à quelques kilomètres seulement de son lieu de transformation (à Marchezais, en Eure-et-Loir) et de sa destination finale, à savoir le bâtiment de l'Opac, situé à Droué, petite commune du Loir-et-Cher.
Valorisation d'une ressource locale
Logement collectif Loir et Cher - chauffage paille
Logement collectif Loir et Cher - chauffage paille © DR
 
Le Conseil général du Loir-et-Cher se félicite d'avoir trouvé un bon moyen de valoriser l'une de ses ressources locale : la paille, abondamment cultivée dans le département. Comme il le souligne, si cette nouvelle technologie est reprise à une plus grande échelle, cela pourrait déboucher sur la création d'emplois puisque seuls des acteurs locaux et régionaux sont sollicités tout au long du processus de fabrication.
Un cycle qui surprend d'ailleurs par sa simplicité : la paille est récoltée dans les champs puis acheminée jusqu'à une coopérative gérée par un prestataire d'Agralys pour être transformée en granulés. Ces derniers sont directement versés dans un silo de 40 m3 situé dans les sous-sols de l'immeuble. La chaudière n'a plus qu'à puiser dans le silo pour s'alimenter et fournir ainsi de l'énergie pour le chauffage et l'eau chaude sanitaire. Il ne reste plus qu'à récupérer les cendres et à les valoriser par épandage.
Des économies financières pour les locataires
D'après les études réalisées par l'Opac sur le marché des énergies, il semblerait que l'utilisation de la paille permette aux locataires de réduire de 30% leur facture énergétique. Le prix du kilowatt heure pour les granulés de paille est en effet de 0,033 € contre 0,073 € pour le fuel. Une différence de prix qui s'explique notamment par le fait que "les granulés de paille ne sont pas soumis aux variations de prix du pétrole et de ses dérivés". Sans oublier que le KWh utile, c'est-à-dire l'énergie directement utilisable dans les locaux à chauffer, est également moins cher pour la paille (0,055 €) que pour le fuel (0,093 €). Des tarifs qui auront une répercussion directe sur les charges de chauffage. Ces dernières devraient être ajustées "après un bilan de la saison en cours". Une bonne nouvelle pour les occupants des 38 logements concernés !
Un logement collectif chauffé à la paille
 
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