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Bambous et roseaux assainissent les eaux

Par P.P.
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le 5 mars 2008
phytorem station épuration bambou vezins
phytorem station épuration bambou vezins © Lieu dit "le métreau", Vézins - CA du Chotelais
La commune de Vezins en Maine et Loire est devenue en janvier dernier la première ville de France équipée d'un concept novateur d'assainissement des eaux usées par le végétal. Découvrez l'action étonnante des bambous et des roseaux dans le traitement des eaux.
Cela paraît simple : trois filtres de roseaux de 960 m2 chacun qui épurent la plupart des effluents, trois lagunes de 4.000 m2 qui assurent "un traitement complémentaire sur les paramètres azote et phosphore" et une bambouseraie d'environ 11.000 m2 pour "le traitement tertiaire sur le phosphore." Des champs de végétaux comme les autres ? Non : une station d'épuration "nouvelle génération" ! Ce dispositif d'assainissement naturel a été inauguré fin janvier sur la petite commune de Vezins (1600 habitants), dans le Maine et Loire.
Au bout du processus de filtrages successifs, l'eau assainie est rejetée dans la rivière de l'Evre attenante. Le choix de ce dispositif a d'ailleurs été guidé par les caractéristiques propres de cet affluent de la Loire, particulièrement sensible. "Cette sensibilité du milieu récepteur (...) a nécessité une attention particulière à la conception des ouvrages afin d'assurer un traitement très poussé des effluents avant leur rejet, tout en garantissant une période de non rejet vers la rivière pendant trois mois de l'année" l'été, expliquent les initiateurs du projet.

La technologie du Bambou Assainissement®

Vezin station épuration bambou concept
Vezin station épuration bambou concept © La station s'épuration végétale de Vezin - CAC
 Comment cela marche ? Tout part de la technologie du Bambou Assainissement® mise en place en France par l'entreprise Phytorem basée à Miramas (13). Elle est notamment fondée sur les propriétés naturelles épuratrices du bambou, une plante en continuelle renouvellement, au feuillage persistant et qui ne gèle pas. Les bambouseraies sont en plus très belles, ce qui ne gâche rien ! Le procédé mis en œuvre est la phytomédiation sur sol en place. Le système souterrain de rhizomes et racines du bambou "forme un maillage dense qui favorise le développement de bactéries capables de dégrader les polluants contenus par les effluents en leur apportant l'oxygène dont elles ont besoin" explique-t-on chez Phytorem. Et les matières ainsi formées nourrissent à leur tour les bambous... Sans oublier que les tailles de bambous régulières permettent leur recyclage par d'autres filières, comme le mobilier ou le parquet !
D'ailleurs, la communauté d'agglomération du Chotelais, porteuse du projet de Vezins y compte bien : "le fauchage partiel des roseaux et des bambous chaque année permet de réutiliser ces végétaux en compostage (roseaux) et dans l'artisanat." Au final, elle gagne une station s'épuration qui n'en semble pas une, à faible consommation d'énergie et aux coûts d'exploitation réduits. La station se visite même telle n'importe quelle promenade bucolique!
vezin pendant les travaux
vezin pendant les travaux © Pendant les travaux à Vezins - CAC
 Un mode d'épuration en plein développement
Domaines viticoles, camping, moulin à huile, entreprises agroalimentaires... Jusqu'à présent surtout associée à des projets liés au secteur agricole notamment viticole, ce dispositif d'assainissement intéresse de plus en plus les collectivités. Après Vezins, Phytorem travaille déjà pour les villes de Saint Leu sur l'Ile de la Réunion et de Sillé le Guillaume dans la Sarthe.
Bambous et roseaux assainissent les eaux
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