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Assurances : Bercy confirme la hausse et encourage la concurrence

Par Rouba Naaman
,
le 24 janvier 2011
Assurance habitation
Assurance habitation © MAP
En décembre 2010, suite à l'annonce d'une augmentation des tarifs des assurances habitation en 2011, Christine Lagarde avait missionné la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). Son rapport confirme que c'est l'augmentation des sinistres qui est répercutée sur les tarifs. La ministre de l'économie conseille aujourd'hui aux consommateurs de faire jouer la concurrence.
Après le branle-bas général dans le secteur de l'assurance, qui prédisait une hausse de ses tarifs en 2011, Christine Lagarde avait douté. La ministre de l'économie n'avait pas pris pour argent comptant les explications avancées en décembre 2010 par les assureurs, qui affirmaient que la hausse des tarifs était une conséquence de la multiplication des événements climatiques des douze derniers mois.
Elle avait donc demandé à la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) de vérifier les circonstances entourant cette hausse. Le rapport, rendu public le 22 janvier dernier, confirme bien l'argumentaire des assureurs, et souligne que depuis 2000, "les tarifs semblent bien suivre l'évolution de la sinistralité", aussi bien dans l'immobilier que dans l'automobile. Des résultats corroborés par la Fédération française des sociétés d'assurance (FFSA).

La hausse des sinistres et la crise en cause

Si les grilles tarifaires des assurances habitations varient, c'est en répercussion d'une balance : d'une part les primes (ce que vous payez à l'assureur), d'autre part les charges (ce que l'assurance verse lors d'un sinistre) et les frais de gestion. Sur la période 2000-2009, le bilan est "légèrement négatif", les charges étant plus importantes que les primes. "L'équilibre n'a été atteint que grâce aux produits financiers jusqu'en 2007" précise la DGCCRF. Ce qui n'est plus possible depuis, à cause d'un "retournement des marchés financiers, conjugué à une très forte hausse de la charge de sinistres".
Depuis 2009, le coût des sinistres est en effet un boulet dans l'équilibre financier des compagnies d'assurances. Pointées du doigt, les tempêtes Klaus, Quinten et Xynthia, les précipitations importantes ainsi que les chutes de neige. Résultat : la charge de la garantie "tempête-grêle-neige" (TGN) a subit une hausse de 225% entre 2008 et 2010, tandis que la part des autres charges restait stable. La forte augmentation de la fréquence des sinistres est aussi en cause, en particulier celle des incendies.
Par ailleurs, l'indice des prix des assurances multirisques habitation a augmenté de 37%, tandis que l'indice des prix à la consommation ne prenait que 20%. Dans l'assurance auto en revanche, les prix n'ont pas augmenté aussi vite, souligne le rapport de la DGCCRF, et ce grâce à une concurrence tarifaire beaucoup plus rude que dans l'assurance habitation.

La solution : faire jouer la concurrence ?

La concurrence, c'est justement la solution que propose Christine Lagarde pour palier à cette augmentation, décidément inévitable. "La perspective d'une hausse tarifaire est le moment pour le consommateur de remettre en concurrence son assureur avec d'autres entreprises" suggère la ministre dans un communiqué de presse. Un constat que fait également la DGCCRF, soulignant la "grande diversité des produits, des canaux de distribution et des moyens de comparaison" entre les différents assureurs.
Bercy rappelle enfin que la loi Chatel oblige l'assureur à prévenir l'assuré que son contrat arrive à échéance, et à lui indiquer la date jusqu'à laquelle il peut le résilier. Christine Lagarde a même demandé au Comité consultatif du secteur financier "de dresser un bilan de ce dispositif et de lui remettre ses propositions d'ici la fin du mois de février". En attendant, la balle est dans le camp du consommateur...
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