Conseil français des architectes d'intérieur CFAI © CFAI
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Simplifier ne doit pas exclure", affirme le Conseil français des architectes d'intérieur (CFAI), dans une tribune publiée sur les réseaux sociaux le 20 mars 2026. L'association, qui représente et fédère les architectes d'intérieur ainsi que les établissements d'enseignement supérieur reconnus, réagit à la réforme portée par le Conseil national de l'ordre des architectes (Cnoa), visant à revoir les autorisations de construire. Elle appelle à un "
débat ouvert, argumenté et équilibré".
Un permis "volontairement disruptif"
Officiellement dévoilée au Mipim à Cannes le 10 mars, la proposition de réforme entend refondre le dispositif existant en fusionnant
le permis de construire et la déclaration préalable dans une seule procédure : le permis de construire unique (PCU). La distinction entre permis de construire (PC) et déclaration préalable disparaîtrait. A terme, un formulaire Cerfa unique, commun à l'ensemble des projets, pourrait être mis en place.
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Volontairement disruptif, le permis de construire unique s'appliquerait à tout projet, en neuf comme en rénovation", a indiqué le président du Cnoa, Christophe Millet. Sa mise en œuvre nécessitera toutefois des adaptations réglementaires. La proposition pourrait s'insérer dans le futur projet de loi sur la simplification des normes locales, que prépare le gouvernement pour simplifier le quotidien des collectivités territoriales.
"L'enjeu dépasse une procédure"
Si le CFAI considère que les procédures doivent évoluer et qu'une meilleure lisibilité administrative est nécessaire, l'association des architectes d'intérieur appelle à une "
réflexion transversale, intégrant l'ensemble des acteurs engagés dans la transformation durable du bâti existant. L'enjeu dépasse une procédure. Il concerne l'organisation même du cadre professionnel, l'équilibre des compétences et l'avenir de la rénovation en France", rappelle-t-elle.
Pour le conseil, il ne s'agit pas seulement d'une évolution technique mais d'une réforme qui pourrait "
avoir pour effet collatéral de rigidifier l'accès aux projets de transformation du quotidien" et "
redessiner implicitement le périmètre des professions". Les architectes d'intérieur interviennent notamment sur le bâti existant. Ils demandent à ce que la réforme prenne en compte certaines exigences, notamment d'adapter les obligations "
à la nature réelle des travaux". "
La rénovation ne doit pas devenir administrativement dissuasive pour les particuliers et les entreprises", fait valoir le CFAI.
L'association n'est pas la seule à appeler à un dialogue entre professionnels du secteur. L'Union nationale des syndicats français d'architectes (Unsfa) et le Syndicat national des professions de l'architecture et de l'urbanisme (Synatpau) avaient déjà pointé, en début d'année,
une absence de concertation sur ce sujet avec les organisations professionnelles représentatives.
Le Conseil français des architectes d'intérieur a élu sa nouvelle présidente, Axèle Barège-Vigneron, le 30 janvier 2026. Architecte certifiée CFAI depuis 2004, "
administratrice engagée", elle est également experte judiciaire près la Cour d'appel de Douai (Nord). Cette élection a également été l'occasion de renouveler le bureau.
Christophe Sarlandie reste vice-président, Bérengère Tabutin occupe le poste de secrétaire générale, et Solange Abel celui de trésorière. Ensemble, ils souhaitent "
affirmer pleinement la place de l'architecture intérieure dans le débat public, renforcer la lisibilité et la reconnaissance de la profession, porter une parole exigeante, engagée et utile au service de l'intérêt général, et transmettre autant que fédérer autour des valeurs fondamentales du métier".