London Design Festival 2026 : sept idées déco venues de Londres

    Publié le 28 septembre 2026 par Sonia Taourghi
    Soul, installation lumineuse de Mykola Kabluka produite par le studio Expolight, projetée sur la façade ouest de St Paul's Cathedral.
    Soul, installation lumineuse de Mykola Kabluka produite par le studio Expolight, projetée sur la façade ouest de St Paul's Cathedral. © Mark Cocksedge / London Design Festival
    TENDANCE. Du parvis de St Paul's Cathedral aux entrepôts de Shoreditch, la 24e édition du London Design Festival a investi la capitale britannique du 12 au 20 septembre. Lumière, son, bambou, matériaux recyclés : sept temps forts à retenir, et ce qu'ils annoncent pour nos intérieurs.
    Chaque mois de septembre, Londres se transforme en vaste salon à ciel ouvert. Pour sa 24e édition, le London Design Festival a organisé son programme en trois volets. Les Landmark Projects sont de grandes installations commandées par le festival dans l'espace public. Les Special Projects réunissent des expériences conçues avec des partenaires. Enfin, onze Design Districts, de Brompton à Shoreditch, regroupent les expositions, salons et showrooms qui ouvrent leurs portes sous la bannière du festival. Derrière le spectacle, les créateurs ont abordé des sujets très concrets : la lumière, l'acoustique, les matériaux de demain. Voici sept rendez-vous du programme officiel, et les pistes qu'ils ouvrent pour la maison.

    Soul, la lumière qui dialogue avec le public

    Les deux œuvres du designer lumière ukrainien Mykola Kabluka forment le premier Landmark Project de cette édition, et restent visibles après la clôture du festival. Jusqu'au 27 septembre, de 20 h à 23 h, la façade ouest de St Paul's Cathedral lui sert d'écran. Fondateur du studio kiévien Expolight, il y projette Soul, une œuvre participative. Via une plateforme numérique, chacun peut confier une pensée ou un sentiment, que l'installation traduit en couleurs et en formes. Générée en direct, l'image ne se répète jamais à l'identique.
    A la maison, l'idée parle à tous ceux qui s'équipent en éclairage connecté. Les ampoules LED actuelles font déjà varier la température de couleur : plus froide pour travailler, plus chaude le soir. Soul pousse la logique plus loin et imagine un éclairage qui réagirait à l'humeur des occupants.
    The Point of Unity, sculpture en miroirs et fibre optique de Mykola Kabluka, installée dans l'enceinte de St Paul's Cathedral.
    The Point of Unity, sculpture en miroirs et fibre optique de Mykola Kabluka, installée dans l'enceinte de St Paul's Cathedral. © Mark Cocksedge / London Design Festival
     

    The Point of Unity, le contemporain face au patrimoine

    Dans le cadre du même Landmark Project, Kabluka a installé à quelques mètres de là une seconde œuvre, The Point of Unity, dévoilée au festival Burning Man en 2025 et présentée pour la première fois au Royaume-Uni. Visible jusqu'au 26 septembre, elle change de visage au fil de la journée. De jour, ses surfaces en acier poli reflètent le ciel et la cathédrale. A la nuit tombée, plus de 3 500 fibres optiques s'allument et diffusent des motifs colorés. La sculpture dialogue avec l'édifice de Christopher Wren sans chercher à l'imiter.
    La leçon vaut pour les appartements anciens. Une pièce contemporaine aux lignes nettes, placée dans un décor de moulures et de parquet d'époque, gagne en présence si on lui laisse de l'espace. Les surfaces réfléchissantes (miroir, métal poli, laque) aident à faire dialoguer les époques : elles renvoient le décor existant au lieu de le masquer.
    The Art of Sound, programme d'installations sonores de L-Acoustics à la Wapping Hydraulic Power Station.
    The Art of Sound, programme d'installations sonores de L-Acoustics à la Wapping Hydraulic Power Station. © Iona Wolff / London Design Festival
     

    Feeling is Structure, le son comme matériau

    Construite en 1890 et fermée au public depuis treize ans, la Wapping Hydraulic Power Station a rouvert ses portes du 11 au 15 septembre pour The Art of Sound. Cette installation, conçue par le fabricant français L-Acoustics autour d'un dispositif de douze enceintes, a fait partie des Special Projects du festival. L'artiste Max Cooper y a présenté Feeling is Structure, une pièce spatialisée de vingt minutes qui explore les liens entre forme, perception et émotion. Dans le même lieu, le preneur de son Chris Watson a proposé Trent Falls, une traversée sonore de l'estuaire de la Humber.
    Le parti pris rejoint une tendance que les architectes d'intérieur appellent le design sensoriel. A la maison, le confort acoustique passe d'abord par des gestes simples : tapis épais, rideaux lourds, panneaux muraux absorbants. Des enceintes encastrées au plafond ou dans les murs permettent ensuite de diffuser une musique d'ambiance sans encombrer la pièce.
    The Pangolin Shield, pavillon en bambou de Studio Saar et Atelier One, installé sur la partie piétonne du Strand.
    The Pangolin Shield, pavillon en bambou de Studio Saar et Atelier One, installé sur la partie piétonne du Strand. © Mark Cocksedge / London Design Festival
     

    The Pangolin Shield, le bambou grandeur nature

    Second Landmark Project du festival, The Pangolin Shield a pris place sur la portion piétonne du Strand, face à Somerset House et près d'India House, siège du haut-commissariat indien. Studio Saar et les ingénieurs d'Atelier One ont conçu une coque en grille de bambou, recouverte de boucliers de police indiens en bambou et de knups, ces protections tressées contre la pluie que portent les agriculteurs du nord-est de l'Inde. Superposés comme des écailles, ils évoquent le pangolin, le mammifère le plus trafiqué au monde, et rappellent le passé colonial partagé par la Grande-Bretagne et l'Inde. Selon Ananya Singhal, cofondateur de Studio Saar, le bambou s'est imposé pour sa légèreté, sa durabilité, sa croissance rapide et son caractère biodégradable.
    Dans un intérieur, on retrouve cette force dans les matières tressées : cloisons en rotin, suspensions en fibres naturelles, paravents en bambou. Dans un décor minimaliste, une seule pièce de grand format suffit à réchauffer l'espace.
    Le salon Material Matters, consacré aux matériaux innovants, à UNLOCKED Shoreditch.
    Le salon Material Matters, consacré aux matériaux innovants, à UNLOCKED Shoreditch. © Material Matters
     

    Material Matters, les matériaux de demain

    Rendez-vous annuel du London Design Festival, le salon Material Matters a rejoint cette année la Shoreditch Design Week. Pour sa cinquième édition londonienne, du 15 au 17 septembre, il s'est installé à UNLOCKED Shoreditch, un ancien entrepôt de Curtain Road. Une cinquantaine d'exposants y ont présenté leurs recherches. Parmi eux, FRONT et Biomason montraient Mimmik, un carreau cultivé à l'aide de bactéries plutôt que cuit au four. Carbon Cell proposait une alternative biosourcée aux mousses plastiques, et The Or Foundation des produits acoustiques fabriqués à partir de vêtements usagés.
    Pour le grand public, ces recherches arrivent d'abord par les revêtements : carrelage en matière recyclée, panneaux acoustiques en textile recyclé, tissus d'ameublement en fibres recyclées. Au moment de choisir, on peut demander au fabricant la part de matière recyclée et les solutions de reprise du produit en fin de vie.
    One Tool, One Stool, 23 tabourets conçus par les étudiants du master Design Products du Royal College of Art, au Lavery Studio.
    One Tool, One Stool, 23 tabourets conçus par les étudiants du master Design Products du Royal College of Art, au Lavery Studio. © Andy Stagg / Royal College of Art
     

    One Tool, One Stool, l'art de faire simple

    Au sein du Brompton Design District, l'un des onze quartiers du festival, l'ancien atelier du peintre John Lavery a accueilli 23 tabourets conçus par les étudiants du master Design Products du Royal College of Art. Le principe : construire une assise avec un seul outil et un minimum de matériaux. Mousse acoustique taillée au ciseau, métal plié à la main, règles emboîtées, rouleaux de peinture assemblés : les résultats vont du plus pratique au plus conceptuel.
    Le tabouret reste le meuble le plus polyvalent des petits espaces. Il sert de siège d'appoint, de chevet ou de sellette. On le choisit léger, empilable si possible, dans un matériau brut qui vieillit bien : bois massif, métal ou liège.
    The Chant Chambers, mise en scène de la collection de luminaires Chant de Lee Broom dans son showroom de Shoreditch.
    The Chant Chambers, mise en scène de la collection de luminaires Chant de Lee Broom dans son showroom de Shoreditch. © Lee Broom
     

    Shoreditch Design Week, le repérage des tendances

    Héritière du Shoreditch Design Triangle, la Shoreditch Design Week a formé du 15 au 20 septembre le plus grand des Design Districts du festival, avec plus de soixante showrooms, galeries et studios ouverts dans l'est de Londres. Dans son showroom de Rivington Street, Lee Broom a présenté The Chant Chambers, une mise en scène de ses luminaires Chant en briques de verre. Devenus modulaires, ils se composent en lampes, appliques, suspensions ou lustres.
    Pour qui prépare une rénovation, ce type de parcours sert de planche d'inspiration grandeur nature. Le bon réflexe : photographier les associations de matières plutôt que les objets isolés, pour retrouver ensuite une ambiance plutôt qu'une référence précise.
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