Les étapes indispensables pour rénover un parquet ancien

    Publié le 27 février 2026 par Lucien Brenet
    FICHE PRATIQUE. Rénover un parquet ancien exige de suivre des étapes précises, qu'elles soient indispensables, comme le ponçage, le nettoyage et la finition, ou facultatives, comme le nettoyage des interstices. Focus sur la marche à suivre pour redonner de l'éclat à un vieux parquet.
    Peut-on vraiment rénover un parquet sans l'abîmer ? La réponse est oui, à condition de respecter quelques règles d'or. Première étape : établir un diagnostic. Pierre-Louis Esclattier, cofondateur de l'entreprise Les Parqueteurs, spécialisée dans la pose, l'entretien et la rénovation de parquet, identifie plusieurs critères sur lesquels doivent se baser les professionnels pour déterminer la faisabilité d'un projet.

    Rénover un parquet ancien : déterminer le taux d'usure

    "Le premier élément, c'est évidemment le désir du client. Veut-il conserver l'ancien, ou le changer ? En cas de rénovation, ce que l'on regarde - et c'est le principal critère -, c'est la couche d'usure." Elle correspond à la partie visible et utilisable du parquet. Il va falloir déterminer si celle-ci est suffisamment importante pour supporter ou non une énième rénovation.
    "Dans l'habitation, globalement, un vieux parquet en chêne fait 23 mm d'épaisseur, et sa couche d'usure, de 9 à 11 mm. En dessous d'un certain stade, si l'on ponce le bois, il y a un risque de casser les lames ou, en tout cas, de les fragiliser." Chaque ponçage réduit la couche d'usure de 1,5 mm à 5 mm, en fonction du degré de rénovation. La fragilité et la résistance aux chocs des pointes des lames trahissent une usure avancée.

    Rénover un parquet ancien : l'état du support

    L'état du support constitue un autre élément central. Les parquets anciens sont généralement cloués sur des lambourdes qui peuvent se déplacer avec le temps. Conséquence : "Il peut parfois y avoir du jeu entre les lambourdes et le parquet, qui s'affaisse par endroits, ce qui nécessite de déposer les lames pour resceller les lambourdes avant de reposer le sol." A noter que cette étape entraîne des pertes. "Si l'on doit reposer des éléments de parquet neuf en guise de remplacement, cela se verra comme le nez au milieu de la figure."
    Pour y remédier, il est possible d'appliquer une teinte de rattrapage sur les lames neuves pour se rapprocher de l'esthétique de l'ancien. "Mais la patine sera différente malgré tout", prévient Pierre-Louis Esclattier. L'autre solution : réemployer. Un parquet ancien déposé et conservé qui servira sur d'autres opérations, notamment pour la réalisation de raccords invisibles.

    Rénover un parquet ancien : d'abord le ponçage…

    Prochaine étape : le ponçage. Un premier passage est réalisé à la ponceuse à parquet afin d'aplanir le support en retirant la première couche de bois. "Les autres passes s'effectueront avec des grains de 60, 100, 120 afin d'effacer les rayures faites à la suite du premier passage."
    Ponceuses d'angle, bordureuses, mais aussi racloirs à bois, voire travail manuel à l'aide de papier de verre… Différentes machines et techniques seront employées pour traiter toute la surface, angles et bords compris. Il faudra ensuite éliminer les poussières à l'aide d'un aspirateur et d'une microfibre humide pour nettoyer les murs.

    Rénover un parquet ancien : traiter les interstices

    Après le ponçage, il est possible de traiter les interstices. Bien que ce ne soit pas obligatoire, de l'avis de Pierre-Louis Esclattier, "cela fait toute la différence". Fastidieuse, cette étape consiste à nettoyer les espaces qui se sont créés au fil du temps entre les lames et qui accueillent toutes sortes de déchets et de poussières. "Il faut venir gratter manuellement entre chaque lame." Au-delà de l'atout esthétique que confère ce nettoyage, il permet aux produits de mieux protéger les lames en les enrobant, le tout sans piéger la poussière.
    Pierre-Louis Esclattier met en garde contre une autre technique qui consiste à combler les interstices. "Cette méthode est valable pour les parquets modernes collés sur dalle béton. Mais sur des lames clouées, la pâte de comblement finira par sauter à mesure que le bois travaille, ce qui sera, au final, très inesthétique."

    Rénover un parquet ancien : protéger le bois

    Quid du traitement ? Il existe trois grandes familles de produits : les cires, les huiles et les vitrificateurs. La cire va conférer au bois un aspect lisse et brillant, qui fera ressortir ses veines naturelles. Toutefois, elle est contre-indiquée en habitation, car elle exige un entretien très important. "Quasi quotidien si l'on veut éviter les traces de pas, d'eau, etc.", détaille Pierre-Louis Esclattier.
    Seconde option : l'huile. Elle va durcir les couches supérieures du bois et épouser les veines, pour en faire ressortir l'aspect naturel, encore une fois. "Elle demande moins d'entretien que la cire, mais, dans l'idéal, il est nécessaire d'huiler son parquet une à deux fois par an." L'avantage de cette seconde famille de produits est qu'elle facilite les rénovations partielles. Pour faire disparaître une tache, par exemple, il est possible de poncer uniquement la zone concernée, puis d'appliquer l'huile localement, sans que la retouche soit visible.
    Troisième option : le vitrificateur. Il s'agit de vernis étudiés pour être plus solides et moins sensibles aux rayures que les vernis appliqués sur les meubles. Il s'applique en trois couches. La première va venir durcir le bois et éviter les remontées chimiques de tanins ou d'anciennes finitions, qui peuvent faire apparaître des taches si elles ne sont pas traitées. Ensuite, deux couches de vernis viennent en finition mate, satinée ou brillante. "Il ne faut jamais appliquer trois couches dans la même journée, car cela risque d'abîmer le sol par excès d'humidité. Il est aussi important de comprendre que séchage ne veut pas dire durcissement. Il faudra attendre une semaine avant de remettre ses meubles et de pouvoir réutiliser normalement la pièce", développe Pierre-Louis Esclattier. A noter que tous ces produits donneront une teinte au bois.

    Rénover un parquet ancien : corriger l'isolation phonique

    Les grincements et l'isolation phonique sont deux problématiques récurrentes lorsqu'il est question de parquet ancien. Plusieurs solutions existent pour les corriger. Au moment de la dépose, il est possible de mettre en œuvre un granulat spécifique, puis de fixer des plaques d'aggloméré sur lesquelles le parquet sera collé. Dans cette configuration, les lames étant collées et non plus posées sur lambourdes, il est possible de les reposer même si leur couche d'usure est faible, car elles subiront moins de contraintes.
    Les étapes indispensables pour rénover un parquet ancien
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