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Une bonne isolation par l'extérieur (ITE) permettrait de réduire de deux tiers les besoins de chauffage d'une maison individuelle. C'est le principal enseignement à tirer des premiers résultats de l'étude "ITE, enfin la vérité sur ses performances réelles", présentés par Julien Parc, responsable pôle R&D de Pouget Consultant, et Bruno Poilpré, président Groupement ITE (Gite) de la Fédération Française du Bâtiment (FFB) lors d'une conférence sur le salon Batimat.
Visant à obtenir un référentiel indiscutable sur les bienfaits de l'ITE, l'étude repose sur la bibliographie de 50 publications en provenance de onze pays différents et aborde dix thématiques, allant de la résilience au confort d'été, en passant par les freins au développement.
L'impact de l'isolation par l'extérieur sur les besoins de chauffage est néanmoins soumis à plusieurs conditions, que sont le traitement des ponts thermiques, tant surfaciques qu'au niveau des menuiseries. L'étude intègre également les effets de prébond et de rebond, en ajustant les températures estimées de deux degrés à la baisse avant isolation et de deux degrés à la hausse après les travaux. "
Plus le bâtiment a tendance à consommer, plus les usagers réduisent leur confort. C'est l'effet de prébond, qui est généralement plus important que l'effet rebond, soit l'augmentation du confort, donc de la température dans les logements qui consomment moins", explique Julien Parc.
L'ITE comme bouclier énergétique
L'impact de l'ITE sur les consommations énergétiques est à observer sur le long terme, en prenant en compte l'augmentation du prix de l'énergie. "
Jusqu'au décrochage de 2021, la hausse des revenus des ménages était équivalente à celle du coût de l'énergie. Aujourd'hui, l'impact d'une bonne ITE ne se calcule donc plus sur la facture du premier hiver mais sur le temps long", observe Julien Parc.
Les logements collectifs, un cas plus complexe
Les résultats de l'étude portent exclusivement sur les logements individuels, dont l'ensemble des parois est généralement isolé. Dans l'habitat collectif, la situation est plus complexe : les nombreuses contraintes techniques limitent souvent la proportion de murs pouvant être isolés.
En revanche, dans les logements collectifs, l'isolation extérieure représente un réel levier plus important pour l'électrification, étant directement liée à la puissance des équipements. En réduisant celle-ci, elle facilite, voire rend possible, l'installation de pompes à chaleur, alors moins encombrantes et complexes.
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On doit avoir un bon sens technique et isoler pour chauffer moins. Le mono-geste ITE n'est plus aidé par Ma Prime Rénov et c'est un non-sens car un bâtiment qui consomme moins est un bâtiment plus facile à décarboner", résume Bruno Poilpré.
Le sujet du confort d'été
Si l'isolation extérieure a été mise à mal cet été avec la notion de bouilloire thermique, l'étude rappelle que, combinée à d'autres éléments de traitement des surchauffes, elle est favorable au confort d'été. Les autres critères impactants sont la protection des apports solaires, la décharge thermique et l'usage.