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Trafic d'objets d'art mis à jour à Drouot : un site recense les objets détournés

Par P.P.
,
le 14 novembre 2011
Avocat
Avocat © ene - FOTOLIA
A la demande du magistrat instructeur chargé du dossier du trafic des objets d'art démantelé au sein de l'hôtel des ventes parisien Drouot, 6.000 objets détournés sont désormais recensés sur le site Internet du ministère de l'intérieur. Une page dédiée a été créée à l'intention des victimes de ce vaste réseau qui a coûté aux célèbres "cols rouges" leur monopole historique.
Depuis ce mercredi et jusqu'au 28 février 2012, 6.000 objets d'art, peintures, sculptures, bronzes, argenterie entre autres, sont désormais présentées en ligne sur une page du site consacré aux avis de recherche du ministère de l'intérieur. C'est le juge d'instruction en charge du fameux dossier du trafic démantelé à Drouot qui en a fait la demande. En effet, de nombreux objets ont été retrouvés lors des perquisitions menées par les enquêteurs chez des commissionnaires et des commissaires priseurs mis en cause dans cette affaire mise à jour en décembre 2009, et tous n'ont pas pu être identifiés.
Ainsi, précise le site, "Si vous avez été concerné par une succession à Paris, ou en Province, dont la manutention a été confiée à l'UCHV soit directement par vous, soit par votre notaire ou votre commissaire-priseur, vous pouvez ci-après et jusqu'au 28 février 2012 consulter les photographies des objets retrouvés". Et peut-être identifier une de vos propriétés détournées à cette occasion.

Un scandale sans précédent

Dans cette affaire qui a fait scandale, 42 personnes, dont quatre commissaires-priseurs, ont été mises en examen. Le trafic a été monté par des manutentionnaires de l'Union des commissionnaires de l'Hôtel des ventes (UCHV). "Ces derniers également appelés 'Cols Rouges' ou 'Savoyards', rappelle le site, étaient chargés de la manutention des objets vendus lors des ventes aux enchères publiques ou judiciaires à l'Hôtel des ventes de Drouot à Paris, lequel s'est constitué partie civile dans le cadre de l'instruction pénale. Ces commissionnaires avaient aussi en charge le transport des objets du lieu d'enlèvement jusqu'au lieu de stockage, première occasion de dérober certains objets."

Identifier des victimes

Si un objet est reconnu, il suffit de cliquer sur le lien "Contacter le service compétent au sujet de cet objet" présent sur chaque fiche. Et le site de rappeler bien sûr que "Toute pièce ou renseignement permettant d'authentifier l'origine du bien vous sera ensuite demandé." Il est enfin précisé que "Les photographies d'objets et de documents de faible valeur ont été volontairement insérées, et présentées avec les objets d'art retrouvés simultanément, afin de faciliter l'identification des objets et du lieu de succession où l'ensemble a été dérobé."
L'affaire, qui a secoué comme jamais l'Hôtel des ventes parisien, a coûté à ceux que l'on surnommaient également les "Savoyards" leur monopole historique. Ces derniers, issus de la région et recrutés de père en fils, étaient célèbres dans le monde entier. Depuis, la direction de Drouot a changé, tout comme le prestataire à qui sont confiés désormais le transport et la manutention des objets d'art.
L'institution parisienne tente maintenant de sortir le plus rapidement possible de cette histoire. Il a été ainsi précisé à l'AFP que "les objets référencés sur le site n'ont pas été volés au sein de l'Hôtel des ventes Drouot, mais ont été retrouvés au cours des perquisitions menées à Bagnolet, dans les containers appartenant aux commissionnaires de l'UCHV".
Et le nouveau directeur général Olivier Lange de regretter que "L'amalgame permanent, entretenu dans cette affaire entre les commissionnaires de l'UCHV et l'Hôtel des ventes de Drouot, cause à ce dernier un préjudice inacceptable, alors même que sa qualité de victime a été reconnue par les autorités judiciaires". L'UCHV a quant à elle été mise en examen pour "association de malfaiteurs, complicités et recels de vols en bande organisés".
Pour accéder à cette page, cliquez ici.
(NB : visuel prétexte)
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