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Douche à l'italienne : les erreurs à éviter

Par Rouba Naaman-Beauvais
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Mis à jour le 27 décembre 2017
Pour une salle de bains contemporaine, facile à nettoyer et simple d'accès, on rêve souvent d'une douche à l'italienne. Sa pose est toutefois délicate, et il convient de vérifier un certain nombre de points techniques avant et pendant l'installation. Nos conseils pratiques.
Esthétique, facile d'accès, simple à nettoyer, la douche à l'italienne a tout pour plaire. Elle séduit d'ailleurs de plus en plus de ménages, notamment par les possibilités d'aménagement qu'elle offre. Fermée par une porte en verre ou complètement ouverte grâce à une paroi de douche "walk-in", la douche à l'italienne fait définitivement rêver.
Un rêve... qui n'est pas accessible à tous les logements. En effet, une véritable douche à l'italienne intègre un receveur qui affleure le sol de la salle de bains. Ainsi, il n'y a aucune différence de niveau entre le bac de douche et le carrelage au sol de la pièce. L'installation nécessite donc quelques prérequis techniques.
Comment être sûr de pouvoir faire installer une douche à l'italienne dans sa salle de bains ? Comment s'assurer d'une installation parfaite ? Peut-on réaliser la pose soi-même ? Nos réponses et conseils pour éviter les erreurs.

Vérifier que l'installation est possible

Il y a des prérequis pour pouvoir installer une douche à l'italienne dans sa salle de bains. Pour que le receveur de douche et le sol soient exactement au même niveau, il faut décaisser le sol, c'est-à-dire le creuser afin d'encastrer le receveur.
"Entre l'épaisseur du bac à carreler prémoulé, environ 5 cm, et celle du siphon, environ 7 cm, il faut vérifier que l'on peut décaisser le sol d'au moins 12 cm", indique Christophe Da Cunha, expert chez Bains & Déco.
Dans le cas contraire, il est parfois possible de surélever le sol de la salle de bains pour qu'il atteigne la hauteur du receveur. Mais cela n'est concrètement réalisable que si la différence de niveau ne dépasse pas quelques centimètres. Sans quoi, il faudra également créer une marche pour accéder à la pièce... ce qui supprime l'un des intérêts de la douche à l'italienne, facilement accessible !

Gérer l'évacuation d'eau

Comme pour n'importe quelle douche, le siphon de la douche à l'italienne est relié à l'évacuation d'eau. Pour que l'écoulement se fasse correctement, la pente entre les deux points doit être de 1 à 3%, "soit 2 à 3 cm par mètre", précise Christophe Da Cunha.
Concrètement, si l'évacuation se situe à 1 mètre du siphon, elle doit aussi se trouver à au moins 2 cm plus bas que ce siphon. Dans le cas d'une douche à l'italienne, ce n'est pas un détail ! "En rénovation, c'est quasiment impossible car il faut que l'évacuation soit 2 à 3 cm plus basse que le niveau du sol", souligne Christophe Da Cunha.
Il existe toutefois une solution : la pompe de relevage. Cet appareil aspire activement l'eau pour l'envoyer vers l'évacuation, même si cette dernière se trouve en hauteur par rapport au siphon. Un équipement qui entraîne un surcoût (comptez 400 euros au minimum) mais qui permet parfois un bon compromis : la création d'une douche extra-plate.

Être sûr d'une étanchéité parfaite

Plus encore que pour un modèle classique, l'étanchéité est une étape cruciale dans la création de la douche à l'italienne. Aucun risque de fuite ne peut être pris, car contrairement à une douche classique, une douche à l'italienne est difficile à désinstaller et... à réinstaller ensuite.
S'assurer de l'étanchéité passe par la pose de plusieurs éléments indispensables : feuille d'étanchéité au fond de la cavité ; bandes d'étanchéité sur les côtés et aux angles ; peinture étanche autour du bac ; joints au niveau du siphon. Si avant, la chape était en feuille de zinc ou de plomb, on lui préfère aujourd'hui des matériaux synthétiques comme la résine qui assurent également une bonne étanchéité.

S'assurer d'une évacuation rapide

Contrairement à un bac de douche classique, la douche à l'italienne n'a aucun rebord ni seuil. L'eau s'écoule vers le siphon grâce à une pente au niveau du receveur, et s'évacue rapidement par le biais d'un siphon plus large que pour un modèle standard.
Après l'installation du receveur, la pose du carrelage doit donc être réalisée de manière à conserver la pente du receveur, et permettre ainsi à l'eau de s'écouler correctement. On évite ainsi les débordements dans la salle de bains...
Mais quel carrelage utiliser ? "Si on ne veut pas avoir à couper le carrelage en pyramide, l'idéal est la mosaïque prête à poser", conseille Christophe Da Cunha.

Ne pas poser soi-même la douche à l'italienne

La pose d'une douche à l'italienne doit être réalisée impeccablement, au risque de provoquer un sérieux dégât des eaux. Pas question donc de s'improviser en bricoleur du dimanche et de creuser le sol de sa salle de bain sans s'y connaître un minimum !
L'idéal reste de faire appel à un professionnel, qui posera la douche sans encombre, et dont la garantie vous couvrira en cas de fuite. "Le surcoût par rapport à un modèle classique de douche réside dans les heures de travail, car il faut compter deux fois plus de temps", précise Christophe Da Cunha.

Faire attention à la sécurité

Une des idées principales de la douche à l'italienne est qu'elle est facile d'accès, notamment pour les personnes à mobilité réduite et les enfants. Pour éviter les accidents inutiles, il faut donc faire attention aux détails.
Par exemple, si l'on choisit des parois en verre, mieux vaut privilégier un verre de qualité Securit pour éviter les drames en cas d'accident. De même, dans une salle de bains d'enfants, on n'oublie pas de mettre un tapis à la sortie de la douche, pour éviter les glissades sur le carrelage avec les pieds mouillés.
Douche à l'italienne : les erreurs à éviter
 
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