François Hollande, président : découvrez sa feuille de route pour l'habitat

    Publié le 7 mai 2012
    Président élu, François Hollande prendra réellement ses fonctions le 15 mai. Le socialiste a livré sa feuille de route pour les premiers mois de son mandat. Découvrez ce qui attend le secteur de l'habitat et retrouvez les interviews des porte-parole logement et transport de son équipe.
    Le score est serré : 51,62 % pour François Hollande et 48,38% pour Nicolas Sarkozy. Au final, le socialiste est sorti vainqueur du duel et devra rapidement reprendre les dossiers, notamment économiques. Retrouvez ci-après, sa feuille de route, proposé début avril pour les premiers mois de son mandat, et les interviews de ses porte parole du logement et des transports, réalisées par nos confrères de Batiactu.
    Découvrez la feuille de route pour le logement et l'énergie en page suivante
    François Hollande, président : découvrez sa feuille de route pour l'habitat

    Le logement et l'énergie

    logements
    logements
    Quelles sont priorités du nouveau président en matière de logement et d'énergie ? Réponses.
    Le logement
    - Caution solidaire : mise en place pour permettre aux jeunes d'accéder à la location - décret pris après concertation avec les partenaires sociaux - Date : entre le 6 mai et le 29 juin 2012.
    - Garantie pour l'épargne défiscalisée (livret A et livret d'épargne industrie, successeur du Livret de développement durable) d'une rémunération supérieure à l'inflation et doublement du plafond de ces livrets, pour mieux financer le logement social, le développement des PME et l'innovation- Date : entre le 6 mai et le 29 juin 2012.
    - Loi sur l'accès au logement : encadrement des loyers à la location et à la relocation, renforcement des sanctions prévues par la loi SRU, réforme du régime de cession du foncier de l'Etat pour faciliter la construction de logements par les collectivités territoriales - Date : entre août 2012 et juin 2013

    Energie

    - Lancement du débat national sur la transition énergétique préalable à la loi de programmation : préservation des ressources naturelles et de la biodiversité, sécurisation de nos filières énergétiques et développement des filières industrielles des énergies nouvelles, plan massif de rénovation thermique des logements - Date : Entre le 3 juillet et le 2 août 2012
    - Dès l'achèvement de la préparation technique, loi sur la tarification progressive de l'eau, de l'électricité et du gaz- Date : entre août 2012 et juin 2013
    Découvrez en pages suivantes les interviews de Thierry Repentin, sénateur PS en charge du logement et Roland Ries, président du Groupement des autorités régulatrices de transport (GART)
    Le logement et l'énergie

    Interview de Thierry Repentin, sénateur PS en charge du logement

    repentin
    repentin © DR
    Pour parler du logement, nous avons rencontré début avril Thierry Repentin, sénateur PS en charge du logement dans l'équipe de François Hollande. Il est aussi président de l'Union sociale pour l'habitat (USH).
    Batiactu : Pour vous, l'immobilier et le logement ont-il un rôle important ?
    Thierry Repentin : François Hollande a choisi de faire du logement un thème central de sa campagne pour que chacun soit bien logé, sans se ruiner. Encadrement des loyers, mise à disposition des terrains de l'Etat, renforcement de la loi SRU, caution solidaire pour les jeunes, augmentation des aides à la pierre, rénovation thermique d'un million de logements... C'est un programme dense, responsable, pour redonner du pouvoir d'achat aux Français et desserrer l'étau de leurs dépenses contraintes.
    Batiactu : Comment jugez-vous le bilan de Nicolas Sarkozy ?
    Thierry Repentin :
    Pour rappel, dans son discours de Longjumeau le 2 février 2012, Nicolas Sarkozy a semblé découvrir les difficultés des Français à se loger décemment. Le voilà à courir après les solutions contre une bulle immobilière qu'il a lui-même contribuée à entretenir pendant son quinquennat : aides à l'investissement locatif sans contrepartie de plafond de loyer, désengagement de l'Etat sur la construction de logements sociaux, faible mobilisation des Préfets contre les communes qui ne respectent pas la loi Solidarité et renouvellement urbains, spéculation de l'Etat sur la vente de ses propres terrains...
    Depuis début février 2012, la bulle a même grossi de 30% : avec l'augmentation unilatérale et sans aucune contrepartie des droits à construire, ce sont des cessions de terrains privés qui sont aujourd'hui gelées, les propriétaires cédants voulant renégocier les prix à la hausse !
    Voilà une conversion du bout des lèvres et un réveil bien tardif. Pourquoi en est-on arrivé là ? Christine Boutin en donne l'explication dans le livre « Sarko m'a tuer » : 'J'ai toujours eu le sentiment de n'avoir aucun soutien politique ni du Président ni du Premier Ministre. Mon action ne suscitait aucun intérêt, tout simplement parce que le logement n'intéressait personne. J'ai trouvé ça ahurissant. Ce ministère, c'était vraiment la cinquième roue du carrosse.
    Propos recueillis par Sébastien Chabas
    Interview de Thierry Repentin, sénateur PS en charge du logement

    Interview de Roland Ries, président du Groupement des autorités régulatrices de transport (GART)

    Roland Ries
    Roland Ries © DR
    Roland Ries est spécialiste des transports. Le sénateur-maire de Strasbourg et président du Groupement des autorités régulatrices de transport (GART) nous a livré début avril la feuille de route du candidat. Détails.
    Batiactu : Quelle est votre vision sur les transports et la mobilité ?
    Roland Ries :
    Je défends, depuis de nombreuses années, le concept de zones de pertinence. Chaque mode de déplacement n'est pas pertinent sur tous les territoires. Par exemple, une ligne de tramway en pleine campagne n'est pas viable. La voiture individuelle au cœur des villes ne l'est pas non plus (congestion, nuisances sonores, etc.). Chaque mode de déplacement n'est pas non plus pertinent à tous les moments de la journée ou de l'année : vacances scolaires, week-end, etc. Il faut alors adapter les modes de déplacement en fonction des territoires et des espaces-temps de la vie selon un rapport coût de l'infrastructure - temps passé dans ce transport - respect de l'environnement.
    Je crois qu'il est temps de substituer à la concurrence des modes - voiture contre transports collectifs -, qui a longtemps organisé les débats en matière de déplacements, une politique de complémentarité des modes. Il faut ensuite organiser l'ensemble de la chaîne de déplacements de manière à rationaliser l'usage de chaque mode en fonction de sa zone de pertinence.
    Au vu des défis environnementaux à relever aujourd'hui, les modes de déplacement vertueux en la matière (modes doux, voiture partagée, ferroviaire, maritime ou encore fluvial) ont de fait ma faveur. Cependant, on ne pourra pas faire progresser la cause de l'écologie en restant dans le cercle restreint des convaincus, de ceux qui font bien, qui sont éco-performants. Il ne faut pas avoir une posture radicale.
    De plus, la politique en matière de transport et de mobilité doit être impulsée par l'État qui doit donner un cadre, fixer les orientations politiques et accompagner les collectivités locales pour favoriser les changements de comportements de nos concitoyens en matière de mobilité.
    Batiactu : Qu'en est-il pour les projets de lignes à grande vitesse (LGV) ?
    Roland Ries :
    Préparer l'avenir en identifiant les projets de nouvelles infrastructures qui devront être engagés dans les prochaines années est un enjeu majeur. Le programme de lignes nouvelles à grande vitesse (LGV) prévu dans le Grenelle de l'environnement ne doit sans doute pas être clairement remis en cause : un réseau à grande vitesse connecté au réseau Trans-Européen est, par le raccourcissement des temps de transport et la création de liaisons nouvelles, un levier important pour améliorer l'intégration européenne et favoriser le report modal. Le TGV reste en outre la vitrine du savoir-faire technologique français en matière ferroviaire.
    Cependant, en la matière, le Président de la République a promis durant son quinquennat un grand nombre de projets qui restent, à ce jour, sans solution de financement. Le SNIT affiche en effet 245 Mds € de dépenses, ce qui correspond, pour la seule part de l'État, à 45 années du budget de l'Agence de Financement des Infrastructures de Transport de France (AFITF).
    Le budget de l'AFITF est aujourd'hui largement contraint par les projets déjà engagés et par des dépenses incompressibles d'accessibilité ou de mise en sécurité d'itinéraires. Il conviendra donc, au-delà, d'établir des priorités dans le temps, en concertation avec les Régions, à partir de critères socio-économiques et écologiques objectifs en tenant compte des engagements susceptibles de nous lier pour l'avenir.
    Batiactu : Vous confirmez une rénovation de 1.000 km de voies par an ?
    Roland Ries :
    L'état du réseau ferroviaire est l'une des principales causes de perturbations que subissent les millions d'usagers quotidiens du train. Il faut s'attaquer aux racines du mal (l'infrastructure, les réseaux urbains, les matériels). Jusqu'à ces dernières années, le rythme de voies renouvelées était tombé à 500 km par an. Il convient de revenir durablement à 1.000 km par an afin de stopper dans un premier temps le vieillissement du réseau. Il faudra ensuite déployer une politique de long terme. L'Ile-de-France devra faire l'objet d'un traitement particulier pour répondre à l'urgence que constituent la modernisation des RER et l'amélioration des conditions quotidiennes de transport. La desserte des quartiers difficiles devra aussi faire l'objet d'un soutien particulier afin de poursuivre le désenclavement.
    Propos recueillis par Sébastien Chabas
    Interview de Roland Ries, président du Groupement des autorités régulatrices de transport (GART)
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