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Logements sociaux : le Premier ministre réclame plus de transparence

Par avec AFP
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le 8 décembre 2010
logement social
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Par une circulaire en date de lundi, François Fillon a demandé aux préfets "d'améliorer la transparence dans l'attribution des logements sociaux". L'accès au logement pour tous est une des priorités du gouvernement, a-t-il rappelé.
Suite aux chiffres publiés le 29 novembre dernier sur ces "50.000 foyers aisés qui vivent en HLM", la polémique avait enflé sur l'attribution peu transparente de logements sociaux.
La circulaire du Premier ministre se veut donc engageante sur le sujet, soulignant que "les bailleurs sociaux ont l'obligation de loger surtout les ménages les plus modestes". Le gouvernement précise même qu'il a fait valoir l'instauration par une loi de mars 2009 d'un surloyer, et même d'une obligation de quitter les lieux si les ressources sont deux fois supérieures au plafond.
"Vous devez veiller à ce que l'intégralité du contingent de logements sociaux qui vous est réservé soit bien identifiée et efficacement gérée", a indiqué François Fillon. Il devrait rencontrer les préfets lundi, a précisé Matignon.

Réactions

Dès mercredi, plusieurs associations de lutte contre le mal-logement ont réagi à cette circulaire du Premier Ministre. Pour nombre d'entre elles, il ne s'agit que d'une "déclaration de bonnes intentions", puisqu'aucun moyen supplémentaire n'est prévu.
Ainsi Patrick Doutreligne, délégué général de la Fondation Abbé Pierre a-t-il déclaré que "Le discours est volontariste mais il n'y a pas d'engagement financier à hauteur des orientations décrites." Il estime que "Le problème n'est pas de savoir s'il y a 1,2 million ou 1,4 million de personnes en attente d'un logement social mais de savoir qu'est-ce qu'on fait pour les sortir de la file d'attente". De son côté Jean-Baptiste Eyraud, de l'association Droit au logement parle de "coup d'épée dans l'eau, plein de bonnes intentions mais pas de moyens." Et d'ajouter que "le problème des gens qui ont des revenus aisés en logement social ne se règle pas de cette façon là ; il se règle avec des bailleurs qui décident de lancer des procédures en vertu de la loi Boutin pour que le locataire se trouve un autre logement".
Pour le collectif Jeudi Noir, Manuel Domergue, a déclaré que l'"on ne peut être que d'accord" avec l'idée qu'il faut améliorer l'accès au logement social, "mais si l'on en veut plus, il faut débloquer des fonds", via "des aides à la pierre" et la loi SRU, qui impose 20% de logements sociaux aux communes de plus de 3.500 habitants.
Quant à l'application du droit au logement opposable avec une "obligation de résultat" demandée aux préfets par François Fillon dans cette même circulaire, Patrick Doutreligne déplore qu'elle soit difficile à remplir lorsqu'"il manque 800.000 logements en France". Et le DAL de renchérir en regrettant qu'il ne soit pas "suggéré d'appliquer la loi de réquisition ou de développer le dispositif de type Locapass", l'aide à la location dans le privé remplacée par la garantie des risques locatifs.
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