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Faire construire sa maison : les pièges à éviter

Par Claire Chédeville
,
le 17 mai 2016
Construire sa maison est souvent le rêve de toute une vie mais il peut parfois virer au cauchemar. Retards, facture salée ou encore professionnels douteux, les arnaques sont nombreuses. Maison à part vous livre dix conseils à suivre pour éviter les mauvaises surprises.
Faire construire sa maison est un rêve pour beaucoup de Français. Cependant, un tel projet ne se fait jamais sur un coup de tête. Il est essentiel d'étudier le projet en amont avant de signer des documents à la va vite. Terrain, professionnels, devis et contrats sont à observer à la loupe.
Du choix du terrain à la livraison du bien, les étapes sont nombreuses. Une clause oubliée peut être la cause de beaucoup de soucis. Pour être sûr de vous prémunir des arnaques et des mauvaises surprises, Maison à part fait le point sur les pièges à éviter.
Découvrez en pages suivantes quelques conseils pour vous aider dans votre projet...
Faire construire sa maison : les pièges à éviter

Le piège à éviter : un terrain impossible à raccorder

Vous avez enfin trouvé le terrain de vos rêves et vous pensez commencer les procédures pour construire votre maison ? Il est donc temps de se poser les bonnes questions.
Avant toute chose, "renseignez-vous à la mairie à propos du cadastre car parfois certaines personnes vendent des terrains qui ne leur appartiennent pas", explique Maël Bernier de l'agence meilleurtaux.com.
Dans un deuxième temps et en particulier si le terrain est un peu éloigné de la ville ou du village, vérifiez que votre terrain est raccordé aux différents réseaux (eau, électricité, gaz, téléphonique et assainissements). Si ce n'est pas le cas, vérifiez que c'est possible auprès de la mairie.
Autrement, les coûts peuvent rapidement devenir très élevés. En effet, sur certains terrains le raccordement est impossible. Il faut donc installer des cuves indépendantes pour l'approvisionnement de l'eau, par exemple.
Le piège à éviter : un terrain impossible à raccorder

Le piège à éviter : une surfacturation due à la géologie du terrain

Attention à la géologie du terrain. En effet, un terrain argileux peut être la cause d'une surfacturation à la fin du chantier.
Pour éviter les mauvaises surprises, faites faire une étude G12, (étude du sol) par un géotechnicien confirmé pour s'assurer d'un résultat précis. Les prix tournent entre 800 et 2000 euros.
Ce document est ensuite à joindre au contrat dans le but de prévenir votre constructeur de la qualité de votre terrain. Ainsi ce dernier, ne pourra pas vous facturer davantage à la fin de votre chantier.
Le piège à éviter : une surfacturation due à la géologie du terrain

Le piège à éviter : une erreur de bornage de terrain

N'hésitez pas à faire effectuer un bornage de votre surface par un expert-géomètre pour éviter tout litige avec vos voisins. Même si ce n'est pas obligatoire, le bornage permet de fixer la limite entre deux terrains contigus.
Cette opération ne s'applique pas entre un terrain privé et un terrain public.
Les frais de bornages sont partagés entre les propriétaires des terrains contigus et dépendent des tarifs du géomètre.
Le piège à éviter : une erreur de bornage de terrain

Le piège à éviter : des artisans sans assurance

Pour que votre projet se déroule à merveille, le choix des artisans doit faire l'objet de nombreux questionnements et vérifications.
Dans un premier temps, assurez-vous que l'entreprise avec laquelle vous aller travailler possède un label de certification (Certif ISO 900, EcoArtisan, Qualité ENR ou encore Qualibat).
- Pensez à vérifier l'inscription de l'entreprise au registre du commerce et des métiers. Faites attention qu'elle ne fasse pas l'objet d'un dépôt de bilan.
- Vérifiez l'authenticité des documents KBIS. l'extrait KBis est le seul document officiel qui atteste de l'existence de l'entreprise.
- "Assurez-vous que le constructeur est couvert par l'assurance dommages-ouvrages et ne commencez jamais vos travaux sans cette garantie", insiste la spécialiste de meilleurtaux.com
Dans un deuxième temps, vous pouvez vous fier au bouche à oreille et vous documenter sur les différents parcours et réalisation de ces entreprises. "Celui qui aura pignon sur rue sera toujours plus fiable qu'une petite entreprise", souligne Maël Bernier.
- Renseignez-vous à propos des chantiers sur lesquels ils ont travaillé. Par exemple, si la maison est conforme aux attentes des propriétaires, ou simplement si le chantier a bien été terminé. N'hésitez pas à vous rendre sur place et à poser des questions aux nouveaux propriétaires.
Le piège à éviter : des artisans sans assurance

Le piège à éviter : un architecte sans garantie

Si vous possédez plus de 170 m2 de surface Hors oeuvre nette (SHON), il est obligatoire d'embaucher un architecte pour réaliser le plan. Même si faire appel à ce professionnel coûte environ 12% de plus, vous vous assurez une maison de qualité.
- Vérifiez son inscription à l'ordre des architectes, mais aussi ses certificats d'assurances.
- Renseignez-vous sur ses différentes réalisations (chantiers réussis, respect des délais, factures raisonnables).
- Assurez-vous qu'il possède une attestation garantie décennale. "L'attestation est indispensable, en effet, le professionnel s'engage sur dix ans pour réparer un problème sur la maison le cas échéant", ajoute Maël Bernier.
Le piège à éviter : un architecte sans garantie

Le piège à éviter : des devis sous-évalués

Le devis doit être fait correctement pour que vous puissiez sélectionner un constructeur sereinement. "Faire plusieurs devis permet d'avoir tous les éléments légaux d'inscrits sur un document et d'être plus vigilant", souligne la spécialiste de meilleurtaux.com.
Un bon devis prend en compte la nature des travaux, le volume et la qualité des matériaux, les prix HT et TTC, la TVA, la date de début, la date de fin, les conditions de paiement et enfin la date de validité du devis.
Pour ne pas se tromper dans le choix de l'entreprise, certains détails sont à prendre en compte sérieusement.
- Méfiez-vous des devis sous évalués. Si jamais votre devis affiche un prix trop bas, il est possible qu'il augmente pendant la durée des travaux. Votre facture sera alors plus salée que prévue.
- Demandez toujours des explications au professionnel si vous ne comprenez pas votre devis.
Le piège à éviter : des devis sous-évalués

Le piège à éviter : un contrat trop vague

"Plus le contrat est précis et moins les risques d'escroqueries sont possibles", explique Maël Bernier. Pour éviter les mauvaises surprises, étudier longuement votre contrat de maîtrise d'oeuvre.
- Insérer toujours un plan de construction fait par un architecte ou par vous même à votre contrat. Ainsi le constructeur ne pourra pas changer la cuisine ou le salon de place selon son humeur.
- Insérer également l'étude G12 pour éviter de payer davantage (voir page précédente).
- Vérifier que les travaux nécessaires sont mentionnés dans le contrat ainsi que le prix total TTC. De cette façon vous ne serez pas surpris par la facture au moment de la livraison.
- Mentionner également les pénalités de retard dans le contrat pour vous prémunir des retards.
Le piège à éviter : un contrat trop vague

Le piège à éviter : un versement complet avant le début du chantier

"Les escroqueries ont souvent lieu lorsque les maîtres d'ouvrage font un versement complet dès le début de la construction", explique Maël Bernier. Pour éviter que le constructeur parte avant d'avoir terminé la maison, faites attention à ne pas verser trop d'argent d'un coup.
De plus, s'il n'y a pas eu signature du contrat, le professionnel n'a pas le droit de vous demander d'acompte.
Deux cas de figure s'impose lors du paiement :
- Soit votre constructeur a souscrit à une garantie de remboursement d'acompte, il peut vous demander 5% du prix fixé lors de la signature du contrat et 5% lors de l'obtention du permis de construire.
- Soit le constructeur n'a pas de garantie de remboursement, dans ce cas là, il peut vous demander un dépôt de garantie qui n'excédera pas 3% du prix de la construction. Ce versement s'effectuera sur un compte spécial ouvert à votre nom. En cas de défaillance du constructeur avant l'ouverture du chantier, vous êtes sûr d'être remboursé.
Après le début des travaux, les échelonnements des paiements doivent se faire selon une grille d'appel de fonds prévue par le Code de la Construction et de l'Habitation.
- 15% à l'ouverture du chantier, pourcentage incluant éventuellement celui du dépôt de garantie ;
- 25% à l'achèvement des fondations ;
- 40% à l'achèvement des murs ;
- 60% à la mise hors d'eau, elle correspond à la pose de la charpente ;
- 75% à l'achèvement des cloisons et à la mise hors d'air. Elle correspond à la pose des menuiseries extérieures ;
- 95% à l'achèvement des travaux d'équipement, de plomberie, de menuiserie et de chauffage.
Le piège à éviter : un versement complet avant le début du chantier

Le piège à éviter : ne pas visiter le chantier

Les visites de chantier sont essentielles au bon déroulement des travaux. Même si vous avez confiance en votre constructeur, aller sur place vous permettra d'être rassuré.
Mais attention, les visites de chantier sont réglementées. Vous ne pouvez pas vous y rendre si cela n'est pas stipulé dans le contrat. Toutefois, avant chaque versement, rendez-vous sur place pour vérifier que les étapes sont respectées.
Un calendrier de visites est défini avec votre constructeur avant le début des travaux . Si vous souhaitez organiser une visite non prévue, le constructeur doit être obligatoirement informé.
Vous pouvez également venir accompagné d'un professionnel du bâtiment pour qu'il constate les éventuels défauts. Par ailleurs, n'hésitez pas à prendre des photos lors de la visite.
En cas d'erreurs graves et pour vous protéger, n'hésitez pas à envoyer une lettre recommandée avec accusé de réception pour mettre en demeure votre constructeur. Les erreurs seront ainsi rapidement réparées.
Le piège à éviter : ne pas visiter le chantier

Le piège à éviter : des travaux supplémentaires non mentionnés

Au cours d'un chantier, il peut arriver que des petits ou gros travaux se rajoutent.
- N'oubliez pas de créer un avenant au contrat.Si des travaux ont été réalisés sans votre consentement, vous êtes en droit d'en refuser le paiement.
- Chiffrez les travaux.N'hésitez pas à vérifier que la garantie de livraison, le prix et les délais correspondent bien aux modifications.
- Refaites un contrat si les modifications sont trop lourdes.
Le piège à éviter : des travaux supplémentaires non mentionnés
 
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