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Françoise-Hélène Jourda, pour créer un "monde meilleur"

Par Pauline Polgar
,
le 24 mai 2007
Troisième portrait de notre série d'architectes nominés au prix de l'architecture durable, la Française Françoise-Hélène Jourda consacre sa vie à la promotion et l'élaboration d'une architecture consciente et responsable de son environnement.
"La protection de l'environnement est aujourd'hui un enjeu crucial (…) une occasion formidable d'inventer d'autres espaces de vie, de créer une autre architecture, de renouer avec la fonction sociale de notre métier, pour tenter de créer 'un monde meilleur'." Françoise-Hélène Jourda a très tôt pris conscience de l'importance de construire des bâtiments responsables et de qualité. Dès ses débuts, à l'aube des années 80 - elle obtient son diplôme en 1979 - elle oriente son travail vers cette architecture environnementale, dénommée alors "architecture solaire" ou "écologique", dont les pays nordiques et germaniques sont les précurseurs. Mais en France, ce type de travaux n'est pas d'actualité, voire méprisé. Elle introduit ces concepts, premiers pas vers les principes actuels de Haute Qualité Environnementale, en réalisant par exemple une école "économe en énergie" à Cergy Pontoise (1985) et la première double façade climatique en Europe pour l'Ecole d'Architecture de Lyon (1987).
Pour elle, parler de durabilité en architecture est un pléonasme : l'architecture se doit d'être "à l'écoute du bien-être des gens", répondre aux besoins, aux usages, comme elle doit prendre en compte l'environnement (topographie, climat, hydrologie, végétation, paysage), économiser l'énergie et choisir des matériaux et des procédés de construction dans cette optique. La ville durable est définie ainsi comme "celle qui accepte l'existence de l'autre" (interview à France Culture). Une fonction sociale, culturelle, fondamentale ! Qui incombe à l'architecte. Selon les préceptes de l'agence de Françoise Hélène Jourda, l'enjeu de la protection de l'environnement rapproche ce dernier des "Autres" : de près ou de loin, ceux-là même pour qui le bâtiment existe, en tant qu'usager, visiteur, ou observateur.

Eo-Cité

Devenue une figure de l'architecture contemporaine, elle enseigne en Autriche (après la Norvège, Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et l'Allemagne), construit en Allemagne, Grèce, au Maroc…et en France ! Même si elle regrette l'immense retard du pays dans ce domaine, elle entend y poser les jalons d'une nouvelle approche architecturale. "C'est une action pédagogique qu'il faut mener en permanence pour les étudiants, les clients, les collaborateurs..." Une nécessité qui l'a poussée à créer une agence de conseil en développement durable pour intervenir en amont. "Eo-cité" s'est donné pour mission d'assister tous les acteurs du secteur de la construction en les orientant sur le terrain du développement durable, "depuis le choix du site et du programme de construction ou d'aménagement, en passant par les phases de projet, les options de maintenance et de transformation, jusqu'à la réalisation et l'anticipation de son démontage."
Architecte talentueuse, enseignante, conseiller… Françoise-Hélène Jourda est également chercheur. En perpétuelle quête de matériaux respectueux de l'environnement, elle conçoit un projet de façade pour l'industriel Technal et réfléchit sur le verre collé sur bois en partenariat avec le CSTB (Centre Scientifique de technique du batiment) et le CTBA.
Parmi ses derniers grands projets, elle sera celle qui aura conçu le premier immeuble à énergie passive construit dans l'hexagone, avec le projet "éNergie zérO" à Saint-Denis.
Pour découvrir certains projets de Françoise-Hélène Jourda, cliquez sur suivant.
www.jourda-architectes.com
Pour en savoir plus sur le prix d'architecture durable, cliquez ici.
Françoise-Hélène Jourda, pour créer un "monde meilleur"

Manifeste - Françoise-Hélène Jourda, pour créer un "monde meilleur"

herne de loin jourda
herne de loin jourda © FHJ
Centre de formation - Herne-Dodingen (Allemagne, 1993)
Cette serre de 13.000 m2 recrée naturellement un micro-climat dont la courbe annuelle des températures est similaire à celle de Nice. Pourtant, ce bâtiment est le Centre de Formation du Ministère de l'Intérieur allemand (Herne-Sodingen). Au départ, il était maquette : l'élément central du pavillon germanique de la Biennale de Venise de 1996. Elle accompagna ensuite le gouvernement allemand au sommet de Kyoto, en témoignage des démarches de ce pays pour contribuer à la sauvegarde de la planète. Au final, il est un bâtiment manifeste de l'architecture durable, une "utopie réalisée".
Manifeste - Françoise-Hélène Jourda, pour créer un "monde meilleur"

Abri - Françoise-Hélène Jourda, pour créer un "monde meilleur"

panneau herne
panneau herne © FHJ
Une station météo permet l'adaptation de l'ouverture des panneaux vitrés de la serre selon le climat.
Abri - Françoise-Hélène Jourda, pour créer un "monde meilleur"

Enveloppe - Françoise-Hélène Jourda, pour créer un "monde meilleur"

interieur herne
interieur herne © FHJ
A l'intérieur, une série de bâtiments privés et publics, correspondant chacun à leur usage, construits en bois. Des terrasses sont aménagées le long du bassin de l'avenue centrale, investies par les plantes.
Enveloppe - Françoise-Hélène Jourda, pour créer un "monde meilleur"

Halle de Lyon

halle du 8 mai lyon jourda
halle du 8 mai lyon jourda © FHJ
Halle de marché de la place du 8 mai 1945 - LYON (1998)
Le bois est un matériau essentiel pour Françoise-Hélène Jourda. Outre ses propriétés naturelles, il est, dans une démarche environnementale, performant en terme de réduction de gaz à effet de serre et notamment possède la plus faible "énergie grise". Cette halle est constituée de troncs d'arbres écorcés provenant des Alpes. Une verrière a été installée et les eaux pluviales peuvent être récupérées. Convivialité, esthétisme et écologie : cette halle, a obtenu le Trophée d'aménagement urbain en 2003.
Halle de Lyon

Grammer - Françoise-Hélène Jourda, pour créer un "monde meilleur"

grammer 1 jourda
grammer 1 jourda © FHJ
Grammer Office - Ebermannsdorf (Allemagne, 2002)
Ce bâtiment industriel est constitué de deux éléments : une halle d'assemblage, de stokage et d'expédition, et des bureaux de la société. Chaque corps de bâtiment est composé de deux grands murs plissés noirs, entre lesquels viennent s'insérer la halle de fabrication d'un côté, et les bureaux de l'autre, reliés par une passerelle.
Grammer - Françoise-Hélène Jourda, pour créer un "monde meilleur"

Enceinte - Françoise-Hélène Jourda, pour créer un "monde meilleur"

murs noirs grammer
murs noirs grammer © FHJ
"L'apparente brutalité de l'architecture répond ici, à la manière du Land art, au site forestier environnant", explique le cabinet d'architecture. Détail des murs plissés.
Enceinte - Françoise-Hélène Jourda, pour créer un "monde meilleur"

Intérieur - Françoise-Hélène Jourda, pour créer un "monde meilleur"

herne interieur
herne interieur © FHJ
Pour l'intérieur, l'idée de Françoise-Hélène Jourda est que "l'usine proprement dite est conçue comme un volume libre, permettant de s'adapter aux contraintes géométriques de la chaîne de production". Le bâtiment des bureaux est quant à lui "composé de mezzanines convergeant vers le hall principal, espace d'accueil et d'exposition". Ici, une vue de l'intérieur de la passerelle reliant les deux corps de bâtiment.
Intérieur - Françoise-Hélène Jourda, pour créer un "monde meilleur"

Botanique - Françoise-Hélène Jourda, pour créer un "monde meilleur"

Jardin bitanique bordeau
Jardin bitanique bordeau © FHJ
Le Musée et le Jardin botanique de Bordeaux - 2007
La ville de Bordeaux a tenu à mettre en oeuvre une politique de développement durable exemplaire et a fait appel à Françoise-Hélène Jourda pour son musée et son jardin botanique, livré récemment. Le Musée "a été conçu pour aborder les différents sujets du développement durable : la flexibilité, les ressources en eau, air et énergie" a expliqué l'architecte à l'AFP.
Botanique - Françoise-Hélène Jourda, pour créer un "monde meilleur"

Musée - Françoise-Hélène Jourda, pour créer un "monde meilleur"

Musee bordeaux
Musee bordeaux © FHJ
Récupération des eaux pluviales, 650 m2 de cellules photovoltaïques, incrustées dans les panneaux de verre du toit (qui adaptent leur ouverture au climat) transformant l'énergie solaire en électricité, ni chauffage, ni climatisation... Jusqu'au changement d'ampoules à la manivelle ! Le bâtiment concilie objectif de développement durable et optimisation de son usage.
Musée - Françoise-Hélène Jourda, pour créer un "monde meilleur"

Jardin - Françoise-Hélène Jourda, pour créer un "monde meilleur"

jardin bordeaux
jardin bordeaux © FHJ
On retrouve les troncs d'arbres chers à Françoise-Hélène Jourda. L'arrosage est assuré par 275m3 d'eau de pluie, stockés dans des citernes enterrées.
Jardin - Françoise-Hélène Jourda, pour créer un "monde meilleur"

Energie zéro - Françoise-Hélène Jourda, pour créer un "monde meilleur"

Energie zéro 2
Energie zéro 2 © FHJ
"éNergie zérO" - Saint-Denis (en cours)
Ce bâtiment fait partie des derniers projets de Françoise-Hélène Jourda. Cet immeuble de bureau de 4500 m2 devrait être le premier à énergie passive, c'est à dire qui ne consomme pas plus d'énergie que ce dont il a besoin, construit dans l'hexagone.
Energie zéro - Françoise-Hélène Jourda, pour créer un "monde meilleur"

Concepts - Françoise-Hélène Jourda, pour créer un "monde meilleur"

Energie zéro
Energie zéro © FHJ
Pour atteindre l'énergie zéro, le cabinet Jourda a travaillé sur la compacité des volumes, l'isolation extérieure et l'énergie solaire. On vous l'avez dit : pour Françoise-Hélène Jourda, le développement durable est un "engagement personnel", auquel elle consacre sa vie !
Concepts - Françoise-Hélène Jourda, pour créer un "monde meilleur"
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