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Une grange graphique comme écrin pour des chambres d'hôtes

Par Valentin Boudonnet
,
le 30 octobre 2013
Souhaitant aménager quatre chambres d'hôtes dans une grange laissée à l'abandon, une propriétaire alsacienne a fait appel à l'architecte Loïc Picquet. Ce dernier a entièrement respecté l'architecture existante tout en faisant des apports modernes.
Un corps de ferme qui date de 1869, cela se respecte. C'est avec cet avis que Loïc Picquet, architecte, s'est engagé dans la réalisation de quatre chambres d'hôtes dans une ancienne grange, perdue dans la campagne alsacienne.
En dépit d'un budget modeste, la propriétaire souhaitait tout de même conserver l'identité du lieu afin d'offrir un hébergement représentatif de l'histoire du bâtiment et de son environnement. Un défi entièrement relevé par l'architecte.
Découvrez en pages suivantes la suite de notre reportage.
Une grange graphique comme écrin pour des chambres d'hôtes

Une grange abandonnée

Grange Alasace - Loïc Picquet
Grange Alasace - Loïc Picquet © Loïc Picquet
Lorsque Loïc Picquet a découvert la grange, elle était alors complètement inhabitée. Tout restait donc à faire.
"La construction de la ferme remonte à 1869. Il était important, pour la propriétaire, mais aussi pour moi, de ne pas dénaturer le lieu. Nous avons fait le choix de faire glisser la nouvelle structure bois dans l'existante" explique l'architecte.
Conforme aux architectures classiques de l'époque, la grange de 140 m² possédait un étage et servait à l'entrepôt du foin et à abriter des chevaux.
Une grange abandonnée

Un ouvrage respectant l'existant

Un ouvrage respectant l'existant - Reportage Grange - Loïc Piquet
Un ouvrage respectant l'existant - Reportage Grange - Loïc Piquet © Loïc Piquet
"Dès le départ, il a été décidé de ne pas toucher à l'existant" se souvient l'architecte. Il a fallu donc composer avec certaines contraintes. Notamment une différence de niveau entre la salle principale et le corps de ferme principal.
Après la réalisation de plusieurs maquettes et des discussions avec des charpentiers, Loïc Picquet a décidé de conserver cet écart. La bâtisse disposait encore de solives (poutres horizontales qui consolident un plancher) et il aurait été trop coûteux de les retirer pour abaisser le niveau du bâtiment principal. L'architecte a donc préféré installer quelques marches en bois pour faire oublier cette différence de hauteur.
Autre modification : Loïc Picquet a aménagé une cuisine dans l'ancien bâtiment, et installé une grande cheminée pour créer une espace convivial où les différents résidents peuvent se retrouver.
Un ouvrage respectant l'existant

Une façade originale

Une façade originale - Reportage Grange - Loïc Piquet
Une façade originale - Reportage Grange - Loïc Piquet © Loïc Piquet
Avec ses ouvertures grises saillantes, la façade attire irrémédiablement l'œil. Comme clouées directement sur cette dernière, les fenêtres offrent un côté graphique et moderne à l'ensemble. Pourtant, leur installation avait, avant tout, un but purement utilitaire.
"La propriétaire voulait des fenêtres où l'on puisse accrocher des brise-soleils ou des moustiquaires. J'ai opté pour des ouvertures à rotation, car elles permettaient ces aménagements et offraient aussi une bonne ventilation" raconte Loïc Picquet.
Afin de varier et de respecter les dimensions des pièces, l'architecte a disposé les plus grandes fenêtres dans les salles de bains, pour privilégier la lumière naturelle, et les plus petites dans les chambres. Le cadre qui les entoure est, quant à lui, en bois et recouvert de zinc. Il a été conçu plus large que les cadres classiques pour que les clients puissent y poser un pot de fleur ou un petit accessoire décoratif.
Une façade originale

La pièce commune et principale

La pièce commune et principale - Reportage Grange - Loïc Piquet
La pièce commune et principale - Reportage Grange - Loïc Piquet © Loïc Piquet
La pièce principale qui se trouve au rez-de-chaussée donne directement sur le jardin, comme une sorte de grand hall qui dessert le reste des chambres d'hôtes. Cette dernière a d'ailleurs été orientée vers le sud-ouest afin de privilégier le meilleur ensoleillement.
Si la propriétaire a fait installer un sol en carrelage - imitation ardoise - l'idée de l'escalier en pas japonais provient de Loïc Picquet. "C'est une structure très architecturale et étonnante. Malgré sa grande raideur, l'escalier est très confortable à l'usage et chaque marche est de bonne proportion" justifie l'architecte.
En l'absence de revêtement spécifique, on peut remarquer la pierre et les poutres d'origine, ce qui accentue l'impression de cohabitation entre l'ancien bâtiment et le moderne. Le bardage a d'ailleurs été réalisé dans cette optique comme le confirme Loïc Piquet : "Nous avons enlevé tout le bardage usé et l'avons remplacé par un neuf, protégé selon des méthodes traditionnelles, c'est-à-dire avec une mixture à base d'huile de vidange."
La pièce commune et principale

Une chambre 100% bois

Une chambre 100% bois - Reportage Grange - Loïc Piquet
Une chambre 100% bois - Reportage Grange - Loïc Piquet © Loïc Piquet
Les quatre chambres sont très similaires dans leur aménagement et font, toutes, la part belle au bois.
"Nous avons privilégié les bois résineux de la région, des Vosges, pour les chambres. Et pour le plancher, j'ai fait appel à des spécialistes de la charpente pour trouver une solution solide, sans être trop coûteuse non plus" se souvient l'architecte.
La porte à double-battant renvoie, elle, aux box pour les chevaux et donc à l'univers champêtre. Les rangements sous les fenêtres font office de petits dressings et les placards troués cachent, en réalité, un radiateur électrique.
Une chambre 100% bois

Une niche comme un clin d'oeil historique

Une niche comme un clin d'oeil historique - Reportage Grange - Loïc Piquet
Une niche comme un clin d'oeil historique - Reportage Grange - Loïc Piquet © Loïc Piquet
Autre exigence de la propriétaire : offrir, dans chaque chambre, un couchage supplémentaire au lit double. Loïc Piquet a donc fouillé dans sa mémoire et les traditions campagnardes pour concevoir une petite niche dans le mur comme celle que l'on pouvait trouver dans les "stubs alsaciennes", anciennes pièces médiévales que l'on chauffait en hiver. Un clin d'œil historique bienvenu.
En-dessous du lit a été creusé un espace pouvant accueillir des valises ou des sacs pour éviter l'encombrement des chambres.
Une niche comme un clin d'oeil historique

Une salle de bains en forme de couloir

Une salle de bains en forme de couloir - Reportage Grange - Loïc Piquet
Une salle de bains en forme de couloir - Reportage Grange - Loïc Piquet © Loïc Piquet
Chaque salle de bains a été réalisée dans une optique d'optimisation maximum de l'espace. Ainsi, elles mesurent toutes 1 mètre de largeur et prennent la forme d'un petit couloir où viennent se succéder, la douche, les toilettes et le lavabo.
Une fois ouverte dans sa partie supérieure, la porte à double-battant permet d'éviter un "effet d'enfermement" . Une solution choisie également pour faciliter la communication entre les habitants d'une même chambre. A noter que chaque salle de bains bénéficie d'une couleur qui lui est propre.
Une salle de bains en forme de couloir

Des espaces vides en prévision du futur

Des espaces vides en prévision du futur - Grange Alasace - Loïc Picquet
Des espaces vides en prévision du futur - Grange Alasace - Loïc Picquet © Stéphane Spach
Si de nouveaux travaux ne sont pas "à l'ordre du jour", l'architecte a tout de même laissé quelques espaces vides au cas où la propriétaire veuille aménager, plus tard, une cinquième chambre d'hôtes.
Ainsi, la porte en bois que l'on peut voir sur la photographie ci-contre, mène à un espace sous les chambres laissé vide.
De l'ordre de 150.000 euros, les travaux engagés par Loïc Picquet prouvent qu'il est possible de concilier ancien et moderne.

Fiche technique :

Maître d'œuvre : Loïc Picquet (Loïc Picquet Architecte)
Lieu d'installation : Alsace
Superficie : 140 m²
Durée des travaux : de janvier 2012 à août 2012
Coût total : 150.000 euros HT
Des espaces vides en prévision du futur
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