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Habiter au-dessus d'un pressing : attention danger

Par C. Chahi Bechkri
,
le 10 janvier 2013
Pressing
Pressing © C. Chahi Bechkri / MAP
Un arrêté ministériel pris le 5 décembre dernier prévoit l'interdiction totale de l'utilisation du perchloroéthylène dans les pressings à partir du 1er janvier 2022. Un délai que les riverains jugent trop long étant donnée la dangerosité avérée du produit pour la santé.
Habiter près d'un pressing est bien pratique mais, cela peut aussi avoir des inconvénients plus que gênants ! Les pressings ont utilisé pendant longtemps - et certains continuent d'ailleurs encore à le faire - du perchloroéthylène pour faire fonctionner leurs machines de nettoyage à sec, un solvant dont les émanations sont dangereuses pour la santé. Selon l'ADVEPP (Association des Victimes des Emanations de Perchloroéthylène des Pressings), 100.000 à 200.000 personnes y seraient exposées sans même s'en rendre compte. De quoi susciter sa vive inquiétude et la pousser depuis 2001, rapports de l'INERIS (Institut national de l'environnement industriel et des risques) à l'appui, à alerter le gouvernement sur les risques encourus par les riverains.
Restés jusqu'ici sans réponse concrète, ses appels viennent enfin d'être entendus. Mais la réponse faite ne comble pas vraiment ses attentes, puisque le gouvernement a opté pour une interdiction progressive du perchloroéthylène et non pas, comme elle l'espérait, pour une interdiction totale immédiate. Un arrêté pris le 5 décembre 2012 stipule en effet qu'à partir du 1er mars 2013 les pressings n'ont plus le droit d'installer de nouvelles machines fonctionnant au perchloroéthylène dans des locaux contigus à des locaux occupés par des tiers. Et ce n'est qu'à partir du 1er janvier 2022 qu'ils devront cesser d'en utiliser. Jusqu'à cette date, les anciens pressings peuvent donc continuer à travailler selon leurs habitudes avec le solvant.

Un premier pas jugé insuffisant

Au sein du Réseau Environnement Santé, de l'ADVEPP et de l'association Générations Futures, c'est l'indignation. Un sentiment que les trois structures ont d'ailleurs tenu à relayer en publiant dès le 10 décembre un communiqué de presse commun. Elles y déplorent des délais trop longs étant donnée la dangerosité des vapeurs de perchloroéthylène. D'après une étude du Laboratoire central de la Préfecture de police (LCPP), publiée en 2012 et reprise dans l'édition du 7 janvier dans le Parisien, les émanations se répandent sur plusieurs étages au-dessus des pressings aussi bien à l'extérieur qu'à l'intérieur et présentent des concentrations beaucoup trop élevées par rapport aux normes fixées par l'Organisation mondiale de la santé. La limite a été fixée à 250 ug/m3 or, dans certains appartements situés au-dessus de pressings, on atteint 1.500 m3 ug/m3. Le laboratoire dit même avoir relevé 120.000 ug/m3 dans une même pièce, soit près de 500 fois plus que la valeur de référence. Une situation d'autant plus alarmante lorsque l'on sait que ces émanations nuisent gravement à l'environnement ainsi qu'à la santé. Chez l'homme, elles peuvent endommager le système nerveux, les reins, provoquer des irritations respiratoires, des nausées, des maux de tête voire, pire, être à l'origine d'un cancer.
Devant une telle situation, l'ADVEPP continue donc à appeler à des mesures d'urgence. "Il est nécessaire de mettre en place un dispositif d'information systématique auprès des riverains, comprenant des mesures dans les locaux habités et dans les locaux voisins dans le cas de centres commerciaux, ainsi qu'un examen, médical et un dosage sanguin, comme cela a été recommandé par le Haut Conseuil de la Santé Publique", réclamait-elle au lendemain de la publication de l'arrêté ministériel du 5 décembre. Elle rappelle également que de nombreuses solutions existent pour remplacer le perchloroéthylène : des solvants à base d'alcanes, le décaméthlcyclopentanesiloxane, le solvon K4... Seul problème : étant donnée leur relative récente mise sur le marché, elles pourraient elles-aussi présenter un danger... La prudence est donc de mise, à juste titre.
Pour en savoir plus, cliquez sur le : www.advepp.fr
Et pour consulter la note d'information relative à cette interdiction, cliquez ici.
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