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La plus grande tour en bois au monde sera-t-elle construite à Paris ?

Par Augustin Flepp
,
le 25 juin 2015
Le projet Baobab à Paris
Le projet Baobab à Paris © MGA/ DVVD/ REI
Dans le cadre de l'appel à projet Réinventer Paris, l'architecte canadien, Michael Green, a l'ambition d'édifier un immeuble de 35 étages dans la capitale. Ce serait alors un record dans le monde. Ce gratte-ciel écolo serait assemblé à partir de panneaux bois en lamellé-collé, un procédé constructif résistant au feu et au séisme.
Dans le XVIIe arrondissement à Paris, une tour en bois de 35 étages va-t-elle être érigée au-dessus du périphérique ? Baptisé Baobab, ce projet de construction, un brin ambitieux, vient d'être présenté dans le cadre du concours Réinventer Paris. Son concepteur, Michael Green, est un architecte bien connu pour ses convictions écologiques qui s'expriment à travers le bois : aérogare, résidences universitaires, appartements... Ce Canadien, qui maîtrise parfaitement l'utilisation du matériau naturel, s'est lancé un nouveau défi : bâtir un bâtiment de 35 étages tout en bois. L'immeuble pourrait occuper un terrain suspendu au-dessus du périphérique entre la porte Maillot et la porte des Ternes. Il abritera des logements sociaux, une auberge de jeunesse, un jardin urbain, une station de bus, ainsi que d'autres installations.

Procédé CLT

Les agences canadienne MGA et française DVVD se sont associées au promoteur immobilier REI pour mener à bien la conception de cette tour unique au monde. "Notre but est de mettre au point un design propre à Paris, à travers l'innovation, le renforcement du sentiment communautaire et le contact avec les jeunes", a expliqué Michael Green, directeur de MGA au site Archdaily.
Pour réussir son pari, l'architecte entend utiliser un procédé constructif, appelé FFTT (Forest Through the Trees), basé sur l'utilisation de panneaux en bois lamellé-collé (CLT). Cette technique permet ainsi de concevoir des panneaux courbes ou de très grande taille. La tour sera ainsi réalisée à partir de poutres de 20 mètres de long et 2,5 m de large, ce qui permettra d'élever le bâtiment par tranche de 6 étages.
L'architecte affirme dans une étude parue en 2012 "The Case for Tall Wood Buildings" que cette technique d'assemblage est la plus adaptée aux constructions bois de grande hauteur. Pourquoi ? Car elle résiste au feu et aux séismes, est économique et performante en matière d'isolation acoustique. Grâce à sa faible conductibilité thermique, le CLT a réussi les tests de résistance au feu. Et ces caractéristiques le hissent au rang des matériaux très isolants.

Une nouvelle tour Eiffel ?

Reste que ce projet génère de la part de certains de la méfiance et du scepticisme. En réponse à ses détracteurs, l'architecte n'hésite pas à comparer notre époque à celle de la construction de la tour Eiffel, inaugurée en 1889. Les chercheurs et les ingénieurs considéraient l'édifice en métal comme une aberration. Or, le procédé Eiffel a résisté à l'épreuve du temps et des intempéries. "Le changement climatique a vraiment modifié la façon dont nous devons penser les constructions. Nous sommes à une nouvelle période 'tour Eiffel'", déclarait-t-il il y a quelques années.
Ces derniers temps, les villes se sont lancées dans l'idée de bâtir des gratte-ciel tout en bois. A Bergen en Norvège, une tour comptera bientôt 14 étages. Encore plus haut : la ville de Vienne en Autriche a présenté son arbre building, la tour Hoho, composée de 24 étages. Le prochain record du monde sera-t-il battu à Paris ? La réponse cet été lors de la délibération du jury.
La plus grande tour en bois au monde sera-t-elle construite à Paris ?
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