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En 2025, les ventes de meubles en France ont atteint les 13,6 milliards d'euros, selon les données publiées conjointement par la Confédération nationale de l'équipement du foyer (Cnef), l'Ameublement français et l'Institut de prospective et d'étude de l'ameublement (Ipea). Une baisse de 1,8 % par rapport à l'année précédente, qui marque la troisième année de repli pour le secteur, dont l'activité est toujours impactée par la mauvaise santé de l'immobilier. L'achat de meubles reste en effet très lié aux déménagements.
Le niveau des dépenses est toujours légèrement supérieur à celui de 2019, soit avant la pandémie et les deux années de croissance qui ont suivi pour le secteur. Seul le secteur de la cuisine est en croissance sur l'ensemble de l'année.
L'amorce d'une reprise
Les prémisses d'une reprise semblent néanmoins s'installer pour le marché, le second semestre 2025 ayant enregistré cinq mois de légère croissance. "
Certaines conditions préalables à la reprise paraissent être réunies", a déclaré Didier Baumgarten, président de la Cnef, lors d'une conférence de presse. Les trois organisations ont notamment mis en avant la stabilisation du pouvoir d'achat des ménages et les signes de reprise du marché immobilier, notamment dans l'ancien.
L'optimisme semble se généraliser pour 2026, la récente étude "
Le marché de la décoration et de l'aménagement intérieur" des Échos ayant déjà annoncé une amorce de reprise pour le marché de la décoration, motivée par la baisse des taux de crédit, la stabilisation des prix de l'immobilier et le niveau élevé du taux d'épargne des Français.
La menace de la fast-déco
L'embellie est toutefois menacée par les pratiques déloyales de certaines plateformes de ventes en ligne étrangères. "
En 25 ans, nous sommes passés de 77 % de meubles vendus en France fabriqués sur le territoire à 37 %. Sur la période, les importations de mobilier ont été multipliées par deux et la quantité des meubles en provenance de Chine a énormément progressé pour dépasser 1,5 milliard. Si nous n'agissons pas aujourd'hui, la part de la production française dans la consommation pourrait s'écrouler à 10 % dans 10 ans", partageait Cathy Dufour, déléguée générale de l'Ameublement français,
dans les colonnes de Maison à part en novembre dernier.
Or, les pratiques de plateformes comme Temu ou Shein sont considérées comme déloyales et les produits vendus comme dangereux, comme nous l'expliquait Cathy Dufour : "
Nous avons identifié cinq caractéristiques de non-conformité qui en font des meubles hors-la-loi : le défaut de sécurité, la tromperie des consommateurs, l'impact environnemental désastreux, la fraude à l'écocontribution et à la TVA et la contrefaçon."