La seconde main résiste face à l'hyperfast-fashion

    Publié le 4 décembre 2025 par Claire Tardy
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    Illustration © iStock/KatarzynaBialasiewicz
    CONJONCTURE. Dans le secteur de l'ameublement et de la décoration, les achats de seconde main tirent leur épingle du jeu malgré un contexte économique chahuté. L'accélération des acteurs chinois de l'hyperfast-fashion commence néanmoins à inquiéter.
    Si le marché du meuble recule, la seconde main ouvre de nouvelles perspectives de croissance. Le secteur a d'ailleurs été présenté comme incontournable lors d'un webinaire organisé par la Fevad (Fédération du e-commerce et de la vente à distance), en partenariat avec l'IPEA (Institut de la Maison) et SmartBack.
    Avec un meuble sur quatre vendu d'occasion et 1,3 milliard d'euros de valeur, il devient un pilier du secteur. "La seconde main représente 20% du marché du meuble", confirme Cathy Dufour, déléguée générale de l'Ameublement Français, l'Union nationale des industries de l'Ameublement français.

    Un mode de consommation respecté

    "La seconde main a toujours existé avec les brocantes, puis elle s'est développée et démocratisée avec les plateformes comme Leboncoin. Nous ne la voyons pas comme quelque chose de négatif puisque, pour avoir des pièces d'occasion de qualité, il faut des meubles de qualité", explique Cathy Dufour, qui voit d'un bon œil les plateformes en ligne spécialisées. "Ce serait trop compliqué économiquement de le faire par nous-mêmes. Mais, si le consommateur a besoin d'une pièce détachée ou d'une notice, nous répondons présents", rappelle la déléguée générale.
    Il est important de noter que les marques haut de gamme, comme Roche Bobois, Ligne Roset, Cinna ou Mobilier de France, conservent une cote d'occasion supérieure à 60 % du prix du neuf (selon la Fevad et l'IPEA).

    Un marché résistant mais pas invincible

    "Le marché de la seconde main se porte toujours bien et a de beaux jours devant lui, toutes industries confondues. De plus en plus de clients accèdent à cette habitude d'achat et les sujets de friction sont moins nombreux. Dans un contexte chahuté pour le marché global du mobilier et de la décoration depuis deux ans, plusieurs acteurs ayant été malmenés par la conjoncture, la seconde main tire son épingle du jeu et ne s'en sort pas trop mal", analyse Charlotte Cadé, la fondatrice de Selency.
    L'achat d'occasion reste avant tout un réflexe économique, 87 % des consommateurs y recourant dans le but de maîtriser leur budget (toujours selon la Fevad et l'Ipea). Une motivation qui en a fait sa force pendant de nombreuses années, mais qui pourrait bien devenir une faiblesse aujourd'hui.

    La concurrence chinoise dans le viseur

    "Les marketplaces chinoises (Temu, Shein) captent jusqu'à 85 % des consommateurs sensibles au prix, posant un défi concurrentiel majeur", poursuivent la Fevad et l'IPEA dans leur webinaire.
    Une inquiétude partagée par Cathy Dufour de l'Ameublement Français : "Les consommateurs se détournent actuellement de la seconde main et se tournent vers des plateformes comme Temu ou Shein. Ils se disent qu'ils peuvent avoir quelque chose de neuf pour encore moins cher. Mais ce sont des produits non durables, qu'ils vont rapidement jeter. En plus, dès lors qu'on achète pour pas cher, on a tendance à ne pas entretenir les produits."
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