L'HABITAT SOUS TOUS LES ANGLES

Un duo de femmes pour diriger les secteurs du logement et de l'écologie

Par Carine Lauga
,
le 3 avril 2014
Seize ministres au lieu de 37, c'est le nouveau visage du gouvernement resserré de Manuel Valls. Toutefois, il ne compte que deux entrants, Ségolène Royal au super ministère de l'Ecologie, et François Rebsamen au Travail. Après le départ de Cécile Duflot, c'est l'ancienne ministre de l'Artisanat, Sylvia Pinel, qui reprend les rênes du Logement et de l'Egalité des territoires. Détails.
On la disait sur la sellette depuis qu'elle s'était mis à dos les auto-entrepreneurs. Finalement, elle crée la surprise en s'installant à la tête du ministère du Logement et de l'Egalité des territoires. Sylvia Pinel, 36 ans, succède donc à Cécile Duflot, très émue au moment de la passation de pouvoir qui s'est déroulée ce mercredi 2 avril après-midi.
En lui remettant symboliquement le manuscrit de la Loi Alur, elle lui a souhaité de réussir, en indiquant qu'il est "essentiel que les moyens de ton ministère soient préservés". Avant de conclure : "Il reste encore beaucoup à faire, mais n'oublie pas que le logement reste un maillon indispensable de la transition énergétique". Pour sa part, Sylvia Pinel, a indiqué qu'elle était déterminée à "poursuivre le travail engagé et mené avec courage et conviction" par sa prédécesseur, tout en précisant que leur travail commun sur l'urbanisme et l'urbanisme commercial allait bien entendu aussi se poursuivre.

Un retour aux sources

De son côté, et là encore c'est une surprise, Ségolène Royal, 59 ans, ex-compagne de François Hollande et candidate malheureuse en 2007, fait une triomphale entrée au gouvernement, en décrochant le ministère d'Etat de l'Ecologie, du développement durable et de l'énergie. Ce n'est pas un hasard puisqu'elle avait déjà occupé le ministère de l'Environnement, de 1992 à 1993, sous Pierre Bérégovoy !
Son expérience, ses valeurs et affinités écologiques ne seront donc pas de trop pour assurer son nouveau portefeuille. Parmi ses principaux chantiers, elle devra mener celui de la transition écologique fort de lourds enjeux. Au cours de la passation de pouvoir avec Philippe Martin, Ségolène Royal s'est dite "très honorée d'être chargée de cette mission passionnante et difficile". "Le développement durable s'appuie sur trois piliers", a-t-elle poursuivi. "Tout d'abord, le progrès économique avec la croissance verte et les nombreux emplois qui vont avec, ensuite le progrès social avec le bien-être et le pouvoir d'achat, et enfin, le progrès écologique". Avant de conclure : "Il faut déployer les énergies pour innover et créer".
Fraîchement nommée, Ségolène Royal a d'ailleurs annoncé qu'elle quitterait son fauteuil de présidente du Conseil régional du Poitou-Charentes avant l'été.

Jeu de chaises musicales

En revanche, pas de changement au ministère de la Culture et de la communication, Aurélie Filipetti conserve son poste. Du côté de Bercy, un autre duo va opérer : Michel Sapin s'occupera des Finances et des comptes publics, tandis qu'Arnaud Montebourg récupère un large portefeuille comprenant l'Economie, du Redressement productif et du Numérique. Une équipe qui risque de faire des étincelles, selon certains analystes... Michel Sapin laisse ainsi sa place au ministère du Travail à François Rebsamen, qui hérite également de l'Emploi et du Dialogue social.
A noter que les secrétaires d'Etat devraient être nommés la semaine prochaine.
Retrouvez les réactions des acteurs du bâtiment et de la construction suite à ces nominations en pages suivantes.

Les 16 ministres du gouvernement Valls

Laurent Fabius : Affaires étrangères et du Développement à l'international
Benoît Hamon : Éducation nationale, Enseignement supérieur et Recherche
Ségolène Royal : Écologie, Développement durable et Énergie
Bernard Cazeneuve : Intérieur
Stéphane Le Foll : Agriculture et porte-parole du gouvernement
Jean-Yves Le Drian : Défense
Arnaud Montebourg : Économie, Finance, redressement productif et numérique
Najat Vallaud-Belkacem : Droits des femmes, Ville, Jeunesse et Sports
Michel Sapin : Finances
François Rebsamen : Travail, emploi et dialogue social
Marisol Touraine : Affaires sociales
Marylise Lebranchu : Décentralisation, réforme de l'État et de la fonction publique
Aurélie Filippetti : Culture et communication
Christiane Taubira : Justice
Sylvia Pinel : Logement
George Pau-Langevin : Outremer
Un duo de femmes pour diriger les secteurs du logement et de l'écologie

Florilège de réactions des acteurs de la construction suite à ces nominations...

Continuité d'un côté, rupture de l'autre... La redistribution des cartes au sein des ministères du Logement et de l'Ecologie va-t-elle satisfaire un secteur de la construction sur le qui-vive ? Réactions.
Patrick Liébus, président de la Capeb : "On nous a promis un gouvernement de combat, maintenant, il n'y a pas de temps à perdre. Il faut aller droit au but ! Nous avons besoin de ministres qui prennent les choses en main, qui redonne de l'impulsion. Avec Mme Pinel, qui connaît bien notre secteur de l'artisanat, la continuité devrait être assurée et plus facile, car on ne repart pas de zéro. Elle a fait bouger certaines choses en notre faveur précédemment, et nous avons de bonnes relations avec elle et son entourage. En revanche, pour ce qui est du duo avec Mme Royal, rien n'est gagné. Avez-vous déjà essayé de réunir l'eau et le feu ? Dans tous les cas, elles devront travailler de concert pour faire que les choses avancent. La priorité maintenant est de les rencontrer très rapidement".
Didier Ridoret, président de la FFB :
"Je constate que lorsqu'elle était à l'Artisanat, elle a réussi à faire bouger les lignes avec beaucoup de courage. Je ne connais pas son degré de connaissance sur le logement, mais maintenant, il faut agir vite et se mettre de suite au travail. Quant à Mme Royal, c'est une femme de caractère, on verra...".
Les petites entreprises ne devront pas être oubliées, a rappelé l'Union professionnelle artisanale (UPA). Qui appelle la nouvelle équipe "à s'appuyer sur les entreprises de proximité qui détiennent le plus fort potentiel de création d'emplois". Pour cela, l'UPA demande la "suppression de la cotisation d'allocations familiales des entreprises et des travailleurs indépendants, ainsi que la réduction de la fiscalité de toutes les entreprises". Elle demande enfin que soit nommée au sein du ministère d'Arnaud Montebourg, une "personnalité en charge de l'économie de proximité, en particulier des entreprises de l'artisanat et du commerce".
"Nous saluons l'arrivée de ces personnes, mais nous ne comprenons pas vraiment pourquoi la Ville a été séparée du Logement et de l'Ecologie. C'est un peu regrettable d'avoir éclaté ces deux entités, car nous avions l'espoir d'un grand ministère qui réunirait ces trois thèmes. Au-delà de cela, nous allons poursuivre les travaux entamés avec Mme Filipetti, bien entendu, et souhaitons rapidement nous rapprocher des deux autres ministres", a confié Catherine Jacquot, présidente du Cnoa.
Christian Louis-Victor, président de l'Union des Maisons Françaises (UMF), a salué la nomination de Sylvia Pinel, lui souhaitant bonne chance dans sa nouvelle mission. Il a rappelé que son organisation "s'attache depuis 25 ans à un dialogue constructif avec les pouvoirs publics et compte bien le poursuivre aujourd'hui". Il a enfin précisé que l'Union sera "attentive" aux engagements de la nouvelle ministre, notamment sur "l'accession à la propriété".
Découvrez ce que pensent la FPI, l'Untec, la Fnaim ou le SER en pages suivantes.
Florilège de réactions des acteurs de la construction suite à ces nominations...

Florilège de réactions des acteurs de la construction suite à ces nominations...

Florilège de réactions des acteurs de la construction suite à ces nominations...
Pierre Mit, président de l'Untec, est aussi dans l'attente : "Nous avons un nouveau gouvernement, mais entre les ministères du Logement, de l'Energie, ou du Numérique... la question est de savoir maintenant qui va reprendre les dossiers qui nous intéressent, comme celui de la numérisation du bâtiment et donc de la maquette numérique. La ministre Duflot avait lancé le chantier, suite aux conclusions des Objectifs 500.000, et nous attendions la nomination d'un 'Monsieur ou Madame BIM'. C'était un signal fort et il ne faudrait pas maintenant que le soufflé retombe. Tous nous attendons, et nos amis européens également, un représentant qui soit porteur de ce projet pour la France."
Pour Jean-François Buet, président de la Fnaim, "il reste à composer avec [la loi Alur]". Ayant constaté des "décalages" entre certaines dispositions et le vécu quotidien des ménages, la Fédération de l'immobilier se dit prête à concourir avec la nouvelle équipe "pour rendre les textes d'application [des décrets] plus conformes à la réalité du terrain".
Roger Bélier, président du Syndicat des aménageurs-lotisseurs (Snal), a souhaité attirer l'attention de la nouvelle ministre du Logement sur l'urgence de mesures telles que 'la création d'un choc de l'offre foncière via une politique fiscale adaptée et incitative", "la relance du marché de la primo-accession par une refonte du PTZ+", ou encore "la simplification des normes".
Le Syndicat des Energies Renouvelables (SER) a, pour sa part, salué la nomination de Ségolène Royal, "une personnalité politique d'expérience jouissant d'une très bonne appréhension des enjeux de la transition énergétique". Jean-Louis Bal, son président, a déclaré : "[Sa] nomination est une très bonne nouvelle pour les filières des énergies renouvelables. Nous nous tenons à sa disposition pour avancer très vite sur le projet de loi de transition énergétique".
Du côté du Plan Bâtiment Durable, on pense que "l'impulsion des nouveaux ministres est indispensable à la réussite des objectifs fixés par le Président de la République, spécialement la rénovation énergétique de 500.000 logements par an".
"En maintenant Logement et Egalité des Territoires sous l'autorité d'un même Ministère, l'Etat reconnaît la territorialisation croissante des questions de logement et la nécessité d'apporter des réponses différenciées en fonction des besoins et des évolutions, notamment démographiques, des territoires", a indiqué la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI). Et François Payelle, son président, de renchérir : "La FPI attend du nouveau Gouvernement qu'il s'attaque drastiquement aux causes de blocage du foncier constructible et de renchérissement des coûts de construction. Les solutions sont identifiées ; il est maintenant urgent de les mettre en œuvre. C'est un enjeu essentiel pour la croissance et pour l'emploi."
Florilège de réactions des acteurs de la construction suite à ces nominations...
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