Les temps forts de Decorex 2026 à Londres

    Publié le 22 octobre 2026 par Sonia Taourghi
    Claire Coles a signé l'identité visuelle de Decorex 2026 avec ses compositions de fleurs et d'animaux en papier, cuir et peinture.
    Claire Coles a signé l'identité visuelle de Decorex 2026 avec ses compositions de fleurs et d'animaux en papier, cuir et peinture. © Decorex / Claire Coles
    ÉVÉNEMENT. Du 11 au 14 octobre, le salon londonien de la décoration haut de gamme a réuni plus de 280 marques à Olympia pour sa 48ᵉ édition. Tour d'horizon des installations, des artisans et des collections qui ont retenu notre attention.
    Decorex a vu le jour en 1978 pour permettre aux architectes d'intérieur de rencontrer leurs fournisseurs. Le salon s'installe chaque automne sous la verrière d'Olympia, dans l'ouest de Londres, et présente mobilier, luminaires, tissus, revêtements muraux et quincaillerie, souvent sur mesure. L'organisateur revendique plus de 12.500 visiteurs professionnels.
    Plusieurs maisons françaises étaient de la partie. Ligne Roset présentait sa nouvelle collection, et les tissus Pierre Frey et Misia Paris, comme la cheminée suspendue de JC Bordelet, habillaient le salon VIP. Les designers venus en visite ont relevé des canapés et des textiles dans des crèmes, ainsi que des bruns et des neutres plus doux. Après les rouilles et les verts de l'an dernier, une large place a été faite aux matières naturelles et aux pièces faites main.

    Claire Coles signe l'identité du salon

    Pour 2026, Decorex a confié son identité visuelle à Claire Coles, artiste décoratrice installée dans le Norfolk. Ses compositions de fleurs et d'animaux, assemblées à partir de papier, de cuir et de peinture, ont habillé les supports numériques du salon comme les installations des allées. Claire Coles réalise des papiers peints muraux entièrement faits main et des œuvres en appliqué, à la frontière entre décoration et art. Les maisons de mode Jaeger et Missoni ont déjà fait appel à elle, et chaque pièce sort de son atelier sur commande.
    Au centre du salon VIP imaginé par Claudia Dorsch, la cheminée suspendue de JC Bordelet entourée de coins salon arrondis.
    Au centre du salon VIP imaginé par Claudia Dorsch, la cheminée suspendue de JC Bordelet entourée de coins salon arrondis. © Decorex / Claudia Dorsch Interior Design
     

    Claudia Dorsch réinvente le chalet

    Le salon VIP a pris des airs de chalet. Née en Allemagne, l'architecte d'intérieur Claudia Dorsch a fondé son studio londonien en 2009 et s'est spécialisée dans les chalets. Dans le hall d'exposition, elle a bâti une maison entière, baptisée "Back to the Future, The Chalet Reimagined", inspirée de l'architecture alpine et de l'art de vivre des stations de ski des années 1970, en Suisse, en France et en Italie. Elle ne voulait ni reproduire un chalet traditionnel ni dessiner "un hôtel de luxe qui se trouve à la montagne". "L'un répète l'histoire, l'autre l'ignore. Je voulais une troisième voie. Pas de nostalgie, une réinterprétation", explique-t-elle.
    Au centre, une cheminée suspendue du fabricant français JC Bordelet réunit autour d'elle quatre coins salon arrondis, dans l'esprit des salons en contrebas des années 1970. "Placez le feu, et la pièce s'organise d'elle-même", résume Claudia Dorsch. Canapés, fauteuils et banquettes mêlent bouclette, peau de mouton et cuir, avec des tissus Pierre Frey, Dedar et Misia Paris. Derrière la banquette, le papier peint Plantasia de House of Hackney, coloris tabac, fait entrer la forêt. L'atelier italien Ebanisteria Marelli signe les moulures sculptées à la main.
    Sur la terrasse, l'après-ski commence. Les chaises longues y portent une rayure rouge, bleue et verte dessinée par Claudia Dorsch avec l'atelier textile britannique Colours of Arley. Au-dessus, les suspensions Melt de Tom Dixon évoquent la roche en fusion et la glace qui fond. Chants d'oiseaux, crépitement du feu et parfum de pin et de résine accompagnent la visite. "Une maison qui ne porte aucune trace des gens qui l'ont aimée n'est pas encore un foyer", conclut la designer.
    La collection The Stinger de Ligne Roset puise dans l'univers des bars à cocktails des années 1950.
    La collection The Stinger de Ligne Roset puise dans l'univers des bars à cocktails des années 1950. © Ligne Roset
     

    Ligne Roset retrouve l'esprit cocktail

    Ligne Roset a fait le voyage avec The Stinger, une collection inspirée par le glamour des bars à cocktails des années 1950. L'éditeur, fondé en 1860 dans l'Ain et toujours familial, avait dévoilé cet univers en avril au Palais de Tokyo, à Paris, avec des rééditions attendues et des créations inédites.
    Le bar "A Seat at the Table" d'Aeven réunit autour d'une longue table des chaises venues de différents créateurs.
    Le bar "A Seat at the Table" d'Aeven réunit autour d'une longue table des chaises venues de différents créateurs. © AEVEN / Decorex
     

    Aeven réunit les visiteurs autour d'une table

    Le bar, point de rendez-vous des visiteurs, a pris cette année la forme d'une longue table commune. Alex Dauley et Grant Pierrus, cofondateurs d'AEVEN, ont baptisé l'installation "A Seat at the Table" et l'ont entourée de chaises dépareillées, choisies une à une auprès de marques et de créateurs du monde entier. On y trouvait notamment The Charming Chair de Josh Page, aux détails sculptés à la main et brodés par Sow Studio, et la Ida Chair dessinée par Jessy Van Durme pour Collett & Victor.
    "Nous voulions que l'espace soit ouvert, démocratique et animé par la conversation", explique Alex Dauley au magazine britannique Elle Decoration. Selon lui, le bar devait refléter l'industrie du design elle-même, diverse et collaborative, et servir de lieu de rencontre plutôt que de simple comptoir.
    Paravent en marqueterie d'Eleanor Pickin, fondatrice d'Epic Kin Designs, présenté dans l'espace Making Spaces.
    Paravent en marqueterie d'Eleanor Pickin, fondatrice d'Epic Kin Designs, présenté dans l'espace Making Spaces. © Eleanor Pickin / Epic Kin Designs
     

    Making Spaces, l'artisanat en direct

    Pour sa cinquième édition, le programme Making Spaces a retenu quatorze artisans parmi plus de 200 candidatures. Pendant quatre jours, les artisans ont travaillé devant le public, en démonstrations comme en ateliers, dans des disciplines comme le textile, le tissage, la céramique ou le collage.
    Le bois a occupé une large place dans la sélection. Eleanor Pickin, fondatrice d'Epic Kin Designs, présentait un paravent en marqueterie aux motifs de paysage abstrait. Jarrad Belton exposait des étagères murales dessinées comme des feuilles de ginkgo, et Matt Kavanagh façonne ses pièces dans le bois de feuillus tombés à Londres.
    Le canapé modulable Stone de Stylish Club s'inspire des galets de rivière polis par l'eau.
    Le canapé modulable Stone de Stylish Club s'inspire des galets de rivière polis par l'eau. © Stylish Club
     

    Le Portugal en force avec Stylish Club

    Le Portugal comptait dix-sept marques à Decorex cette année, accompagnées par l'AICEP, l'agence portugaise pour l'investissement et le commerce extérieur. Parmi elles figurait Stylish Club, éditeur de mobilier installé à Paços de Ferreira, dans le nord du pays, qui se décrit comme "une marque postmoderne construite sur des références au passé". Sur son stand, la marque a réuni neuf pièces autour du concept "Rare Matter".
    Le canapé modulable Stone s'inspire, selon la marque, des galets de rivière façonnés au fil du temps par le passage de l'eau. Ses volumes arrondis et dissociés reprennent ces courbes. La collection Stone comprend aussi un fauteuil, une console basse et un bureau aux formes polies. Le marché britannique compte pour la filière portugaise. En 2025, le Royaume-Uni était le cinquième marché d'exportation du secteur de la maison au Portugal, avec 55,4 millions d'euros de meubles exportés, selon l'AICEP.
    Le lustre Blossom Cluster de Tigermoth Lighting, en cuivre martelé, reprend la forme des grappes de glycine.
    Le lustre Blossom Cluster de Tigermoth Lighting, en cuivre martelé, reprend la forme des grappes de glycine. © Tigermoth Lighting
     

    La lumière façonnée à la main

    Le fabricant britannique Tigermoth Lighting présentait une version agrandie de son lustre Blossom Cluster. Inspiré des grappes de glycine, il est façonné en cuivre martelé. La marque dévoilait aussi pour la première fois une suspension en soie ornée d'un détail Art déco. Plus loin, la maison espagnole United Alabaster, fondée en 1969 à Sarral, en Catalogne, exposait ses luminaires en albâtre, une pierre translucide qui diffuse une lumière douce.
    Dans la Beach House, l'éclairage Ketra de Lutron reproduit une journée de lumière naturelle, et les enceintes Sonance restent invisibles.
    Dans la Beach House, l'éclairage Ketra de Lutron reproduit une journée de lumière naturelle, et les enceintes Sonance restent invisibles. © Homeplay
     

    Lutron et Sonance cachent la technologie

    Sur le stand L50, l'intégrateur londonien Homeplay a conçu avec l'agence Hill House Interiors une pièce à vivre baptisée Beach House. L'éclairage Ketra de l'américain Lutron y reproduit en trois minutes une journée de lumière naturelle, de la lumière froide du matin aux tons du coucher de soleil, jusqu'à la lueur d'une bougie. Les stores motorisés de la marque suivent le même scénario. Huit enceintes encastrées Sonance disparaissent derrière le papier peint, sans aucune grille visible.
    Les temps forts de Decorex 2026 à Londres
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