Au cœur du 11ᵉ arrondissement, sur le boulevard Voltaire, l'ancien logement de concierge de l'immeuble, 19 m² au sol, servait depuis longtemps de remise. Un couple, dont les deux filles venaient étudier à Paris, a vu dans ce local un pied-à-terre partagé. Il a confié la transformation à JLC Intérieurs, avec l'objectif de créer un lieu à la fois confortable et stylé malgré l'exiguïté.
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La loge était très vétuste, humide et bruyante, sans même de toilettes. Il fallait inventer des zones pour dormir, cuisiner et se laver, tout en luttant contre le bruit de la rue et de la copropriété, ainsi que l'humidité des caves en dessous", explique Charlotte Delobelle.
Pour l'équipe, le projet a été un vrai test d'ingéniosité : "
Nous avons tellement réussi à 'pousser les murs' qu'il a été possible de créer deux espaces nuit indépendants. Au départ, il était question de loger une seule étudiante… et finalement, la loge a pu accueillir les deux sœurs", s'enthousiasme-t-elle.
Fiche technique
Qui vit ici ? Deux sœurs en études artistiques
Emplacement : boulevard Voltaire, Paris, 11ᵉ arrondissement
Superficie : 19 m² au sol (environ 30 m² utilisables grâce aux mezzanines)
Date des travaux : du 15 juin au 15 décembre 2024 (environ 6 mois)
Budget travaux : moins de 100.000 €
JLC Intérieurs, 11-13 rue Guersant, 75017 Paris

Plan avant © JLC Intérieurs
Avant. Partagée à l'origine en deux petites pièces peu agréables et humides (cuisine-couloir et séjour rudimentaire), cette ancienne loge de 19 m² avait l'avantage d'avoir deux grandes fenêtres et une belle hauteur sous plafond de 3,35 mètres. L'objectif était de la rénover de fond en comble afin de tenter d'y accueillir deux couchages indépendants, une zone cuisine-séjour et une salle d'eau, tout en corrigeant les problèmes d'humidité, de bruit et de ventilation. Et ce sans dépasser le budget de 100.000 euros. "
Le défi était assez énorme", résume Charlotte.

Plan après © JLC Intérieurs
Après. L'astuce maîtresse fut de créer des mezzanines afin de libérer le rez-de-chaussée. Le bas accueille désormais un salon-cuisine d'environ 17 m² et une salle d'eau de 3,27 m², tandis qu'en hauteur, les espaces nuit prennent place sur environ 11 m². La solution permet d'organiser les fonctions sans assombrir l'ensemble : la zone avec les fenêtres conserve toute la hauteur sous plafond, ce qui éclaire le volume.
Découvrez dans les pages suivantes, en images, la transformation avant/après des lieux.
Démolition : la bonne surprise
La loge pendant la démolition © JLC Intérieurs
Avant. La phase de démolition a consisté à curer intégralement la surface et à abattre la cloison entre les deux pièces, devenue porteuse avec le temps. Cette étape, nécessaire au vu de l'état initial du local, a apporté son lot de bonnes surprises : elle a permis de récupérer 83 centimètres au sol en hauteur entre le rez-de-chaussée et les caves, portant la hauteur complète à près de 4 mètres, et de grappiller quelques centimètres carrés, notamment en faisant tomber une colonne de rangement à l'entrée. "
Dans un endroit si petit et si vétuste, c'est seulement après la démolition que l'on peut réellement envisager le dessin du projet et pousser au maximum les murs", rappelle Charlotte Delobelle.
Démolition : la bonne surprise
Deux mezzanines pour créer deux chambres
Deux mezzanines pour créer deux chambres - La loge après les travaux © Laura Jacques
Après. Dès lors, deux mezzanines réunies par un petit sas central avec rangements sont devenues envisageables, accessibles par un escalier à pas japonais gain de place, ce qui a entièrement changé la face du projet et permis à la famille de loger ses deux étudiantes.
A noter qu'en plus de la prouesse structurelle, des astuces ont dû être trouvées pour rester dans le budget. La conscience éthique étant l'une des valeurs centrales de la société, Charlotte a proposé à ses clients de leur donner des revêtements de sol : "
Le parquet en point de Hongrie est une récupération d'un hôtel particulier dans lequel on est intervenu, et le sol de la cuisine est une pierre de Bourgogne que l'on avait récupérée lors de notre tout premier chantier", partage-t-elle.
Deux mezzanines pour créer deux chambres
Une prouesse structurelle
La mezzanine avant les travaux © JLC Intérieurs
Avant. Deux mezzanines distinctes ont été posées de part et d'autre de la porte d'entrée placée au centre du volume. Les mezzanines ont été réalisées en structure métal et solives bois, afin d'être à la fois très résistantes et d'un encombrement minimum, notamment en ce qui concerne l'épaisseur du plancher. "
L'idée était d'arrimer les poutres de rive dans les parois latérales", explique Charlotte. JLC étant une entreprise familiale, c'est Jean-Luc, le père de Charlotte, qui a supervisé les travaux structurels.
Une prouesse structurelle
L'ADN design du projet
L'ADN design du projet - La loge après les travaux © Laura Jacques
Après. Sous l'une des mezzanines a été placé le petit espace séjour. La société tout corps d'état intègre également un studio de création design, qui offre une réflexion poussée sur le rendu esthétique des lieux. "
Les propriétaires nous ont tout de suite demandé des accents pop des années 70. Nous avons proposé les chauffeuses en velours côtelé orange. L'affiche Salammbô, c'est un clin d'œil à l'une des habitantes des lieux dont c'est le prénom", glisse Charlotte.
L'ADN design du projet
Un chantier plus long que prévu
Les lieux à l'origine © JLC Intérieurs
Avant. Un imposant portique IPN a été placé au niveau du décloisonnement des deux pièces, et au sol les chapes ont été entièrement refaites avec un complexe isolant. "
Le chantier a duré six mois, ce qui est long pour une si petite surface, car il a fallu passer en assemblée de copropriété pour faire valider la nature des travaux", explique la professionnelle.
Un chantier plus long que prévu
Rendre utiles les contraintes
L'aménagement de la façade © Laura Jacques
Après. Face à la porte d'entrée, l'escalier à pas japonais structure la surface en deux, créant la séparation entre le petit séjour et la cuisine de poche. Le long des fenêtres, des coffrages ont dû être réalisés pour camoufler des soupiraux existants. "
Cette contrainte a permis de créer des bancs qui servent aussi de marches pour accéder aux fenêtres. Celles-ci sont devenues très hautes une fois que nous avons décaissé le sol", note Charlotte. Un grand radiateur électrique a été posé sous l'une des deux fenêtres donnant sur rue.
Rendre utiles les contraintes
Menuiseries et isolation renforcée
L'isolation des murs © JLC Intérieurs
Avant. Remplacées par des modèles à double vitrage avec aérations intégrées, les nouvelles menuiseries optimisent l'isolation phonique et thermique, installée du sol au plafond. "
La façade était très humide et nous avons créé une isolation renforcée pour assainir. Nous avons également posé une VMC et géré les entrées d'air pour que le logement reste sain", explique Charlotte.
Menuiseries et isolation renforcée
Un décor années 70
La nouvelle cuisine © Laura Jacques
Après. Les propriétaires souhaitaient un décor dans le style années 70 modernisé. Ils ont trouvé eux-mêmes le papier peint à fleurs de la cuisine, qui a d'emblée fait partie du projet, de même que la table et les assises en formica orange. Le miroir était également un bien de famille. Une banquette a été réalisée sous la fenêtre pour créer des assises gain de place et englober un autre soupirail.
Un décor années 70
Une cuisine pleine de peps sous la mezzanine
Une cuisine pleine de peps sous la mezzanine - La nouvelle cuisine © Laura Jacques
Après. Pour s'accorder à ce décor vintage, la société JLC a proposé une petite cuisine pleine de peps, sur la base de meubles IKEA recouverts de façades RYK. "
Cette société propose des façades colorées dans un grand nombre de RAL", apprécie la professionnelle. La cuisine a été parfaitement intégrée sous la seconde mezzanine. Les meubles hauts en chêne s'intègrent discrètement, tandis que les carreaux rose clair en crédence créent une belle transition en reprenant les couleurs du papier peint.
Une cuisine pleine de peps sous la mezzanine
Décloisonnement et pose des mezzanines
Les mezzanines décloisonnées © JLC Intérieurs
Avant. Cette photo en cours de travaux est prise depuis la porte d'entrée, après que la surface a été décloisonnée en totalité. Nous apercevons la pose des deux mezzanines, entre lesquelles a été construit l'escalier à pas japonais.
Décloisonnement et pose des mezzanines
Accès à l'étage et rangements sous escalier
L'escalier © Laura Jacques
Après. Face à l'applique murale Donuts de CKENsu, l'étage est accessible par cet escalier. "
C'était le pivot du projet : on a doublé la surface utile, même si en haut on peut à peine se tenir debout", partage Charlotte Delobelle. Derrière l'escalier se trouve l'entrée du logement, et le dessous de l'escalier a été optimisé avec beaucoup de rangements.
Accès à l'étage et rangements sous escalier
Aménagement des espaces en mezzanine
Plan de l'étage © JLC Intérieurs
L'espace en mezzanine de 11 m² a été pensé de sorte à créer deux coins nuit indépendants pour chacune des étudiantes réunis par un petit palier au niveau de l'escalier, soit juste au-dessus de la porte d'entrée. Ce sas accueille un grand rangement pour leurs vêtements.
Aménagement des espaces en mezzanine
Des chambres en second jour
Les nouvelles chambres © Laura Jacques
Après. Les deux mezzanines, qui forment chacune des chambres des filles, ont été équipées de châssis fixes pour profiter d'un éclairage naturel en second jour. Des bouches de ventilation mécanique ont été posées dans ces pièces (tout comme dans la cuisine et la salle de bains) pour assurer le renouvellement de l'air.
Des chambres en second jour
Des chambres en enfilade
Des chambres en enfilade - Les nouvelles chambres © Laura Jacques
Dans les chambres, les matelas ont été posés à même le sol pour ne pas perdre davantage de hauteur. A ce niveau, la hauteur utile étant d'1,67 mètre, les filles se tiennent tout juste debout. "
Le choix du sisal synthétique au sol a été fait pour son caractère imputrescible, sa légèreté et sa facilité d'entretien", précise Charlotte.
Des chambres en enfilade
Une cuisine rudimentaire
L'ancienne cuisine pendant les travaux © JLC Intérieurs
Avant. Retournons au rez-de-chaussée pour visiter la salle de bains. Lorsque l'on entrait dans l'ancienne cuisine se trouvaient sur le côté gauche la colonne d'évacuation des toilettes de l'immeuble, ainsi qu'un ancien évier relié à un ballon d'eau chaude.
Une cuisine rudimentaire
Une salle de bains tout confort
La nouvelle salle de bain en cours de travaux © JLC Intérieurs
En cours de travaux. C'est à cet emplacement, soit derrière la cuisine actuelle, qu'a été créée une salle de bains de plus de 3 m², avec tout le confort : vasque, douche à l'italienne, toilettes suspendues et même la place pour un lave-linge.
Une salle de bains tout confort
Minimalisme et harmonie
La nouvelle salle de bain © Laura Jacques
Après. "
La robinetterie a été encastrée pour un effet minimaliste qui permet d'agrandir l'espace visuellement", explique Charlotte. Une faïence rappelant le terrazzo a été choisie pour recouvrir les murs et le sol de la douche, dont les pointes d'orange créent l'harmonie avec les autres pièces où cette couleur est le leitmotiv.
A l'heure de conclure, Charlotte résume : "
Pour notre société, ce chantier reste un gros défi, car il a fallu trouver des astuces autant pour faire tenir le programme que pour rester dans le budget. Comme il y a beaucoup de menuiseries sur mesure en MDF façon seconde peau, cela a fait monter de facto le prix de la rénovation, mais tout s'est passé idéalement avec des clients adorables et leurs deux filles, qui ont été absolument ravies. Le logement s'est montré totalement fonctionnel pour leurs besoins."
Minimalisme et harmonie