La chapelle du château royal d'Amboise s'offre une cure de jouvence

    Publié le 10 mars 2022 par Lilas-Apollonia Fournier
    Chapelle Saint-Hubert château d'Amboise chantier
    Chapelle Saint-Hubert château d'Amboise chantier © Château royal d'Amboise
    La chapelle Saint-Hubert du château royal d'Amboise bénéficie d'une restauration exceptionnelle. Charpente, sculptures, vitraux, plomberie, presque tout est à refaire. Visite de ce chantier grandiose...
    En Indre-et-Loire, la chapelle Saint-Hubert du château royal d'Amboise se refait une beauté. Depuis septembre dernier, des travaux ont débuté pour rénover entièrement cet édifice construit au XVe siècle pour Charles VIII par des maîtres artisans flamands. Sépulture de Léonard de Vinci, la chapelle est un élément architectural important de la région.
    "C'est un chantier exceptionnel. Charpente, sculptures, couverture, vitraux, maçonnerie... nous allons tout refaire", annonce Samuel Buchwalder, responsable communication du château, lors d'une visite à laquelle nos confrères de Batiactu étaient conviés. "La dernière rénovation de l'ouvrage date du XIXe siècle." Des techniques traditionnelles, non mécanisées, sont utilisées pour rénover ce lieu consacré au culte. La charpente va être consolidée et la toiture en plomb et ses ornements seront rénovés.
    Zoom en images sur ce chantier de rénovation d'exception.
    La chapelle du château royal d'Amboise s'offre une cure de jouvence

    Une multitude de travaux à mener

    Une multitude de travaux à mener - Chapelle Saint-Hubert château d'Amboise chantier
    Une multitude de travaux à mener - Chapelle Saint-Hubert château d'Amboise chantier © Château royal d'Amboise
    De style gothique flamboyant, en tuffeau blanc, la chapelle Saint-Hubert a servi d'oratoire à Anne de Bretagne. La vie du roi Louis IX, également appelé Saint Louis, est représentée sur les vitraux, plus récents que l'enceinte. Quant au tympan, ajouté au XIXe siècle, il met en lumière Charles VIII et Anne de Bretagne.
    Le chantier est dirigé par l'architecte en chef des Monuments historiques Étienne Barthélémy. "Les travaux sont tels que 90 tonnes de matériel pour l'échafaudage ont été installés", chiffre Samuel Buchwalder. "C'est un enjeu pour le château de faire travailler le plus d'entreprises locales possible."
    Une multitude de travaux à mener

    Quid des vitraux ?

    Quid des vitraux ?  - Chapelle Saint-Hubert château d'Amboise chantier
    Quid des vitraux ? - Chapelle Saint-Hubert château d'Amboise chantier © Château royal d'Amboise
    Les vitraux datent de 1952 et sont signés par l'artiste Max Ingrand. La fondation Saint-Louis, qui détient le château, possède peu d'informations sur les vitraux originels mais elle sait qu'ils ont été entièrement remplacés par des créations de la manufacture de Sèvres, à l'occasion du chantier commandité au XIXe siècle par le roi Louis-Philippe, et ont été détruits lors de la Seconde Guerre mondiale.
    La première intervention des ouvriers pour ce nouveau chantier a été de retirer les vitraux. Cela fait partie des travaux les plus délicats, avec le remplacement de la toiture et de la charpente, ainsi que la rénovation des décors sculptés à la Renaissance. "La restitution des décors est la partie la plus importante", assure le porte-parole du château. Les vitraux seront quant à eux nettoyés et restaurés.
    Quid des vitraux ?

    La cloche sonnera pour la première fois

    La cloche sonnera pour la première fois - Chapelle Saint-Hubert château d'Amboise chantier
    La cloche sonnera pour la première fois - Chapelle Saint-Hubert château d'Amboise chantier © Château royal d'Amboise
    La charpente est en mauvais état. En effet, certaines pièces ont été détruites par le vent et le poids du plomb. Celui-ci, datant du XIXe siècle, est aujourd'hui trop ancien. "L'ensemble de la flèche ornée de bois de cerf sculpté et la toiture vont être enlevées. Les décorations extérieures seront reprises, comme les gargouilles", continue Samuel Buchwalder. La flèche avait été ajoutée à l'édifice en 1840. Elle a par la suite été redécorée dans le style gothique, lors de travaux entre 1880 et 1883.
    Sur le chantier actuel, un repatinage du tuffeau sera mené, pour "donner un ton uni" à la chapelle. La couverture de plomb va être refaite et rehaussée en permettant la restitution de dorures originelles du XIXe siècle. Celles-ci seront placées sur la partie sommitale de la flèche de la chapelle. "La flèche contient une cloche qui n'a jamais servi en 150 ans car elle n'avait jamais été attachée à son joug. Baptisée Hildebrandt, elle sera enfin remise en marche", annonce-t-il. Pour les hirondelles de fenêtre, une espèce importante pour la biodiversité de la région, des nids artificiels seront installés.
    La cloche sonnera pour la première fois

    Une charpente remise en état

    Une charpente remise en état  - Chapelle Saint-Hubert château d'Amboise chantier
    Une charpente remise en état - Chapelle Saint-Hubert château d'Amboise chantier © Château royal d'Amboise
    Sur le parvis du château, une grande pièce de charpente est exposée. C'est l'abside de la chapelle, qui sera ensuite ajoutée à l'édifice. "Elle a été réalisée par des volontaires de l'association Charpentiers sans frontières, qui travaillent le bois uniquement à la main", explique le responsable communication du site. Les trente bénévoles venus de plusieurs pays équarrissent le bois avec des haches. De son côté, la commune a offert à la fondation un chêne multicentenaire issu de la forêt d'Amboise. En tout, une vingtaine d'arbres prélevés sur des parcelles appartenant à l'ancien domaine de Chanteloup vont servir à restaurer la charpente séculaire.
    Une charpente remise en état

    Un volet pédagogique

    Un volet pédagogique - Chapelle Saint-Hubert château d'Amboise chantier
    Un volet pédagogique - Chapelle Saint-Hubert château d'Amboise chantier © L-A Fournier
    Des loges d'artisans ont aussi été installées près du chantier, dans un but pédagogique. Le bâtiment éphémère restera sur site durant toute la durée du chantier. L'idée est de montrer et d'expliquer aux visiteurs les travaux réalisés et les savoir-faire traditionnels. L'équipe du château prévoit d'organiser des démonstrations à chaque étape du chantier.
    Couvreurs, tailleurs de pierre, sculpteurs ou encore charpentiers se succéderont pour dévoiler leurs métiers au public. Des vidéos et objets sont également exposés, et une fresque pédagogique de 28 mètres a été installée pour retracer les temps forts de l'histoire de la chapelle et les différents axes du chantier en cours. "Une enveloppe de 200.000 euros est allouée à la médiation. Nous espérons ainsi susciter des vocations, notamment chez les jeunes et ceux en voie de reconversion", affirme Samuel Buchwalder.
    Le chantier devrait se terminer en septembre 2023, pour un budget total estimé à 2,7 millions d'euros. Il est financé à 80% par le plan de relance du gouvernement et à 20% par les fonds privés de la fondation Saint-Louis, une institution reconnue d'utilité publique en charge d'assurer la pérennité des biens historiques tels que le château d'Amboise.
    Un volet pédagogique

    Un chantier d'exception

    Un chantier d'exception - Chapelle Saint-Hubert château d'Amboise chantier
    Un chantier d'exception - Chapelle Saint-Hubert château d'Amboise chantier © Château royal d'Amboise
     
    Fiche technique
    Maîtrise d'œuvre : Etienne Barthélémy - Architecte en chef des Monuments Historiques
    Maîtrise d'ouvrage : Fondation Saint Louis, propriétaire
    Maçonnerie/taille de pierre : Entreprise SN Billon (Indre-et-Loire)
    Echafaudage : Entreprise Entrepose (Loire-Atlantique)
    Sculpture : Entreprise Brunner (Indre-et-Loire)
    Charpente : Entreprise Dulion (Yonne)
    Couverture/Ornement : Entreprise Couvertures de Loire (Maine-et-Loire)
    Menuiserie : Entreprise Boulnois (Indre-et-Loire)
    Art verrier : Entreprise Artvitrail (Yonne)
    Art campanaire : Entreprise Gougeon (Indre-et-Loire)
    Laboratoire : Entreprise ERM (Vienne)
    Electricité : Entreprise MRP (Indre-et-Loire)
    Durée prévisionnelle des travaux : 20 mois (automne 2021- automne 2023)
    Budget : 2,7 millions d'euros, soutien de l'Etat à hauteur de 80% dans le cadre du plan de relance
    Un chantier d'exception
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