Achats immobiliers : quel est l'impact du DPE selon les régions ?

    Mis à jour le 29 avril 2024
    Date de publication et auteurs
    Publié le 17 avril 2024 par Etienne Gless
    Illustration vente appartement
    Illustration vente appartement © Istock
    INFOGRAPHIE. Dans un marché où la construction s'est réduite à peau de chagrin, les logements étiquetés F et G prennent une part croissante dans les achats de logements financés par emprunt. Profil des acheteurs et évolution des prix, l'observatoire Crédit Logement/CSA a livré son analyse ce mardi.
    Les achats de "passoires thermiques" se portent bien ! Le constat est issu des dernières données de l'Observatoire du logement Crédit Logement/CSA pour la période 2021-2024. Les financements accordés aux étiquettes de DPE F et G ne connaissent pas de recul par rapport à la période 2015-2021. Le poids de ces étiquettes s'est même accru alors que la part des étiquettes A et B a reculé de manière sensible. Les achats de logements étiquetés F et G financés par emprunt représentent ainsi 19 % du total des achats sur la récente période 2021-2024 contre 17,2% sur la période plus longue 2015-2024. A l'inverse les étiquettes A et B ne pèsent que 6,5% des achats de logements sur la période 2021-2024 contre 9,8% sur la période longue 2015-2024. L'explication ? "La chute de la construction fait baisser le poids des belles étiquettes", rapporte Michel Mouillart professeur, spécialiste de l'économie immobilière, à notre confrère de Batiactu. Comment se comporte les acheteurs ? Quels sont leur profil ?

    Jeunes et ménages modestes n'achètent pas plus de "passoires"

    Côté acheteurs, autre constat : les ménages aux revenus les plus modestes (moins de 2 Smic) ne sont pas renvoyés vers les étiquettes les plus mauvaises. Ils n'acquièrent pas des logements beaucoup plus énergivores que les autres ménages. Plus surprenant, ce sont même les acquéreurs aux revenus très aisés (5 Smic et plus) qui achètent le plus fréquemment des logements mal classés au regard du DPE : 20,9 % de "passoires" F et G contre 18,6 % pour les moins de 2 Smic. La raison de ce résultat a priori singulier ? Les ménages les plus aisés ont davantage de moyens pour financer des travaux importants de rénovation énergétique.
    Si l'on retient cette fois le critère de l'âge, les plus jeunes emprunteurs n'acquièrent pas non plus davantage de "passoires" que les autres. 19,4% des emprunteurs de la tranche d'âge 25-35 ans par exemple ont acheté des logements étiquetés F ou G sur la période 2021-2024 (10,8% de logements étiquetés F et 8,6% d'étiquetés G). Une proportion guère plus élevée que pour la tranche d'âge des 35-45 ans (18,6%) ou des 45-55 ans (19,2%). Les acheteurs les plus âgés (55-65 ans) qui disposent en général d'une capacité financière meilleure que les plus jeunes sont quant à eux 18,5 % à avoir acquis un logement classé F ou G.

    Une décote de 4% des prix des logements étiquetés F et G

    Le coût des logements étiquetés A ou B est en moyenne de 11 % au-dessus de la moyenne du marché, d'après les données de l'Observatoire du logement CSA. Il peut s'agir de logements anciens chers dans des espaces très recherchés ou des logements neufs abordables acquis par des primo accédants aux revenus moyens ayant par exemple bénéficié d'un prêt à taux zéro (PTZ). Inversement les coûts des biens étiquetés F et G sont de 4 % en dessous de la moyenne du marché.
    L'impact du DPE sur les prix au m2 est réel et s'est accéléré en 2023. Par rapport à la note D, le prix au m2 est 4,3% plus élevé en moyenne pour les logements étiquetés A ou B et de -9,7% pour ceux étiquetés G. Une différence qui se vérifie dans toutes les régions même si l'écart est plus réduit dans les régions Occitanie ou PACA -au climat plus clément- ainsi qu'en Île-de-France (hors Paris). Par exemple la décote pour un logement en PACA étiqueté G en 2023 n'était "que" de 5% alors qu'elle atteignait -17,9% pour une "passoire" en Centre-Val-de-Loire. Malgré ces écarts selon les marchés, le DPE voit année après année son impact s'accentuer sur les prix des logements.
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