Le duplex après les travaux © Juan Jerez
Les propriétaires, un couple de quinquagénaires avec un enfant, étaient en quête d'un bien qui leur ressemble : un lieu atypique, à fort caractère. Lorsqu'ils dénichent ce surprenant duplex dans une ancienne imprimerie du XIXe siècle, ils sont d'emblée attirés par ses volumes industriels : une structure massive de gros poteaux en moellons et brique, une double hauteur saisissante, une verrière en toiture qui fait irradier la lumière au niveau supérieur.
Maxime Scheer, fondateur de Cent 15 Architecture, visite les lieux avec eux avant même l'achat. Il n'était pas le seul architecte en lice mais sa lecture du lieu emporte l'adhésion. La carte blanche est posée sur la table. Une occasion rare. "
Je n'avais jamais eu la chance de rencontrer des clients prêts intellectuellement à ce minimalisme poussé à l'extrême, ce laconisme architectural à l'état pur qui me parle particulièrement", partage-t-il.
Le résultat : un projet immaculé aux lignes parfaites, rehaussé de touches de chêne massif et de métal noir, où circule la lumière naturelle de haut en bas. Pas de couleur, pas d'ornement, pas d'accumulation. Un contre-courant assumé, en quête de lignes simples et éternelles.
Fiche technique
Qui vit ici ? Un couple avec un enfant
Emplacement : Paris, 11e arrondissement
Superficie : 210 m² (RDC ~90 m², rez-de-jardin ~120 m²)
Conception : octobre 2022 - juin 2023
Chantier : octobre 2023 - novembre 2024
Budget : 650.000 € HT (travaux seuls, soit + de 3 000 €/m²)
Maxime Scheer, Architecte pour Cent 15 Architecture
Deux niveaux qui dialoguent enfin

Plan du RDC du niveau inférieur en rez-de-jardin avant © Cent 15 Architecture
Avant. Depuis la rue, on pénètre au rez-de-chaussée, par la salle à manger. "
Nous sommes dans le fond d'une cour d'un immeuble de 1800 qui a dû être rattaché à un rez-de-chaussée en U et couvert d'une verrière façon patio pour abriter l'imprimerie", explique l'architecte. Cette ancienne cour éclairée par une belle verrière à structure métallique est toutefois largement obstruée par un escalier en L à quart tournant. Autour de lui, des gros poteaux, stigmates des anciennes façades de l'immeuble, délimitent une organisation sans véritable cohérence : sanitaires, salle à manger, cuisine sous une verrière annexe, chambre et salle de bains.
Le niveau inférieur, en rez-de-jardin, s'ouvre d'un côté sur une cour de copropriété voisine par des pavés de verre translucides. Autour de l'escalier, la distribution latérale, jumelle de celle du dessus, offre bureau, débarras, deux chambres et salle de bains. La double hauteur de ce duplex, spectaculaire en théorie, est condamnée par cet imposant escalier central, aggravé par un filet de sécurité tendu sur la trémie. "
D'une part c'était très brut, très industriel, d'autre part on n'éprouvait pas du tout la générosité du volume. Les deux étages ne dialoguaient pas, la lumière ne circulait pas, on se sentait enfermé", se remémore Maxime Scheer.

Plan du RDC et du niveau inférieur en rez-de-jardin après © Cent 15 Architecture
Après. L'agence Cent 15 architecture s'est livrée à une redistribution radicale sur les deux niveaux. La clé du projet ? L'escalier, repositionné en volée droite sur le côté gauche de la trémie très légèrement agrandie, libère le cœur du duplex et révèle la double hauteur dans toute sa générosité. La grande verrière, entièrement refaite en double vitrage thermique et phonique sur la structure existante, coiffe l'atrium : la lumière descend jusqu'en bas et file dans chacune des pièces que l'architecte a veillé à ouvrir au maximum, dans un esprit loft assumé.
Au rez-de-chaussée : séjour, cuisine, salle à manger, suite parentale se déploient plus librement grâce à l'allègement des cloisons et à la suppression d'un poteau structurel gênant par des reprises en IPN. Au rez-de-jardin, la transformation est totale : bureau et débarras disparaissent au profit de l'atrium dégagé. Deux chambres, salle de bain, buanderie et local technique sont redistribués autour du vide central.
Découvrez dans les pages suivantes, en images, la transformation de ce duplex.