L'escalier après les travaux © Juan Jerez
Après. La transformation de l'escalier est le geste le plus structurant du projet. L'escalier en L a été déposé au profit d'une volée droite, repositionnée sur le côté gauche de la trémie très légèrement agrandie : "j
uste ce qu'il faut pour récupérer un peu de longueur sur la course et réduire la raideur", explique Maxime Scheer. Plein, maçonné, traité en béton ciré Mortex dans la continuité du sol du rez-de-chaussée, il ne cherche aucune ostentation : juste une diagonale claire qui monte vers la lumière.
Pour le sol du niveau bas, le parquet massif Dinesen s'est imposé : "
On a refait une chape contre l'humidité. Le plancher massif apporte de la chaleur à ce niveau de chambres et crée une distinction naturelle avec le sol minéral du dessus."
Sous l'escalier, une petite fenêtre carrée éclaire un espace inattendu : un lit en longueur, accessible depuis le couloir par une ouverture frontale. "
C'est un espace cabane que chacun peut s'approprier à sa façon, un petit coin hors du temps entre la grotte de Robinson et la chambre d'Harry Potter. Vous venez vous recroqueviller là pour bouquiner tranquillement ou vous calmer", s'amuse l'architecte.
A l'arrière, une meurtrière éclaire la buanderie avec une simplicité de positionnement qui est en réalité le fruit d'un travail minutieux. "
Ce puits de lumière est emblématique du projet et de ce que les plans ne racontent pas : le degré de précision que ce geste en apparence simple a exigé. Ce loft semble à la fin simple et évident. Mais ces lignes que l'on a voulu parfaites ont été un véritable casse-tête. Le moindre poteau règne avec la trémie, qui règne avec l'escalier, qui règne avec le couloir, qui règne avec la porte. C'est un gros travail en amont, et évidemment tout au long du chantier." C'est là, dans cet invisible, que se loge le vrai savoir-faire de l'architecte.
A l'heure de conclure, Maxime Scheer concède que ce projet peut paraître radical et nu, hors des tendances du moment, à l'heure où les magazines débordent de papiers peints, de couleurs et de lignes rondes. Il assume le contre-courant, revendiquant un alignement parfait entre une vision et une commande. Sa fierté ? Une tenace persévérance pour créer une harmonie de lignes pures et, partout, un confort qui ne se voit pas. Un logement qui ne prendra pas une ride, dans un esprit less is more que n'aurait sans doute pas renié l'architecte Ludwig Mies van der Rohe.