Maison-écologique-domotique
A Paris, une maison à la croisée des styles | | Arnaud Runiccini © |
Sans être passive, high-tech ou même "à la mode", la maison de Laurent Chapuis, située au cœur de la capitale, n’en est pas moins résolument contemporaine. Mais, plutôt que d’afficher clairement une tendance, elle réunit plusieurs influences pour se poser à la croisée des styles...
Entre l’intégration à l’univers urbain et une demeure résolument originale, une façade largement ouverte au nord et l’écologie, des technologies ultraperformantes et la volonté de ne pas vouloir les exhiber... L’architecte de cette maison en forme de cube, Pablo Katz, a refusé de trancher. Plutôt que de mettre en exergue l’un de ces éléments en particulier, il a, au contraire, envisagé le projet dans sa globalité pour proposer un habitat le plus harmonieux possible.
Un écologisme mesuré
D’écologisme, il en est bien sûr question dans cette habitation moderne : "La maison est très performante du point de vue environnemental, explique Pablo Katz. Elle possède une isolation renforcée, des panneaux solaires, des planchers chauffants basse température, une VMC double flux ou encore une toiture végétalisée". Une démarche qui se retrouve aussi dans le choix de matériaux tels que le bois, le verre et l’acier qui sont tous recyclables, ajoute le propriétaire Laurent Chapuis.
Mais il ne s’agit pas d’une maison "verte" ou, en tout cas, "ce n’est pas un but en soi", s’accordent les deux hommes. "L’écologie est, ici, raisonnée et critique, assure Pablo Katz. Nous avons, par exemple, ouvert une large façade au nord, ce qu’une maison passive interdirait. En fait, nous avons préféré profiter de la lumière et de l’espace créé, sachant qu’au final, les performances énergétiques du logement restent remarquables". Même chose concernant l’eau chaude sanitaire : "Compte tenu des faibles surfaces de récupération et de la pollution de l’air en ville, nous avons décidé de ne pas récupérer les eaux pluviales, révèle-t-il. En revanche, les eaux usées sont réutilisées pour l’arrosage des plantations, la machine à laver le linge et les WC".
Une technologie discrète
La domotique est omniprésente dans cet habitat. Elle a d’abord une fonction esthétique : "Le système d’éclairage, commandé à partir des écrans tactiles, vise à créer de véritables décors, indique Laurent Chapuis. Nous pouvons ainsi choisir, en fonction de nos envies, le mode ‘dîner intime’, ‘ambiance bar’ ou encore ‘home cinéma’"... Toute cette technologie a aussi une fonction éthique. Elle permet une gestion automatisée de la pompe à eau des murs végétaux et des stores intérieurs "qui se ferment dès que la chaleur du soleil se fait trop intense", signale le propriétaire.
Mais pour l’architecte, ce logement n’est pas pour autant "high-tech". Un travail a été fait, dès la conception de l’habitat, pour que tous ces appareils se fondent dans le reste du décor : "Les câblages ont été intégrés dans les cloisons et le local technique a été caché au sous-sol", souligne Laurent Chapuis. Seul l’écran tactile, présent à chaque étage, trahit les fonctionnalités de cette maison dont l’écrin sobre et intemporel apparaît au final, de la bouche même de Pablo Katz, "comme une évidence"...
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