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Immersion dans le Titanic

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Dans la nuit du 14 au 15 avril 1912, le célèbre Titanic sombrait dans l'Atlantique, au large de Terre-Neuve. A l'occasion du 100eanniversaire du naufrage, le paquebot, réputé insubmersible refait surface. La Cité de la mer de Cherbourg, où le Titanic fît escale le 10 avril 1912, sa seule étape en Europe continentale, lui rend hommage à travers une exposition permanente. Style Renaissance, Louis XVI ou encore Empire, découvrez en images la décoration des pièces mythiques du Titanic.
Le décor du Titanic, contrairement à ce pensent la plupart des gens, n'est pas d'une esthétique particulièrement moderne pour l'époque. Ni Art Nouveau, encore moins Art Déco, ce paquebot a été conçu selon un principe qui se manifeste en Occident entre 1860 et la fin des années 1920 et qui consistait à mêler des motifs et des formes empruntés à différents styles ou époques de l'histoire de l'art et de l'architecture. Le Titanic est un exemple type de cette tendance qui s'affiche à travers les différentes classes du paquebot.
Décor "bling-bling"
À bord, une douzaine d'espaces, réservés aux premières classes, sont dédiés aux loisirs et à la vie en société. Chaque lieu dispose d'une ambiance particulière, d'une décoration différente afin d'éviter le sentiment d'ennui et d'enfermement durant la longue traversée transatlantique.
Ainsi, chez les premières classes, dans l'opulence et le luxe, l'on référence au moins treize styles différents : Renaissance italienne ou anglaise, styles William and Mary, Queen Ann, Georgien, Adam, Chippendale, Sheraton, grands styles français tels que Louis XIV, Louis XV, Louis XVI ou Empire ou encore styles hollandais.
"Le décor du Titanic, c'est beaucoup de bling-bling", nous confie Clémence Farrell, la scénographe de l'exposition. "Beaucoup de gens s'imaginent la décoration raffinée de l'Art Déco, or, c'est tout le contraire", ajoute-t-elle. Symboliquement, c'est toute la puissance de la monarchie et la richesse de l'histoire du Vieux Continent qui accompagne les passagers dans leur voyage vers le Nouveau Monde : l'Amérique.
Découvrez en images les lieux mythiques du Titanic.
Sur les traces du Titanic
Pour les cent ans de la commémoration du naufrage et de l'escale à Cherbourg, la Cité de la mer consacre une nouvelle exposition permanente à l'événement : "Titanic, retour à Cherbourg".
2.000 m2 sont ainsi dédiés au paquebot de la compagnie White Star Line et répartis en trois espaces : "La galerie des croisiéristes", avec vue panoramique sur la rade, le port et la mer ; "La Salle des Bagages", hommage aux 50 millions d'émigrants ainsi qu'aux 281 passagers embarqués sur le Titanic à Cherbourg le 10 avril 1912 et enfin "L'espace Titanic", où les visiteurs revivent les quatre jours de la traversée, qui l'ont conduit jusqu'au naufrage, au large de Terre- Neuve.
Effets de son, d'image et de lumière
La scénographe Clémence Farrell, spécialiste du design d'espaces et du multimédia, a souhaité apporter une dimension interactive à l'exposition. Ainsi, la salle des bagages de l'ancienne gare maritime de Cherbourg, de style Art Déco, est dédiée aux migrants, l'on y voit des trousseaux, papiers divers et autres objets de culte défiler en diaporamas sur un "mur dynamique".
Puis, les visiteurs accèdent à la suite de l'exposition par une passerelle longeant un morceau de la coque du navire reconstituée pour l'exposition et où des effets de lumière simulent l'océan.
Ici, un film, projeté sur un écran géant rythme la visite selon trois séquences : traversée, collision, naufrage. Là, des reconstitutions de cabines et des coursives de troisième classe se multiplient grâce à un effet d'optique. Des images en relief de différentes pièces du navire et des aquarelles réalisées à l'époque par le bureau d'étude du Titanic ponctuent également le reste de la visite, avec, pour finir des portraits en hommage aux 1.490 disparus.
"L'exposition, avec ses différents niveaux de lecture, permet aux visiteurs d'analyser et de comprendre ce qu'était vraiment le Titanic", Conclut la scénographe.
La Cité de la mer
Allée du Président Menut
50100 Cherbourg-Octeville
www.citedelamer.com
Immersion dans le Titanic

Le café parisien

Le café parisien - Titanic
Le café parisien - Titanic © Beveridge / La cité de la mer
Installé sur le pont B, le café parisien, avec ses treilles et ses chaises cannées, a été conçu sur le modèle d'un bistrot parisien.
Le café parisien

La salle à manger première classe

La salle à manger première classe - Titanic
La salle à manger première classe - Titanic © Beveridge / La Cité de la mer
Le repas est un moment fort de la journée et la salle à manger première classe, avec ses 554 places, constitue une attraction majeure.
De style jacobéen, elle est couverte de boiseries blanches reflétant la lumière. Les services de table font l'objet d'un soin minutieux, ils sont en effet fabriqués par les meilleures compagnies : Elkington and Co pour l'argenterie, Stuart Crystal of Stourbridge pour la verrerie... Tous ont été choisis sur catalogue et, parfois, fabriqués sur commande.
Les services varient en fonction des lieux et des commandes, les assiettes les plus luxueuses, réservées aux premières classes, sont en porcelaine de Chine dorée à l'or 22 carats.
Le service usuel de seconde classe est, lui, moins impressionnant, mais demeure d'un grand raffinement avec sa porcelaine de style Louis XVI et sa faïence.
La salle à manger première classe

Les bains turcs

Les bains turcs - Titanic
Les bains turcs - Titanic © Beveridge / La Cité de la mer
"La compagnie maritime White Star Line s'appliquait à reproduire à bord le même confort que dans les grands hôtels de l'époque. Tout le Titanic, en tous cas les première et deuxième classes, dispose d'espaces très luxueux", nous dépeint Virginie Beaufrère, commissaire de l'exposition permanente à la Cité de la mer.
"A l'époque, quand on était riche, on passait ses vacances d'hiver en Orient, en Turquie ou sur les berges du Nil par exemple", ajoute-t-elle.
Ainsi, la salle froide du bain turc, entièrement décorée en style mauresque, transporte les passagers dans l'atmosphère exotique et mystérieuse de l'Orient.
Les bains turcs

Le café-véranda

Le café-véranda - Titanic
Le café-véranda - Titanic © Beveridge / La Cité de la mer
Le café véranda ou jardin exotique d'hiver, permet, par des porte-fenêtres, d'accéder à la plage arrière et de contempler la mer.
Il est agrémenté de tables et fauteuils en rotin blanc, dans un décor exotique de palmiers et plantes grimpantes.
Le café-véranda

Les cabines première classe

Les cabines première classe - Titanic
Les cabines première classe - Titanic © Beveridge / La Cité de la mer
Les passagers de première classe occupent les espaces où les mouvements du navire se font le moins sentir, c'est-à-dire la partie centrale.
Dans les années 1 900, la tendance est à l'uniformisation et à la standardisation mais, sur le Titanic, au contraire, le décor est considéré comme mode d'expression de l'individu que l'on glorifie.
Ainsi, les cabines première classe proposent pas moins de 19 variations différentes autour des styles hollandais, Queen Ann, Louis XVI ou encore Premier Empire, permettant ainsi de "se distinguer de son voisin".
Parallèlement, tous les éléments du confort moderne doivent trouver leur place dans cette surface restreinte. Les décorateurs de la White Star Line rivalisent d'ingéniosité, usant d'éléments rabattables ou de rangements dissimulés
Les passagers les plus aisés peuvent également opter pour des suites de luxe de styles divers (Louis XIV, Moderne ou Hollandais). Certaines comportent un salon, une salle à manger, une salle de bains et même des toilettes. Ici, une cabine première classe de style Queen Ann.
Les cabines première classe

Cabine première classe reconstituée

Cabine première classe reconstituée  - Titanic
Cabine première classe reconstituée - Titanic © La Cité de la mer
Pour son exposition permanente, la Cité de la mer s'est entourée de pas moins de quinze entreprises spécialisées dans la scénographie et le décor. La société Carbon, spécialisée dans les décors de cinéma, s'est ainsi chargée de la reconstitution d'une cabine troisième classe.
"Tout le mobilier a été chiné ou reconstitué, pour certains éléments. Pour ce faire, la société s'est appuyée sur des documents historiques. La plupart des moquettes à bord du Titanic avaient été réalisées par la société Axminster and Wilton en Grande Bretagne, qui existe toujours", commente Virginie Beaufrère. Pour la reconstitution, Carbon a fait appel à une société française Tesri capable de les refaire à l'identique.
La modernité du Titanic ne réside pas dans son décor mais dans ses équipements. Les cabines de première classe sont climatisées. Toutes, y compris celles de la troisième classe, disposent d'une literie de qualité, amortissant les vibrations des machines.
Cabine première classe reconstituée

Cabinet de toilette reconstitué

Cabinet de toilette reconstitué  - Titanic
Cabinet de toilette reconstitué - Titanic © La Cité de la mer
Ici, la société Carbon a reconstitué un cabinet de toilette deuxième classe.
L'homme moderne étant soucieux de son hygiène, la compagnie White Star Line équipe les cabines de baignoires, douches, doubles éviers et, grande nouveauté, de toilettes munies d'une chasse.
Cabinet de toilette reconstitué

Salon première classe

Salon première classe - Titanic
Salon première classe - Titanic © La Cité de la mer
La distinction entre première, deuxième et troisième classe, s'effectue par le style de décor mais également par les matériaux utilisés.
Ainsi, les lieux dédiés aux premières classes sont décorés de boiseries à l'essence rare et exotique (acajou, sycomore, bois de citronnier) tandis que les passagers les moins favorisés voient leurs espaces communs décorés en pin.
Ici, le mobilier et les boiseries du salon première classe, sont ornées de motifs travaillés jusque dans les moindres détails.
L'architecte britannique Arthur Henry Durand, qui faisait partie de l'équipe en charge de l'aménagement intérieur du Titanic, passe aisément du sévère répertoire antiquisant aux luxuriantes guirlandes fleuries, en vogue aux XVIIe et XVIIIe siècles.
Salon première classe

Un espace troisième classe

Un espace troisième classe - Titanic
Un espace troisième classe - Titanic © Beveridge / La Cité de la mer
"Les troisièmes classes ne sont pas exclues du faste du Titanic. Alors qu'auparavant, ils disposaient d'espaces exigus sur les paquebots, le navire leur offre, cette fois-ci, un peu plus de confort, non sans arrière-pensées car c'est bien la troisième classe - des centaines de migrants allant tenter leur chance en Amérique - qui constitue la manne économique la plus importante pour la White Star Line", nous confie la commissaire d'exposition.
Un espace troisième classe

Le gymnase

Le gymnase - Titanic
Le gymnase - Titanic © UIG / Leemage
Les plus aisés et les sportifs ont le droit d'accéder à une piscine d'eau de mer et à un gymnase où ils peuvent se livrer aux joies de la bicyclette, de l'aviron et bien d'autres pratiques encore.
La salle, longue d'une dizaine de mètres, est éclairée par des fenêtres cintrées aux carreaux de verre cathédrale donnant sur le pont. Les murs intérieurs sont recouverts de bois de pin laqué blanc avec un lambrissage en chêne.
Le gymnase

Cabine troisième classe reconstituée

Cabine troisième classe reconstituée  - Titanic
Cabine troisième classe reconstituée - Titanic © La Cité de la mer
Cette catégorie sociale bénéficie sur le Titanic, et pour la première fois, de cabines comptant de quatre à six lits maximum et disposant d'un lavabo, grand luxe en comparaison des immenses dortoirs des autres paquebots de l'époque.
Cabine troisième classe reconstituée

Le grand escalier

Le grand escalier - Titanic
Le grand escalier - Titanic © Beveridge / La Cité de la mer
C'est certainement l'élément phare du Titanic, celui gravé dans la mémoire collective à travers les récits et les films tels que le long métrage réalisé par James Cameron en 1997. Large de 5 m et d'une hauteur de dix-huit mètres, le grand escalier avant, avec sa double volée, constitue l'accès principal à tous les ponts desservant les installations de première classe.
Il est inspiré de l'époque Guillaume III et Marie II d'Angleterre (seconde moitié du XVIIe siècle). Les parois sont lambrissées de chêne poli, les balustrades - avec leurs volutes de fer forgé allégé de bronze et de dorures ainsi que leur décor de fleurs et de feuillages - sont de style Louis XIV.
Le dernier étage soutient une immense coupole en verre, véritable prouesse technique à l'époque, permettant de faire entrer la lumière. A chaque étage sont aménagés des paliers, octroyant aux passagers des pauses, l'occasion de voir et d'être vus.
Source : catalogue de styles de l'exposition
Le grand escalier
 
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