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La ville durable, une utopie ?

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Projet Phosphore
Projet Phosphore © Projet Phosphore / Eiffage

Le terme de ville durable est à la mode. Pas un jour ne se passe sans que les secteurs de l'architecture et de l'urbanisme n'y fassent allusion. Et l'émergence des éco-quartiers en sont la preuve. Dans cette volonté de verdir et de trouver des solutions pour vivre mieux, les grands groupes et industriels de la construction veulent également apporter leur contribution. Explications.

La croissance des villes s'amplifient, avec elle, les populations urbaines augmentent. Et les chiffres parlent d'eux-mêmes. Selon les Nations Unies, la planète accueillera 9 milliards d'habitants d'ici à 2050 contre 7 milliards aujourd'hui. Si aujourd'hui 50% sont urbains, en 2030, le pourcentage grimpera à 60%, voire plus sur certains continents, notamment en Amérique Latine.

Dans ce contexte, les architectes comptent jouer un rôle important afin de rendre cette ville désirable, et de la faire évoluer avec et pour les citoyens. Dans ce cadre, l'Association des architectes français à l'export(Afex) s'est d'ailleurs mobilisée en publiant un guide présentant les principes de la ville durable à la française. "Il ne s'agit pas d'une méthode mais de principes à partir desquels réfléchir", précise François Roux, Président de l'association. Ici, fourmillent de nombreuses idées afin de moduler la cité urbaine. "Nous proposons une approche sociétale. La densité n'est pas un problème mais il faut pour cela s'occuper de la mixité sociale, de la mixité des fonctions. Bref, faire une ville réversible", explique l'architecte.

Qu'entend-il par réversible ? "C'est tout simplement une ville qui peut évoluer, qui vit, qui peut changer de visage en fonction des hommes qui vivent à l'intérieur. Rien ne doit être irrémédiable".

L'avenir urbain, une préoccupation des industriels

Pour accompagner cette notion de ville durable et de bien-être, l'enjeu de réduction de gaz à effet de serre est évidemment primordial. Pour relever ce défi, plusieurs volets sont balayés : la mobilité, les transports, l'énergie, les modes de vie et, bien sûr, les bâtiments.

Si les architectes et urbanistes travaillent depuis longtemps sur ces thématiques, les majors du BTP ont également tracé un sillon depuis quelques années. Par exemple, Eiffage a créé, en 2007, son laboratoire de recherche et de prospective urbain baptisé "Phosphore" autour duquel se sont fédérées des branches du groupe mais aussi d'autres entreprises et architectes. Ensemble, ils ont mené des études grandeur nature via des villes comme Strasbourg, Marseille ou Grenoble.

"Notre groupe s'est diversifié et on s'est rendu compte qu'on était qualifié pour réfléchir aux problématiques de la ville de demain", expliquait Pierre Berger, le PDG d'Eiffage, lors d'un bilan du projet au début du mois d'avril. Et de se féliciter : "Phosphore est une boîte à idées et nous avons déjà déposé 7 brevets". D'ailleurs, Yannick Ollivier, vice-président de Grenoble Alpes métropole, ne relègue pas les idées proposées pour son territoire au second plan : "L'utopie d'aujourd'hui, c'est peut-être la réalité de demain. C'est en tout cas des voies à suivre", s'enthousiasme-t-il.

Transports par câble, mutualisation de l'énergie

Parmi les trouvailles de Phosphore, on peut citer la création de hubs de transport destinés à dispatcher ensuite les citadins vers des mobilités douces : voitures électriques, vélo, transport en commun. Et même vers des téléphériques qui pourraient ainsi laisser davantage de place aux espaces verts. La solidarité énergétique est également mise en avant grâce à la mixité des bâtiments : "Il faut partager l'énergie selon les besoins et les heures. Si les immeubles sont Bepos, le partage et la mutualisation des solutions thermiques de bureaux doivent être envisagés avec les logements", souligne Pierre Gauhtier, architecte urbaniste du projet Phosphore.

Sans oublier des modes de vie qui devraient évoluer et s'orienter vers des relations intergénérationnelles optimisées, la mise en commun de pièces de vie et d'équipements, un meilleur partage des espaces publics et de son utilisation avec, par exemple, des rues qui s'éclairent la nuit en fonction des passages grâce à des capteurs.

D'ailleurs, ce n'est pas un hasard si les smart grid sont en pleine expansion. Et là, les projets sont concrets. Issy-les-Moulineaux a ainsi lancé l'année dernière son réseau baptisé Issy Grid afin d'optimiser la consommation d'énergie d'un quartier via des logements, bureaux, équipements publics. Sur ce projet, de nombreux industriels collaborent : Alstom, Bouygues Immobilier, Bouygues Telecom, EDF Commerce, ERDF, ETDE, Microsoft, Schneider Electric, Steria, Total.

Reste à savoir comment et où sera placé le citadin dans ce flot d'idées souvent technologiques. Participera-t-il à ces évolutions ? Car comme le souligne l'architecte François Roux, président de l'Afex, il faut "donner envie de penser la ville autrement. Les habitants existent et doivent être consultés car on fait tout simplement la ville pour l'Humain".

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