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Le toit-terrasse en dix questions

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Le toit-terrasse en dix questions
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Toit-terrasse
Toit-terrasse © Soprema

A l'origine destiné à protéger la maison des intempéries, le toit s'impose désormais comme un espace de vie, en devenant terrasse. Installation, entretien, végétalisation... Maison à part fait le tour du sujet avec le vice-président de la Chambre Syndicale Française de l'Etanchéité (CSFE), Jean-Claude Zemmour.

Maison à part : Un toit-terrasse, qu'est-ce que c'est ?

Jean-Claude Zemmour : Un toit plat ou d'allure plane, par opposition aux traditionnelles toitures en pente. Outre la possibilité d'y aménager un espace à vivre, le toit-terrasse se caractérise par son traitement singulier de l'eau. Alors qu'une toiture classique évacue rapidement la pluie grâce à son inclinaison, le toit-terrasse va utiliser un ou plusieurs points d'évacuation, rendant cette action moins rapide. Concrètement, l'eau s'y écoule à l'aide d'un tube, souvent en acier, d'un diamètre minimum de 10 cm pour une terrasse de 50 à 100 m².

MAP : Apporte-t-il de meilleures performances thermiques à l'habitat ?

J.-C. Z. : Indéniablement. Dans les années 60, la dalle en béton du toit-terrasse était recouverte par un isolant d'à peine 2,5 cm d'épaisseur. Mais, aujourd'hui, ce même isolant à base de polyuréthane, de polystyrène ou de laine de roche atteint en moyenne 12 cm d'épaisseur. Surtout, il est continu puisque, contrairement à une toiture classique, il n'est pas conditionné par une charpente. Un revêtement d'étanchéité vient ensuite se superposer à l'isolant, avant les gravillons, le substrat végétal, ou toutes sortes d'autres revêtements en béton ou en bois.

MAP : Quelles sont les contraintes d'installation d'un toit-terrasse ?

J.-C. Z. : Il y en a peu. Du côté de l'urbanisme, certaines régions comme la Bretagne ou le Midi tendent à privilégier des toitures traditionnelles, respectivement en ardoises ou avec des tuiles romaines. Concernant les limites de poids, il n'y a pas non plus à s'inquiéter. Ce type de toiture peut supporter entre 100 et 200 kg par mètre carré, sachant que l'isolation et le revêtement d'étanchéité ne pèsent presque rien, tout comme les gravillons qui atteignent en totalité entre 50 et 70 kg maximum.

MAP : Quels conseils donner à un particulier qui souhaite réaliser seul sa maison avec un toit-terrasse ?

J.-C. Z. : D'apprendre à déléguer. Ce type de structure ne s'improvise pas et demande le savoir-faire professionnel d'un maître d'œuvre. D'autant que chaque chantier de toit-terrasse est unique et possède des caractéristiques qui lui sont propres. A Saint-Mandrier (Var), par exemple, une toiture de ce type a dû être réalisée en partie sur le vide, pour gagner de la surface. Un travail auquel savait seul répondre un architecte.

MAP : Est-il possible de transformer un toit classique en toit-terrasse ?

J.-C. Z. : Oui, mais c'est assez rare car compliqué. Il faut gommer la pente pour créer une surface horizontale, vérifier les planchers, les fondations... L'inverse est plus facile à réaliser. La charpente, une structure assez légère, trouve aisément sa place sur un toit-terrasse. Mais ce type de chantier reste également exceptionnel.

MAP : Le toit-terrasse est-il forcément accessible ?

J.-C. Z. : Justement, non. Il existe des toit-terrasses dit "inaccessibles". Ils concernent en grande majorité les immeubles collectifs. Ils reçoivent bien souvent différents aménagements techniques comme la sortie de chauffage, les systèmes de ventilation ou encore la machinerie d'ascenseur et ne sont en fait accessibles qu'aux personnes qui assurent leur entretien. Pour autant, ils sont de plus en plus utilisés, notamment pour accueillir de la végétalisation.

MAP : Quels sont les atouts d'un toit-terrasse végétalisé ?

J.-C. Z. : Ils sont multiples. Les plantes absorbent du CO2, renouvellent l'air, enlèvent des pollutions ou contribuent à amortir le flux de l'eau, lors de grosses pluies. Retenue par la végétation, une averse de dix minutes met une demi-heure à s'écouler. Un atout non négligeable pour la collectivité à l'heure où la gestion des eaux pluviales devient problématique.

MAP : Le toit-terrasse exige-t-il un entretien particulier ?

J.-C. Z. : Dans l'idéal, il est possible de solliciter une visite d'entretien annuel auprès d'un professionnel. D'une manière générale, il faut nettoyer les mousses et soulever les regards ou les pare-graviers pour vérifier les entrées d'eau. Mais, les colmatages sont rares.

MAP : Est-il possible d'y poser des panneaux photovoltaïques ?

J.-C. Z. : Bien sûr. Il existe deux conceptions différentes : les panneaux peuvent être intégrés dans le revêtement d'étanchéité. Les capteurs sont alors collés dessus. L'autre solution vise à ajouter des panneaux à poser sur le toit-terrasse. Dans ce cas, il faudra faire valider la compatibilité de cette nouvelle installation avec le revêtement d'étanchéité. Ce deuxième choix est moins intéressant pour le particulier, en termes de prix du kWh, avec les nouvelles règles de revente à EDF.

MAP : Comment évoluent les toit-terrasses ?

J.-C. Z. : Ces derniers mètres carrés investis par les particuliers se transforment en nouveaux lieux de vie. Dallages de protection décoratifs, tables, chaises trouvent désormais leur place sur ces toit-terrasses, tout comme la végétation qui investit également les toits dits inaccessibles des logements collectifs. Autrefois purement utilitaire, cet espace est désormais devenu un lieu de vie à part entière.

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